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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 22:37


Franck Saragba

La fin justifie -t-elle finalement les moyens ?  En tout cas c’est ce qui semble indiquée cette bourde monumentale orchestrée par le général  président  François Bozizé par l’intermédiaire de son ministre de la sécurité publique jules Bernard OUANDE. Autant dire que depuis l’accession du général Bozizé au pouvoir par un coup d’état le 15 mars 2003, les centrafricains en ont vu « des vertes  et des pas mûres » Entre décrets anticonstitutionnels, actes de barbaries, impunités, corruptions, assassinats politiques… les centrafricains  pensaient en êtres aguerris jusqu’à ce vendredi 13 mars 2010 où le ministre de la sécurité publique est intervenu sur les ondes de la radio nationale pour faire exploser le baromètre des bourdes commises par le régime .

En dévoilant sur les antennes  de la même radio  un supposé projet de coup d’état encore au stade embryonnaire, le régime n’a-t-il pas montré ses limites ? A partir d’une fiche de renseignement concoctée maladroitement par ses services, le ministre  de la sécurité publique a cru bon de dévoiler un coup d’état qui serait mis en œuvre, organisé et planifié sur une période d’une semaine à Bangui. N’aurait-il pas fallu attendre en déployant intelligemment ces hommes afin de prendre les commanditaires du coup d’état la main dans le sac ? 

Au lieu de distraire le peuple. A quoi sert finalement l’école de guerre dont on se targue d’avoir suivi les enseignements ? Des personnalités politiques aussi bien que des officiers et sous officiers de l’armée que le ministre n’a pas voulu les nommés seraient impliqués. Pour ceux-ci, il en fera  son affaire  personnelle a-t-il dit. Néanmoins à plusieurs reprises, le ministre de la sécurité publique a cité les acronymes AFP dont chacun sait  qu’il est attribué à Ange Félix Patassé, l’ancien président centrafricain, candidat indépendant à l’élection présidentielle de 2010.

Les Centrafricains demandent des preuves irréfutables pour condamner les coupables, sinon BOZIZE  doit démissionner pour manquement au serment prêté.

Trop c’est trop ! Le peuple centrafricain en a marre de ces enfantillages qui mettent en péril la vie de la nation. Si les preuves irréfutables de ce « coup d’état » sont apportées et démontrées, il ne fait aucun doute que la loi doit être appliquée dans la plus stricte rigueur, auquel cas Bozizé doit démissionner. L’accusation est trop grave pour rester sans suite. Elle dépasse le stade des accusés pour atteindre le niveau du peuple, premier victime des actes irresponsables de nos gouvernants. On ne s’amuse pas indéfiniment avec les institutions de la république.  On ne joue pas avec le peuple par lequel  on a reçu mandat si toutefois la prestation de serment et le sens de l’état ont encore un sens.

On serait tenté de croire à de telles allégations si seulement si, les mêmes accusations gratuites n’avaient  pas été portées d’une manière légère il y a si peu sur la personne du candidat du Mlpc Martin ziguélé. Ce dernier  serait aidé par la France pour renverser le régime de Bangui. Accusation qui s’est avérée infondée et qui est restée à ce jour sans effet, malgré la volonté du candidat Martin Ziguélé à vouloir clarifier cette histoire. Puis, récemment une autre accusation sur la personne de Jean jacques Demafouth  qui aurait détourné l’argent destiné au programme du DDR pour acheter des armes afin de faire un coup d’état.

Coup d’état par-ci, coup d’état par là, finalement coup-d’état de nulle part. Décidemment le régime de Bangui a du mal à se départir de la logique de coup d’état dont il est l’un des concepteurs et l’un des précepteurs dans la vie politique de notre pays. Et voilà qu’à bout de souffle le régime  se met à accuser à tort et à travers les différents leaders de l’opposition démocratique, voilà qu’il se met à jeter le discrédit et la confusion une fois de plus au sein des forces armées centrafricaines déjà éprouvées.

Toute l’énergie créative et positive que le régime doit mettre au service de la nation une et indivisible est accaparée dans le montage des stratégies politiciennes dans le seul but est de manipuler notre peuple et jeter le trouble dans le pays. Au moment où la plupart des acteurs politiques s’accordent  et ne souhaitent qu’une chose,  aller à une élection juste et transparente. Au moment où la communauté internationale se démène pour la énième fois  pour trouver une solution au particularisme centrafricain.

Derrière cette mise en scène politico burlesque se cache une réelle stratégie pour confisquer le pouvoir en 2010

Les sondages réalisés  du 09 au 14  février 2014 sur les prochaines élections présidentielles dans notre pays par la fondation panafrican union sont clairs et pourraient sans doute nous donner un début d’explication sur ces accusations. Les sondages donnent le général Bozizé perdant dans tous les cas de figure. Ceci pourrait expliquer sans doute cela.

La volonté de saborder le processus électoral en adoptant la stratégie de victimisation pour mieux le verrouiller en évinçant Les adversaires politiques capables de  battre le général Bozizé en 2010 semble être la motivation première.  La stratégie est dangereuse, anti démocratique mais elle a déjà fonctionné par le passé pour le régime Bozizé. Les candidats qui pourraient potentiellement battre le général Bozizé doivent êtres interdits des élections. Pour cela il faut trouver des raisons même les plus fantaisistes. C’est ainsi qu’il avait décrété en 2005 qui pouvait être candidat ou pas. Lors du dialogue politique inclusif, il a utilisé la même stratégie pour intimider et exclure quelques acteurs. Des décisions unilatérales dans l’organisation de ce dialogue ont été prises.  Il a fallu toute l’entremise du défunt président Bongo pour faire participer tous les leaders de l’opposition.

Les centrafricains abusés par les manipulations politiciennes grotesques de nos gouvernants ne veulent plus êtres les dindons de la farce. Nos pères, nos mères, nos oncles, nos tantes, nos frères, nos sœurs, des valeureux patriotes ont perdu la vie par le passé suite à ces montages éhontés  de ces hommes politiques pas comme les autres. Les centrafricains sont fatigués et veulent désormais qu’une élection libre, juste et transparente ait lieu afin de connaitre définitivement par les urnes la véritable notoriété et le poids de chaque homme politique.

 

Franck SARAGBA

« De l’esprit fini kodé »

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