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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 01:50

 

 

 

 

 

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Roland Marchal

 

L’universitaire Rolland Marchal

 

Sonia Rolley : Rolland Marchal bonjour,  pourquoi est- ce que cette rébellion ressurgit aujourd’hui ?

 

Rolland Marchal : Il y a plusieurs réponses possibles. La première c’est le fait que le DDR, c’est à dire la mise en œuvre des accords de paix signés à Libreville traîne pas uniquement d’ailleurs à cause du gouvernement mais en particulier à cause du gouvernement. La deuxième chose c’est le sentiment que le pouvoir actuel s’est largement replié sur Bangui au cours des dernières années et n’a guère montré d’intérêt pour ce qui se passe en province et on a vu dans la facilité avec laquelle les Faca ont été défaites (les forces armées centrafricaines)

 

Le troisième point, il y a le sentiment que ce pouvoir est paradoxalement affaibli par sa propre victoire aux élections législatives et présidentielles de 2011, dans la mesure où le parti du président a tout pris et ou la population a marqué de plus en plus une forte distance avec le régime et disons une impopularité qui est réelle dans les couches populaires. Et puis peut-être dernier point, tout le monde a compris durant le printemps que le président Bozizé était un peu sale au niveau régional dans la mesure ses principaux appuis  notamment le président Sassou Nguesso et le président Déby, après lui avoir prodigué mois après mois des conseils, ont sans doute baissé les bras tellement ils étaient abattus par l’absence de réactivité de la présidence centrafricaine.

 

Sonia Rolley : Mais qui sont ces rebelles et on s’imagine que s’il y a une offensive c’est qu’il y a un soutien quelque part alors par qui sont-ils soutenus ?

 

Rolland Marchal : Alors ces rebelles initialement partent de fractions dissidentes, de groupes qui existent et qui sont signataires des accords de paix. Effectivement ils ont réussi à s’adjoindre des leaders qui avaient été en fait largement opposés au processus de négociations et aux des accords de paix même si aujourd’hui ils les revendiquent. Ces gens-là visiblement sont arrivés avec de l’argent et des équipements militaires, alors savoir si c’est leurs amis politiques ou une partie de la diaspora centrafricaine qui a payé ou s’il y a eu derrière des aides d’état ou comme on l’entend aussi, des alliances avec des grands commerçants donc cela, c’est quelque chose que l’histoire nous apprendra et c’est certainement une question qu’on peut se poser. Et de fait, ce qu’on a vu ce sont des groupes qui d’une part ont bénéficié d’armements conséquents et qui d’autre part n’étaient pas naïfs d’un point de vue militaire. L’opinion publique centrafricaine a été très choquée par des embuscades extrêmement sanglantes qui font que tout d’un coup, l’armée centrafricaine a perdu beaucoup de soldats qui ont été hachés menu par les rebelles.

 

S R : Est-ce qu’il y a une grogne au sein des forces armées centrafricaines ?  

 

R M : On a une armée qui est d’abord complètement démoralisée avec des officiers supérieurs qui sont vraiment plutôt en retrait, soit parce qu’ils font leurs petites affaires, soit parce que ce sont des officiers qui considèrent que l’armée est complètement bridée par les décisions politiques, par les alliances quelque fois un peu étranges du président lui-même et que dans ces conditions-là, se battre n’a pas grand sens.

 

S R : On a l’impression  que la Centrafrique, à vous entendre est un total vide sécuritaire !

 

R M : J’ai hélas peur que cela ne soit pas inexact. Sans doute une inquiétude des observateurs centrafricains et internationaux c’est que le président Bozizé, lorsqu’il est arrivé au pouvoir était à sans doute le mieux à même de régler ce problème, mais ce qu’on voit c’est  que dix ans après, on est dans une déliquescence qui est extrêmement inquiétante avec un état qui  fondamentalement, s’est rétracté sur la seule capitale et qui du coup laisse tout cet espace libre pour tous les aventuriers de quelque origine qu’ils soient.

 

S R : Pourquoi est-ce que la sous-région se mobilise alors pour soutenir François Bozizé ?

 

R M : La politique du pire, ce serait effectivement de laisser cette rébellion aller de l’avant et avec sans doute, parce que ce n’est pas un scénario absurde des combats à Bangui, je crois que tout le monde est convaincu qu’aujourd’hui, cette nouvelle constellation de rébellions n’est absolument pas une alternative crédible pour la sécurisation  de la Centrafrique. 

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview