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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 18:32

 

 

 

Betina-Begong-Bodoli.jpg

 

Depuis une décennie, à l’occasion du coup d’État qu’il a fomenté le 15 mars 2003 contre le président défunt Ange-Félix Patassé, le général François Bozizé a depuis lors pris les Centrafricains pour des béni-oui-oui.


Rappelons les faits :

 

1-    Lorsque le général rebelle est entré à Bangui, il a promis au peuple centrafricain qu’il est venu « mettre de l’ordre dans la maison » et que, dès que son travail sera fini, il s’en ira. Résultat : contre vents et marées, non seulement il n’a pas respecté sa parole d’officier en se retirant après la période de transition, mais il tente aujourd’hui de s’éterniser au pouvoir en voulant tripatouiller la Constitution ; 


2-    Lorsque son fauteuil a été menacé par les rebelles en 2006 et 2010, il s’est rendu successivement à Libreville et y a signé des accords dits de Libreville avec les rebelles et autres oppositions centrafricaines. Résultat : aucune application des accords sur le terrain. Au contraire, il a profité de ce moment d’accalmie pour affaiblir les Forces Armées Centrafricaines (FACA) et armer sa garde présidentielle ; 

 


3-    Lorsqu’il a accepté de négocier avec l’opposition démocratique et de mettre en place le Code électoral et la Commission Electorale Mixte et Indépendante (CEMI), à deux reprises en 2005 et en 2011, il a vidé ces organes de leurs contenus en les truffant de ses parents et affidés. Résultat : Bozizé lui-même, son épouse, sa copine, ses enfants ont pris d’assaut l’Assemblée Nationale. À elle seule, la famille Bozizé constitue un groupe parlementaire ! 



4-    Enfin, l’objectif de toutes ces manœuvres c’était la modification de la Constitution alors que l’article 108 de celle-ci est explicite et catégorique là-dessus : « Sont expressément exclus de la révision : 



-  la forme républicaine et laïque de l’État ;

-  le nombre et la durée des mandats présidentiels ;

-  les conditions d’éligibilité ; 

-  les incompatibilités aux fonctions de Chef de l’État ;

-  les droits fondamentaux des citoyens ».  

 

Conclusion 

À force de semer des vents sans véritables conséquences, le général Bozizé croyait que l’histoire oubliait ses détracteurs. Aujourd’hui ce sont les vents semés à longueur d’une décennie de tyrannie et de mensonges qui se sont enflés et ont décidé de se retourner contre lui pour qu’il les récolte. Même le dialogue qu’il propose aujourd’hui est un leurre. Tout Centrafricain qui a de la mémoire sait que le général Bozizé n’appliquera jamais ses résultats. Il n’a jamais respecté sa parole et ne la respectera jamais. Les généraux Amadou Toumani Touré et Pierre Buyoya, qui ont servi par le passé de médiateurs dans les conflits centrafricains, et même le célèbre musicien ivoirien Tiken Jah Fakoly sont bien placés pour témoigner de ce que nous affirmons. 

    

Aujourd’hui, l’urgence est de chercher une voie de sortie honorable à notre général. Il n’a pas à dire qu’il ne se présenterait pas aux élections de 2016 et considérer cela comme une concession : NON ! Ce n’est pas une concession de sa part car la Constitution ne l’y autorise pas. Il n’a pas à constituer un gouvernement d’union nationale : NON PLUS ! Il veut gagner du temps, armer ses sbires, et rouler une fois de plus le peuple centrafricain dans la boue. Le peuple est meurtri ; il a trop souffert.



Permettre à Bozizé de terminer un pseudo-mandat, pour une élection qu’il a truquée, serait provoquer une inaction à la tête de l’État et empirer la souffrance du peuple. Car, en réalité, le général Bozizé n’a jamais gagné aucune élection en Centrafrique. C’est ça la vérité ! 

L’unique option, si l’on veut que la RCA renoue avec la démocratie qu’il a interrompue en 2003, est que Bozizé emprunte une voie de sortie honorable.



Que l’on mette en place un Haut Conseil de la République à la tête duquel on désignera un président ;

que l’on nomme un premier ministre qui aura effectivement les prérogatives de chef de Gouvernement ;

et, enfin, que l’on compose un gouvernement qui sera l’émanation de toutes les sensibilités, y compris les partisans du général Bozizé.



Toute autre solution incluant le général Bozizé en personne sera vouée à l’échec et entraînera ipso-facto un piétinement au niveau de l’Exécutif et, partant, une aggravation des souffrances du peuple. 

 

31 décembre 2012


Pr. Bégong-Bodoli Betina


Maître de Conférences, Université Gaston Berger


Saint-Louis,( Sénégal)

  

En effet, le général Bozizé est un récidiviste. C’est un homme qui a prouvé aux yeux des Centrafricains, de l’Afrique et du monde entier, que non seulement il n’a pas de parole d’honneur, mais, en plus, ne croit en rien : sa seule religion est le POUVOIR. (par la violence.... rajoute Juliette)

 

 

PS./DERNIERE MINUTE : 

 

Voici le message que nous venons de recevoir d’un Centrafricain résidant à Bangui qui vient de nous contacter, sous couvert de l’anonymat :  

« Bonjour, Nous sommes en train de vivre un génocide pire que ce que nous entendons. À vous de faire vraiment une déclaration relative à cette situation. Sinon ça sera trop tard et essayez de prendre contact avec les leaders politiques. Il y a déjà des négociations et des formules pour une transition. Merci ».

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion