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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 22:50

 

 

F Bozizé Yangouvonda

 

En empêchant ce samedi 8 mai Martin Ziguélé de prendre son vol pour Douala, Bozizé ne fait qu’allonger la liste de ses victimes à qui il a fait arbitrairement manquer leur avion à l’aéroport. Si les raisons et les motifs sont généralement aussi farfelus et mensongers les uns que les autres, comme les explications laborieusement invraisemblables et ridicules que le porte parole du gouvernement, Fidèle Gouandjika a avancées dans le cas de Ziguélé, le scénario est  presque toujours le même. Lorsque le voyageur a fini l’enregistrement de ses bagages, il reste le passage par les guichets de la police des frontières qui est une véritable loterie, toujours vécu avec une certaine appréhension par les candidats à l’embarquement. On n’est rassuré et sûr de monter dans l’avion qu’une fois le passeport restitué par les flics. Outre ces dernier et le commissaire de police de l’aéroport Bangui Mpoko, il y a aussi le filtre d’un fils à Bozizé préposé lui aussi à la sécurité qui doit jeter un dernier coup d’œil sur le passeport de tous ceux qui doivent embarquer et donner ou pas son ok.

Le mercredi 3 février 2010, un ancien ministre de Bozizé, Charles Armel Doubane qui devait prendre le vol de Kenya Airways pour se rendre à Douala est empêché in extremis d’embarquer et voit son passeport confisqué sans la moindre explication par le commissaire de police de l’aéroport Bangui Mpoko. Comme souvent le cas, le Dg de la police nationale et le ministre de la sécurité qu’il a pu rencontrer par la suite, n’ont pas été à même de lui fournir des explications plausibles. Doubane décide d’écrire à Bozizé pour en avoir le cœur net. Celui-ci lui répond qu’il n’était pas au courant qu’il ait été empêché de voyager et quelque temps après signe un décret pour nommer Charles Doubane comme Représentant de la RCA auprès des Nation unies à New York. L’intéressé qui s’apprêtait à se présenter aux élections législatives aurait choisi de renoncer et de rejoindre New York. Ce genre de comportement hélas encourage objectivement Bozizé à persévérer dans la voie de l’arbitraire et des faits du prince.

Peu avant Charles Armel Doubane, Christophe Gazam Betty, ancien ambassadeur en Chine successivement sous Patassé puis Bozizé, passé à la rébellion, avait été carrément débarqué  de l’avion le 26 novembre 2009 alors qu’il avait réussi à monter déjà à bord de l’appareil. Interrogé par l’agence de presse il avait donné la version suivante : « Je me trouvais jeudi soir sur le vol AF 883 en partance de Bangui pour Paris lorsque le commissaire de police de l'aéroport est venu m'inviter à descendre. Après la confiscation de mon passeport, j'ai été invité à me présenter à la direction de la police administrative, ce que j'ai refusé de faire ». "J'ai été reçu ensuite au BONUCA pour exposer ma situation et j'espère que les choses vont rentrer rapidement dans l'ordre. En tout état de cause, j'ai réservé une place sur le vol Paris-Bangui de jeudi soir. Et j'espère que cette fois, les autorités me laisseront partir". Quelques jours plus tard, il a effectivement pu embarquer sur son vol et regagner Paris.

Toujours fin novembre 2009, l’ancien ministre d’Etat Karim Meckassoua qui avait pourtant été officiellement invité au premier congrès du parti KNK de Bozizé qui a eu lieu le 13 novembre à Mbaiki, a dû passer un coup de fil à Bozizé en personne pour pouvoir être autorisé à embarquer de l’aéroport sur le vol qui devait le ramener à Paris. S’agissant de Karim Meckassoua, il est le champion toutes catégories des débarquements spectaculaires et tracasseries de toutes sortes à Bangui Mpoko. Après avoir été viré du gouvernement par Bozizé, c’est au bout de la 6ème tentative, alors qu’il était impérativement attendu pour subir d’urgence une intervention chirurgicale, qu’il a pu prendre son vol pour Paris. Tout indiquait que c’était Bozizé en personne qui veillait à ce qu’il ne puisse pas quitter le pays, on ne sait pour quelles raisons. 

Sous le régime Patassé, l’ancien premier ministre Jean-Paul Ngoupandé a aussi été victime à de nombreuses reprise de ces tracasseries. A la mort du président Omar Bongo Ondimba, il lui avait rendu hommage et témoigné sur les antennes de Radio France Internationale des interventions de ce dernier auprès du président Patassé pour qu’on le laisse prendre son vol de Bangui. Aussi bizarrement que cela puisse paraître, Bozizé prend exemple sur Patassé et c’est lui-même qui orchestre toutes ces tracasseries par des fonctionnaires subalternes de l’aéroport interposés. Se rend-t-il compte du caractère suranné et « république bananière » de cette entrave délibérément faite à la liberté d’aller et venir des citoyens qui fait honte au pays et ternit son image vis à vis de l’extérieur.

Généralement ce sont des régimes dictatoriaux, paranoïaques et aux abois qui sont coutumiers de ce genre de méthode qui consiste à dresser arbitrairement des obstacles à la liberté de déplacement des citoyens pourtant garantie par la constitution qu’ils sont pourtant les premiers à promulguer. Bozizé doit avoir encore dans sa mémoire le souvenir qu’il avait fait l’objet en 2002, d’une mesure d’expulsion de leur territoire par les autorités togolaises lorsqu’il avait été remis manu militari dans l’avion pour Paris. Aujourd’hui au pouvoir, ce n’est pas normal qu’il ne puisse avoir le moindre scrupule à faire vivre cette désagréable expérience à ses compatriotes et que bien au contraire, tel un sadique, il jouit plutôt de ces humiliations qu’il leur fait subir.    

 

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