Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 02:25



Francis-Boziz-.jpg


Toujours plus. Rien ne peut empêcher Bozizé et son clan dans la réalisation de leurs rêves et projets les plus fous. S’il y a une chose dont Bozizé n’a jamais fait mystère, c’est son intention de voir un jour son fils Jean Francis lui succéder sur le trône après qu’il en serait parti, sait-t-on quand ni comment ! Il a donc entrepris avec la collaboration du même rejeton qu’il a opportunément placé à la tête du ministère de défense pour les besoins de la cause, de restructurer l’armée centrafricaine pour que le moment venu, ce dernier qu’il aura évidemment nommé entre temps général, puisse en prendre logiquement le commandement et la boucle sera bouclée. Ce schéma semble être son rêve le plus cher qu’il aimerait réaliser avant de lâcher prise.Ainsi se perpétuera la dynastie des Bozizé. Les Centrafricains les laisseront-t-ils le faire ? 

 C’est une des raisons qui explique les charrettes de départ à la retraite enregistrés ces temps derniers au sein des Faca. Personne n’est épargné. La plupart des officiers, officiers supérieurs et même des officiers généraux. Si quelques uns parmi eux sont ravis de prendre leur retraite de l’armée, cela ne va pas sans certains grincements de dents chez d’autres. Un colonel confiait il n’y a pas longtemps sous couvert d’anonymat à Centrafrique-Presse, qu’il s’agissait d’une injustice inadmissible qu’il soit mis sur la liste de ceux qui doivent aller à la retraite alors que Bozizé vient de donner illégalement et indûment le grade de colonel à son fils.

Un autre colonel des Faca qui a également requis l’anonymat nous a aussi fait part de son écœurement. Pour lui, il n’y a rien d’aussi révoltant qu’un certain Bozizé, sorti pourtant dernier de sa promotion de l’Ecole spéciale de formation des officiers d’active (ESFOA) - qui a obtenu presque tous ses galons pendant le règne Bokassa  par la délation et la trahison de ses frères d’armes, devenu général grâce aux foucades de l’ex empereur - puisse se retrouver aujourd’hui là où il est et disposer du sort de ceux de ses promotionnaires plus méritants que lui.  

 Il ne s’agit là que de l’expression des états d’âme de quelques officiers mécontents. Cependant, ce sont autant d’indices du véritable et gros malaise qui traverse ce que l’on peut appeler armée nationale centrafricaine Faca qui continue de souffrir de tous les maux que Bozizé lui a inoculés depuis que l’ex président Patassé l’avait désigné à sa tête. L’armée centrafricaine n’existe en effet aujourd’hui que de nom. Elle est politisée à outrance et la plupart de ses chefs hiérarchiques sont corrompus et s’adonnent au vu et su de tout le monde à des activités mercantiles. Les avancements et octrois de galons s’y font sur des critères arbitraires fantaisistes, non conformes aux standards internationaux des armées mais essentiellement fondés sur l’ethnie.

La promotion au grade de colonel de Jean Francis Bozizé en est la parfaite illustration. S’il est vrai que ce rejeton a effectué son service militaire en France il y a quelques années, il est inconnu au bataillon, c’est le cas de le dire, dans l’armée centrafricaine où il n’a aucun numéro matricule sauf si maintenant il s’en fabrique un. Il prend un certain plaisir à signer « colonel » au bas des divers communiqués et autres déclarations qu’il publie de temps à autre en tant que ministre délégué à la défense. Tout cela est bien triste et pathétique.

  La traduction de cette désastreuse situation et de tous ces errements est malheureusement que l’armée centrafricaine est à présent incapable d’assurer la défense du territoire national. La RCA est comme littéralement « dépecée » par des armées étrangères. Entre les troupes tchadiennes de Déby à qui Bozizé a accordé, selon certaines informations crédibles, le droit de pénétrer à 100 km à l’intérieur du territoire centrafricain et l’armée ougandaise qui stationne et intervient massivement depuis plus d’un an maintenant au Sud Est du pays pour en théorie traquer les bandits rebelles de Joseph Kony, on ne peut que légitimement se s'interroger sur le rôle et la place des Faca dans le pays si on doit encore soustraire l’étendue des zones sous contrôle des rébellions intérieures ou étrangères.  

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Nation