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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 03:54

 

 

 

 

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Bangui, 9 Juin 2011 – (C.A.P) – Chargé par le président de la Commission européenne de répondre à une lettre d’invitation datée du 25 mars 2011 du premier ministre centrafricain, Archange Touadéra, à prendre part à Bruxelles à une Table Ronde des donateurs, du 16 au 17 juin 2011, le Commissaire européen au développement et à l’action humanitaire, M. Andris Pielbags a adressé au PM centrafricain depuis le 18 mai dernier, un courrier dont une copie est parvenue à Centrafrique-Presse.

 Une lecture entre les lignes de cette correspondance pourtant diplomatique, montre que Bangui et Bruxelles ne sont visiblement pas sur les mêmes longueurs d’ondes, c’est le moins qu’on puisse dire. Sans détours, l’UE pose les conditions de sa présence à cette fameuse Table Ronde en ces termes : « Selon les engagements et les actions que votre Gouvernement aura entrepris, l'Union européenne répondra favorablement à votre invitation et sera représentée à la table ronde des donateurs pour délivrer le message approprié ». Voilà qui a vraiment le mérite de la clarté.

En réalité, la tenue même de cette Table Ronde paraît très prématurée inopportune pour l’UE qui justifie sa position de cette façon : « l’organisation d’une table ronde des donateurs aussitôt après les élections de 2011, et ceci sans que le processus électoral ne soit clos, devrait être accompagnée d’un signal politique fort ». Traduction : Sans des mesures courageuses de votre part pour décrisper la situation politique postélectorale, inutile d’organiser une telle réunion.

Parmi les signaux forts que souhaite Bruxelles, il y aurait par exemple, lit-on plus loin : la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, un engagement crédible en vue de la révision du code électoral, l’élaboration d’un programme de gouvernement crédible et réaliste et à la reprise du dialogue politique laissant toute sa place à la société civile ». Autrement dit, l’actuel gouvernement Touadéra 3 constitué essentiellement de ministres KNK et quelques pauvres débauchés n’est pas crédible et doit être remanié ; le code électoral qui a servi pour les dernières élections n’est pas ce qu’il faut et doit être refait ;

Plus loin encore dans la lettre, l’auteur, au nom de son institution, se fait même menaçant en parlant sur un ton franchement comminatoire : « Nous continuons à suivre attentivement la situation en République centrafricaine » et suivent des conditionnalités ainsi formulées : « la transmission de deux requêtes concernant respectivement la mise à jour du code électoral suite aux imperfections constatées lors du dernier processus électoral et l’audit des dépenses électorales témoignerait concrètement de la volonté de votre gouvernement de s’engager dans un tel dialogue politique renforcé».

L’insistance que met l’Union Européenne à obtenir un rapport d’audit sur les finances des dernières élections est la preuve de l'existence de sérieux doutes que Bruxelles doit nourrir sur la probité des personnes qui ont eu à gérer les fonds qui ont été alloués par l’UE pour ces élections. Cela renvoie directement à la calamiteuse gestion de la commission électorale prétendument indépendante par le nullissime et vrai faux pasteur Joseph Binguimalé qui avait déjà fait l’objet d’un audit exigé par l’opposition, qui a au demeurant été réalisé mais dont Bozizé a obstinément refusé d’en publier le rapport qu'il continue de garder par devers lui jusqu'à ce jour.

Il sera intéressant de savoir quelle sera la réponse de Bozizé, maintenant que c’est l’UE et non l’opposition qui réclame l’audit des dépenses électorales. Continuera-t-il à se cacher derrière son petit doigt ou jouera-t-il enfin la transparence ? Il est permis d’en douter car la façon avec laquelle Binguimalé a octroyé à tour de bras des marchés de gré à gré non exécutés de plus de cinq cents millions aux enfants de Bozizé et à l’une de ses épouses, aura-t-il vraiment le courage de laisser les conclusions de cet audit financier étalées sur la place publique car il doit sans doute y avoir beaucoup de saletés à cacher à l’opinion publique?

Principal bailleur de fonds des élections centrafricaines à hauteur d’environ 80 % du montant, l’Union européenne est en droit de réclamer quelques comptes à Bangui dans la mesure où il s’agit de l’argent des contribuables européens qui en fin de compte, n’a servi qu’à réélire un autocrate sanguinaire. Ce détournement par Bozizé du financement de l’UE pour assurer son hold-up électoral et celui des députés de son parti a été qualifié d’élections « sujettes à caution » par le rapport d’experts électoraux qui ont observé les élections centrafricaines du 23 janvier dernier. Il s’agit clairement pour Bruxelles d’un abus de confiance qui ne peut passer tout simplement en pures pertes et profits.  

Le contenu de la lettre du Commissaire européen au développement et à l’action humanitaire au PM centrafricain, qui vaut  position officielle de l’UE, laisse entrevoir que les chances de réussite de cette Table Ronde sont franchement très minces et que même dans l’hypothèse où Bangui ferait un passage en force pour qu’elle ait lieu à tout prix, ce serait service minimum en attendant de profondes réformes à Bangui. Bozizé et Touadéra sont avertis.   

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Relations Internationales