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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 01:25

 

 

 

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par Ursula Soares RFI mercredi 06 juillet 2011

La France propose de revoir sa coopération militaire avec le Tchad. Après les propos mardi 5 juillet 2011 d’Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, qui avait déclaré que le dispositif militaire français au Tchad, appelé « Epervier », ne se justifiait plus, Ndjamena confirme que des discussions sont en cours pour un possible retrait des 1 000 hommes déployés depuis 25 ans dans le pays.

C’est un nouvel accord de coopération qui se dessine entre la France et le Tchad. Les déclarations du chef de la diplomatie française laissent entendre que Paris n’entend pas laisser ses troupes dans le pays. Pour des raisons politiques et financières, la question s’était déjà posée, en août 2010, lorsque le président tchadien Idriss Deby avait reproché à la France de ne rien payer pour sa présence militaire. La France avait alors rappelé que les forces militaires françaises se maintenaient au Tchad « à la demande des autorités tchadiennes dans le cadre de l’accord qui lie les deux pays ». Cette remise en cause du dispositif Epervier est intervenue dans un contexte de normalisation des relations entre le Tchad et le Soudan, après cinq ans de guerre par rébellions interposées.

Le Tchad n’exclut pas le retrait des forces françaises

Un an après, la question financière est-elle toujours d’actualité ? Est-il de l’intérêt du Tchad de se voir démuni de l’aide militaire actuelle française et la voir ainsi réduite ? Dans ce cas et avec un dispositif si léger, le Tchad pourrait-il être sûr que la France interviendra comme elle est intervenue en 2008 ? En effet, en février de cette année-là, une offensive rebelle avait atteint Ndjamena. Avec l’appui de plus de 1 000 militaires français présents sur le terrain, plusieurs centaines d’étrangers avaient été évacués et les forces d’Idriss Deby avaient reçu un précieux appui en matière de logistique et « de renseignement ».

Au micro de RFI, Moussa Faki, ministre tchadien des Affaires étrangères, confirme que de futures discussions sur le statut des forces françaises au Tchad sont prévues et que la possibilité de leur retrait n’est pas exclue, si telle est effectivement la volonté de la France.

Autre réaction, celle du général Mahamat Nouri, un des principaux leaders des rebelles tchadiens et leader de l’Alliance nationale pour le changement de la démocratie (ANCD). Dans une interview à l’AFP, depuis Doha, Mahmat Nouri s’est félicité de la position du ministre français des Affaires étrangères : « Nous sommes très satisfaits des déclarations de M. Juppé. C’est une très bonne chose. Il faut que la France lâche (le président tchadien Idriss) Deby ».

La politique de redéploiement militaire de la France

Alain Juppé avait insisté, ce mardi 5 juin 2011, devant les députés, sur « la politique de redéploiement de la France » et donné l’exemple de la Côte d’Ivoire : « Je vous rappelle que la force Licorne en Côte d’Ivoire, de 1 700 militaires au plus fort de l’intervention, va être réduite à 300-400 hommes à la fin de cette année », avait-il ajouté.

Déjà en 2008, c’est le président français, Nicolas Sarkozy, qui avait annoncé une refonte de la présence militaire française en Afrique, avec une nouvelle approche : la renégociation des anciens accords de défense liant Paris et ses anciennes colonies et une approche plus européenne des relations de sécurité avec le continent.

C’est ainsi qu’en avril 2010, les troupes françaises stationnées au Sénégal ont été rapatriées. Actuellement, la France compte encore trois bases permanentes en Afrique : Djibouti, Gabon et l’île de la Réunion.

 

Le dispositif « Epervier »

L’opération Epervier avait été déclenchée en 1986, après une offensive des forces armées libyennes qui soutenaient le dirigeant tchadien Goukouni Oueddei, renversé quelques années auparavant par Hissène Habré.

Depuis, les militaires français n’ont plus jamais quitté le pays, gardant notamment une base sur l’aéroport de Ndjamena et une autre sur l’aéroport d’Abéché dans l’Est.
Au Tchad, les militaires français assurent deux missions permanentes : la protection des intérêts français et la sécurité des Français résidant au Tchad.

Conformément à un accord de coopération technique bilatéral, ils apportent également un soutien logistique (ravitaillement, carburant, transport, formation, etc.) aux forces armées tchadiennes ainsi qu’un « appui renseignement ».

 Les forces françaises fournissent également une aide médicale à la population.

 

La France s’interroge sur l’avenir de sa présence militaire au Tchad

Par RFI mercredi 06 juillet 2011

Alors que la France a déjà revu ses accords de défense avec cinq de ses anciennes colonies africaines, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, propose de revoir la coopération militaire avec le Tchad.

Sur le papier, seul un accord d'assistance logistique et de renseignement lie la France et le Tchad. Dans les faits, depuis 1986 et l'opération Epervier, près d'un millier de militaires français sont stationnés en permanence au Tchad. Récemment, en 2006 et en 2008, l'action de l'armée française a été déterminante face aux rebelles qui souhaitaient renverser le pouvoir en place.

Mais lors des cérémonies du cinquantenaire de l'indépendance de l’ancienne colonie, en 2010, le président tchadien Idriss Déby avait remis en cause la présence française : « Epervier ne joue plus son rôle, avait-il déclaré. Si la France veut rester au Tchad, entraîner son armée et utiliser ses avions, il y a un coût à payer. »

Quarante millions d'euros par an

Mardi 5 juillet, Alain Juppé a répondu : « Notre dispositif ne se justifie pas. Nous ne souhaitons pas forcément rester au Tchad dans le format actuel. » L'idée pour la France serait donc de réduire fortement sa présence afin de maintenir uniquement un pôle dédié à la formation.

Pour intervenir dans la zone sahélienne, la France devra peut-être alors se chercher une autre base dans la région. Mais la réduction de ses effectifs en Afrique permettra à l'armée française de faire des économies. Le coût annuel de l'opération Epervier est évalué à quarante millions d'euros.

 

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