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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 04:51

 

 

 

 

Bozizé ailleurs

 

 

Si les Centrafricains et certains observateurs de la vie politique centrafricaine s’étaient beaucoup interrogés sur les raisons pour lesquelles après avoir fait tomber Sylvain Ndoutingaï son tout-puissant ministre d’Etat aux finances surnommé « demi-dieu » par les banguissois, Bozizé vient encore de limoger il y a quelques jours à peine, non seulement le second « demi-dieu » de son gouvernement et son conseiller juridique occulte, en l’occurrence Firmin Findiro, mais aussi le DG de la police et surtout son incontournable et tout aussi puissant et très proche chef de cabinet particulier, le général de police Joël Sinféi Moidamsé, l’homme de l’ombre et centralisateur des fiches de renseignement de son pouvoir brutalement mis à la retraite.

 Ces limogeages ont beaucoup surpris le tout Bangui surtout que comme d’habitude, le pouvoir en place ne fournit jamais les raisons qui justifient ou expliquent que tel ou tel personnage politique ait été remercié ou brusquement admis à faire valoir ses droits à la retraite. Cependant on commence à voir un peu plus clair dans le pourquoi de ces purges intervenues dans la bozizie.

S’agissant du ministre de la justice et de la moralisation, Garde des Sceaux, Firmin Findiro, dès lors que son compère Sylvain Ndoutingaï a commencé à avoir de graves ennuis avec Bozizé qui ne s’est pas caché de confier à son entourage et ses proches que Ndoutingaï  a fait preuve à son égard de « haute trahison criminelle» alors qu’il lui avait jusqu’ici une grande confiance, il fallait s’attendre aussi à ce que Findiro ne connaisse pas un autre sort. Après avoir été refoulé une première fois de l’aéroport Bangui-M’poko lui le « demi-dieu » de Bangui, alors qu’il avait tenté de se rendre en France pour soi-disant des raisons médicales, Findiro, selon nos informations, a dû passer par le biais du médecin personnel de Bozizé, Dr Féikoumon pour que celui-ci puisse convaincre par des raisons médicales à l’appui Bozizé de l’autoriser à aller en France pour ses soins médicaux.

Bozizé s’est laissé effectivement convaincre mais par l’argumentaire de son médecin mais quelques jours après, il devait apprendre qu’une fois à Paris, Findiro a déposé une demande d’asile politique auprès de l’ambassade du Botswana. Bozizé qui s’interroge sur la naïveté de son médecin personnel lui fait part de ses doutes au sujet de Findiro qui s’en trouve confus et très embêté. C’est donc malgré lui et parce qu’il a été fortement conseillé de rentrer que Findiro a fini par renoncer à sa demande d’asile pour regagner le bercail. On connaît maintenant la suite mais à juste raison, Bozizé peut être fondé légitimement à se poser des questions sur son médecin personnel. N’est-il pas lui aussi un complice de la bande de Ndoutingaï et Findiro ?

En choisissant de ne s’entourer que des hommes de son clan familial de Bézambé et des Gagas, les « hautes trahisons criminelles » dont Bozizé dit être victime à présent ne pouvaient provenir que de ces propres soi-disant parents dudit clan, situation très pénible pour lui à encaisser mais il l’aura voulu ainsi. Ce n’est pas par le plus grand des hasards que Findiro ait choisi le Botswana comme pays d’asile. Sans nul doute, lui et Ndoutingaï doivent posséder des comptes bancaires bien garnis dans ce pays diamantifère de l’Afrique australe. Etre proche de ces comptes bancaires est une bonne idée étant entendu que leur situation, Ndoutingaï et lui, commence à tourner en eau de boudin à Bangui.

Pour ce qui concerne le limogeage du DG de la police et la brutale mise à la retraite du général Joël Sinféi Moidamsé, la responsabilité de ces deux personnages a due vraisemblablement être retenue dans les départs successifs en France du frère aîné de Ndoutingaï, le commandant Martin Ouanti qui a refusé sa mutation disciplinaire à Birao et de Findiro qui ont déplu à Bozizé et ses rejetons, en l’occurrence Francis, AImé Vincent alias Papy et autre Socrate.

Etant donné que le commissaire de police de l’aéroport international de Bangui-M’poko est le frère cadet du général Sinféi, ceci pourrait expliquer cela. Comme tenu des rapports très étroits entre le général Sinféi et le médecin personnel de Bozizé, de là à voir une relation entre la ruse de Findiro pour réussir à quitter le pays pour Paris avec la complicité du Dr Feikoumon, du général Sinféi via son frère cadet de l’aéroport ainsi que celle du DG de la police alors qu’il était blacklisté, un pas a dû sans doute être vite franchi par Bozizé qui s’est retrouvé devant un véritable sac de nœuds à défaire.

On le voit, il paraît désormais seul face à un clan familial sur lequel il s’est longtemps reposé pour sa gouvernance mais qui lui fait maintenant manifestement défaut suite à ces « trahisons » inattendues ainsi que ces purges successives. Outre le gouvernement qui se réduit chaque jour en une peau de chagrin comme l’a écrit Me Zarambaud Assingambi, son entourage clanique aussi se vide progressivement. Son seul refuge est maintenant constitué de ses gourous béninois de sa secte de l’église du christianisme céleste qui le sucent pourtant financièrement comme de véritables sangsues. Ils se succèdent assez régulièrement à Bangui avec leur curieuse habitude de marcher pieds nus et repartent souvent au Bénin avec des valises remplies d’espèces sonnantes et trébuchantes.

C’est aussi cela la gouvernance Bozizé. Selon nos informations, un prétendu homme d’affaires béninois l’aurait escroqué entre temps d’une somme de plus d’un milliard cinq cent millions de F CFA pour monter une entreprise de BTP mais l’individu aurait disparu de la circulation. Saisi par Bozizé pour tenter de récupérer son magot, l’actuel président béninois a même dû faire spécialement le déplacement de Bangui pour conseiller à Bozizé de saisir la justice. En attendant qu’il le fasse, le pactole est toujours dans la nature….

La Rédaction

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