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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 01:24

 

 

Fidèle Gouandjika

 

Malgré de confortables retours sur investissements, le secteur des télécommunications n’est pas sans danger en Afrique. A fortiori à Bangui.

Décryptage

Depuis sa nomination en avril, le ministre centrafricain des télécommunications, Abdou Karim Meckassoua a fait le ménage dans son département. Il a notamment lancé un vaste audit de l’opérateur public, la société Centrafricaine des télécommunications (Socatel). Mais les contentieux laissés par son prédécesseur n’ont pas été réglés. Le principal est celui de Jacques Edery patron de Daniel Investments Ldt. L’homme d’affaires israëlien est toujours en litige avec l’Etat en vue de récupérer des équipements de haute technologie censés être installés en Centrafrique dans le cadre d’un partenariat avec la Socatel datant de 2009. Au terme de cet accord, Daniel Investments était chargé d’équiper l’opérateur dans le cadre d’une convention pour licence dénommée « Passerelle internationale » permettant ainsi à l’Etat centrafricain de taxer les appels à l’étranger à partir des différents opérateurs de téléphonie.

Mais cette association a été mise à mal par l’arrivée , la même année, de Fidèle Gouandjika à la tête du ministère des télécommunications. Ce dernier, prédécesseur d’Abdou Karim Meckassoua, occupe actuellement le portefeuille de l’Agriculture. Assis sur une confortable fortune, il possède également un complexe hôtelier dans le quartier de Boy Rabe à Bangui. Dès sa nomination le ministre Gouandjika a remercié le staff de la Socatel et dénoncé le contrat de Daniel Investments après le refus de Jacques Edery d’acquitter un ticket d’entrée de 2 millions $. Une clause non prévue au contrat.

Depuis ce différend, l’avocat centrafricain Hermann Soignet Ekomo a été mandaté pour inventorier les équipements  acheminés en Centrafrique et les faire rapatrier en Israël. Entre temps plusieurs entretiens entre l’avocat et Fidèle Gouandjika ont laissé entrevoir un possible amiable à travers la création d’une joint-venture entre Socatel et Daniel Investments.

Les statuts de cette société d’économie mixte ont même été rédigés. Mais cette tentative d’entente n’a jamais abouti. Le nouveau ministre Meckassoua ne donne guère plus de garanties quant à l’avancée du dossier. Le 11 septembre, il s’est entretenu avec Jacques Edery à Paris au restaurant « Aux puits de Jacob ». Sans plus. Alors qu’il menace depuis deux ans de porter l’affaire devant la Chambre de Commerce Internationale de Genève,  l’homme d’affaires pourrait rapidement passer à l’acte. Sa créance se monte à plus de 400 000 $, auxquels s’ajoutent 2 millions $ d’engagements auprès de fournisseurs.

Source : Lettre du Continent n° 622 du 3 novembre 2011

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Economie