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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 03:58

 

 

Bozizé


Depuis un petit moment, plusieurs informations de sources concordantes font état de l’imminence d’un remaniement gouvernemental en Centrafrique. En effet les raisons pouvant motiver et justifier un tel chamboulement ne manquent pas. Le gouvernement formé plus d’un mois en avril 2011, juste après l’investiture de Bozizé pour un nouveau mandat de cinq ans à la suite du hold-up électoral découlant du scrutin du 23 janvier 2011, est largement à bout de souffle et plusieurs de ses membres doivent  plier bagage.


C’est un secret de polichinelle que Bozizé avait reconduit le premier ministre Faustin Touadéra par défaut et cette décision s’est avérée totalement catastrophique à tout point de vue pour le pays car elle a définitivement achevé de discréditer le régime de Bozizé, de diviser la classe politique et de plonger la RCA dans une impasse voire un blocage et de crispation que les autorités au pouvoir ne veulent pas reconnaître mais dont elle sont néanmoins conscientes qu’elle a fait tourner le dos au régime les partenaires au développement.


Au lieu de prendre le taureau par les cornes et regarder les réalités en face, le régime Bozizé a préféré la politique de l’autruche c’est-à-dire de mettre la tête dans le sable. La tenue à la mi-juin 2011 de la table-ronde de Bruxelles malgré les mises en garde, les réserves expresses et les nombreuses conditionnalités de l’Union Européenne et le fiasco sur lequel elle a débouché sont suffisamment éloquents pour illustrer cette affirmation. Sans scrupule, le porte-parole du gouvernement de l’époque avait pourtant cru devoir annoncer avec fracas la levée de plusieurs centaines de milliards de F CFA pour le pays mais à ce jour, tout cela s’avère n’être qu’une mauvaise plaisanterie et un simple mirage et effet d’annonce comme en est si habitué la bozizie.


A présent, le pouvoir de Bangui tire le diable par la queue et ne cesse de crier à la vacuité des caisses de l’Etat. Le versement des salaires des fonctionnaires s’effectue à la suite de grandes gymnastiques financières et d’un endettement continuel du trésor auprès des banques commerciales de la place qui à un moment donné, seront contraintes de stopper le manège pour ne pas se faire tirer les oreilles par la commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), gendarme des banques de la sous-région.


Depuis longtemps aussi, la communauté Internationale et les bailleurs attendent réellement un signal politique fort du régime, c’est à dire la remise en cause des pratiques politiques contestables de Bozizé et un vrai dialogue et concertation avec l’opposition. Or au lieu de cela, Bozize continue de vouloir marginaliser son opposition politique et de refuser obstinément la recherche de solutions non sectaires et consensuelles. Sa politique à tout point de vue s’est toujours soldée par un échec cuisant. Au lieu de prendre des mesures hardies de réconciliation vraie des Centrafricains et pour restaurer une paix durable, son entêtement à poursuivre des discussions stériles et peu fécondes avec les mouvements politico-militaires sur fond de gestion opaque des fonds du programme DDR a tourné court.


Aujourd’hui, la décision d’orchestrer l’arrestation des certains leaders des mouvements de rébellion et en particulier celle du vice-président Jean Jacques Demafouth dans les circonstances rocambolesques où elle a eu lieu, à savoir depuis le bureau de Firmin Findiro, qui se prend à la fois pour le ministre de la justice et procureur de la République, démontre à suffisance les limites et le fiasco de la politique de Bozizé en matière de DDR. Selon nos informations de sources dignes de foi, les accusations proférées contre Demafouth ne seraient nullement fondées et relèveraient simplement de la volonté de Bozizé de mettre hors d’état de nuire ce dernier dont il craint énormément par ailleurs les capacités d’intrigue et de roublardise eu égard à la situation délétère que connaît actuellement le régime et qui est très propice à un coup d’Etat.


Toujours selon nos informations, la bozizie compte effectuer le prochain remaniement gouvernemental en tentant une fois de plus, de débaucher des individus comme d’habitude au lieu de procéder par des consultations d’état-major des partis politiques notamment ceux de l’opposition. A la faveur de l’année nouvelle, certaines personnalités en vue de l’opposition auraient reçu des messages de vœux non dénués d’arrière-pensée politique de la part de certains dignitaires tout aussi en vue de la bozizie.


La stratégie du débauchage des personnalités au sein des partis politiques est totalement inefficace car elle entraîne automatiquement la prise de sanctions allant jusqu’à la radiation des concernés de leur parti et ne porte donc aucunement bonheur au gouvernement ni à la classe politique. Il faut cesser avec cette pratique d’un autre âge. Quant aux malheureuses personnalités qui se laissent ainsi manipuler et instrumentaliser en acceptant de jouer ces rôles de ministre « Conduite à tenir » comme on les surnomme à Bangui, elles feraient mieux de réfléchir à leur marge de manœuvre et liberté d’action au sein du gouvernement de Bozizé avec sa particularité inadmissible d’imposer aux ministres des directeurs de cabinet qui ne sont pas leur choix.


Il est urgent que les personnes à qui on envoie de sympathiques messages de vœux de nouvel an ou encore à qui il est promis des enveloppes dont le contenu peut aller d’un à deux millions de F CFA s’elles acceptent de rejoindre la bozizie réfléchissent sincèrement à ce genre d’offre. Travailler pour le pays certes, mais pas à n’importe quel prix. Entrer dans un gouvernement dans ces conditions afin de seulement de se prévaloir un jour du titre d’ancien ministre est dérisoire et vain.  Quand on n’est pas consulté dans les règles de l’art, cela est un déshonneur. Il faut aussi savoir qu’entrer dans la politique exécutive rime avec laisser des traces politiques, marquer son temps  en apportant sa contribution par des actes concrets aux multiples problèmes que rencontrent les Centrafricains.


Rédaction Centrafrique-Presse

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