Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 04:32

 

 

 

 

Bozize-ailleurs.JPG



Le brusque départ de Bangui des forces tchadiennes mises à la disposition de Bozizé pour sa protection rapprochée depuis le 15 mars 2003 jusqu’à présent ainsi que l’annonce du retrait en 2013 des différents contingents présents sur le sol centrafricain d’abord des cinq pays de la CEMAC vers la fin du pouvoir du président Patassé puis ceux des pays de la CEEAC (MICOPAX) projettent brutalement le général président centrafricain devant la nécessité de prendre les responsabilités qu’il n’a jamais voulu ou été incapable d’assumer.


Il s’agit de celles de mettre réellement et effectivement en œuvre cette arlésienne qu’est la restructuration des forces armées centrafricaines qu’on a toujours chantée, qui a plutôt permis à  quelques-uns à la tête de cette armée dont Bozizé lui-même et ses acolytes comme le général d’opérette Bernard Ouandé ou encore unSylvestre Yangongo, pour ne citer que ceux-là, de se servir sur le dos de cette armée et au détriment des petits soldats de la troupe.


Bozizé pourtant prétendument chef suprême de cette armée, s’est toujours endormi sur ses lauriers et n’a véritablement jamais compris que la présence des troupes étrangères sur le territoire centrafricain en vue d’appuyer le processus de consolidation de la fragile stabilité, était de toute façon temporaire et ne devrait pas durer ad vitam aeternam. Il faudrait bien qu’un jour, ces différents contingents africains regagnent leurs pays respectifs. Tant que cette situation perdurait, lui, croyait qu’il en sera toujours ainsi. Les anges-gardiens tchadiens partis, il lui faut bien vite leur trouver des remplaçants car eu égard à l’impopularité qui est la sienne, un coup d’Etat pourrait vite survenir, il faut dire les choses comme elles sont. Tant qu’à faire, il a déjà pris goût à ne compter que sur des forces étrangères pour faire face au péril intérieur.

 

Beaucoup d’effort a pourtant été fait par certains pays amis de la RCA et certains partenaires au développement pour aider le pays à réaliser une restructuration effective par la fourniture d’équipements, de bourse de formation, et diverses formes de coopération militaire. Pour ne parler que du Tchad voisin, on peut dire d’Idriss Déby ce qu’on veut mais il a néanmoins appuyé réellement Bozizé  en contribuant à la formation à Moussoro au Tchad aux frais de ce pays frère, à au moins deux reprises, de plusieurs centaines de soldats centrafricains sans compter la fourniture d’armes de guerre de guerre et de véhicules BJ 75 Toyota. Que sont devenus ces soldats une fois leur formation terminée et revenus au bercail ?


A quoi servent toutes les armes de guerre et équipements militaires que Bozizé n’a cessé d’acquérir coûteusement hors budget en Chine, en Ukraine, en Afrique du Sud et autre, entreposés à Bézambé, Bossembélé et autre Bérengo, depuis qu’il est au pouvoir ? Le sous-équipement et le manque de moyens des FACA tant décriés ne sont pas toujours justifiés. Plusieurs soldats FACA sont souvent envoyés au front de l’insécurité pour se faire massacrer car on ne leur fournit pas les armes et munitions en quantité suffisante. C’est cette intolérable situation qui démotive ces soldats la plupart du temps. A quoi ont servi les centaines de millions de F CFA régulièrement siphonnés du trésor public du pays sous le prétexte de la sécurité ?


Bozizé a acheté trois hélicoptères de combat à l’Ukraine qui moisissent depuis dans les hangars de l’escadrille à M’poko. Pourquoi les avoir achetés ? L’épave du Hercules C 130, « Air Bézambé », aussi acheté aux USA on ne sait trop pourquoi, passe plus de temps en réparation à Lisbonne qu’en vol, pendant qu’on entretient aussi coûteusement à ne rien foutre un pléthorique équipage de plus d’une dizaine de personne aux frais de la princesse. C’est vraiment de l’argent des Centrafricains jeté par la fenêtre.

 

L’élément confiance des chefs hiérarchiques à la troupe qui est la condition sine qua non de l’efficacité d’une armée moderne  continue de faire gravement défaut  dans cette armée centrafricaine qui, au lieu d’être restructurée comme on n’arrête pas de le chanter, a des années durant, été politisée à outrance et plutôt déstructurée par un Bozizé que Patassé a commis l’irréparable et fatale erreur d’en faire le chef d’Etat-major. Il s’en est servi pour assouvir ses ambitions d’accession au pouvoir suprême du pays par des voies anticonstitutionnelles afin de s’en mettre plein les poches.


Le dernier scandale  début août de l’inadmissible recrutement discriminatoire et pourtant tarifé des jeunes citoyens dans cette armée est la preuve de la conception clientéliste et patrimoniale de l’armée centrafricaine par Bozizé et son fils Francis. Plusieurs recrues médicalement inaptes mais néanmoins retenus sans visite médicale préalable sur les quotas de Francis et de la maîtresse favorite de Bozizé Renée Madeleine Sambo Bafatoro ont dû fuir d’eux-mêmes du centre de formation de Bouar en raison de déclenchement brutal de maladie cachée. Certains sont mêmes décédés.


Le fléau de l’insécurité que vit avec douleur le pays depuis des lustres et dont on a vaguement l’impression qu’elle est insoluble, trouve ci-dessus l’une de ses explications. Par certains côtés, elle sert la cause et les calculs machiavéliques de Bozizé et son fils Francis. Tant que l’armée centrafricaine fonctionnera comme une structure au service non pas du pays mais d’un individu, elle ne sera pas à la hauteur des enjeux d’éradication de l’insécurité multiforme et complexe qui empoisonne la vie des fils du pays.


La rédaction

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Politique