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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 23:48

 

 

 

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RFI lundi 13 juin 2011

La justice tchadienne entend pour la première fois ce lundi 13 juin les témoins de l'enlèvement de l'opposant et ancien ministre Ibni Oumar Mahamat Saleh. Un petit pas en avant dans l'enquête mise en place il y a trois ans. Le dirigeant du Parti pour les libertés et le développement a été enlevé le 3 février 2008 et n'a plus été revu depuis.

La justice tchadienne fait un petit pas en avant dans le dossier sur la disparition de l'opposant et ancien ministre Ibni Oumar Mahamat Saleh. Pour la première fois, elle entend ce 13 juin les témoins directs de l'enlèvement du leader du Parti pour les libertés et le développement (PLD) par les forces de défense et de sécurité. Une décision qui a été obtenue difficilement par ses partisans.

Ibni Oumar Mahamat Saleh était à la fois le secrétaire général du PLD et  le porte-parole de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), une coalition de partis d’opposition politiques non armés lorsqu'il a disparu. Le 2 février, des forces rebelles entrent dans Ndjamena pour tenter de renverser le président Idriss Déby. Les combats durent plusieurs jours avant que les rebelles ne soient repoussés. C'est le 3 février qu' Ibni Oumar Mahamat Saleh disparaît. En fin d’après-midi, des témoins, dont sa femme, le voient se faire arrêter à son domicile par des militaires, et être emmené.

Depuis trois ans, le dossier n’a pas avancé malgré la création d’une commission d’enquête tchadienne mise en place en février 2008, suite à la pression internationale. Cette dernière a d’ailleurs estimé que cet enlèvement n’avait pu être réalisé que par des éléments de l’armée nationale. Les évènements de février 2008 ont vu l’arrestation et la disparition de nombreux individus. Une tâche au tableau du parcours d’Idriss Déby, réélu lors de l’élection présidentielle du 25 avril 2011 et qui se pose désormais en rassembleur.

Fin 2010 néanmoins les choses bougent un petit peu, avec la désignation de deux experts internationaux, l’un pour l’Union européenne, l’autre pour l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie) pour assister et appuyer la justice tchadienne sur place afin de reprendre l’enquête. Des conclusions devraient être remises en juin 2011. La famille de l'opposant, ses partisans, anciens collègues de mathématiques avec le soutien d'Amnesty International et de quelques députés français mobilisent l'opinion.

Etudiant à Orléans en France puis professeur de mathématiques au Niger puis à l’université de Ndjamena, Ibni Oumar Mahamat Saleh avait créé des liens avec les universités et écoles françaises, pour promouvoir l’enseignement des sciences dans son pays.

Il a occupé plusieurs postes ministériels (1982-1990) sous la présidence de Hissène Habré et de son successeur Idriss Déby Itno. Il a été ministre de la Coopération de 1991 à 1994. En 1993, il fonde le Parti pour les libertés et le développement.

 

NDLR : En Centrafrique, il reste aussi à entendre un jour les témoins des enlèvements suivis de disparition de Charles Massi et Hassan Ousman afin de faire la lumière sur ces deux cas de disparition.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique