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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 17:35

 

 

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Ayant tenté pendant 18 mois une expérience de réinsertion au pays natal, j’ai choisi la sincérité plutôt la langue de bois  pour partager avec mes compatriotes centrafricaétindjiins  où qu’ils soient, mon constat personnel afin qu’ensemble nous prenions conscience de nos propres échecs et prendre en main le destin de notre peuple.

Né à la veille des indépendances africaines, je peux me permettre d’avouer  que dans ma jeunesse,

je n’ai pas vécu les conditions d’existence  des milliers de Centrafricaines et centrafricains aujourd’hui, pris dans l’engrenage de la misère et de la désespérance.

La République Centrafricaine s’est vraiment laissée entrainer depuis des décennies dans une logique d’autodestruction dans tous les domaines. La division qui s’est glissée dans le tissu social national exige une mobilisation de tous les fils et filles du pays pour sortir de cette situation.

La diaspora centrafricaine quoi qu’on dise, qui est désormais incontournable doit se montrer plus responsable  et plus active pour constituer une force avec laquelle le pays peut compter afin de renaître de ses cendres.

Le constat de l’état de notre pays  est révélateur des crises à répétition. Nous Centrafricains, n’arrivons pas à nous accrocher du train de développement. Est-ce notre culture qui est incompatible avec le développement  ou notre incapacité à nous adapter au changement ?

En effet, le vrai problème de notre pays est probablement d’ordre économique. Certes, il n’est pas ici question de méconnaître le rôle principal de la politique  qui constitue l’organe de direction du pays mais, l’économie reste inéluctablement la machine  de guerre contre le sous développement.

Or, les centrafricains n’ont pas le contrôle  de leur économie qui a toujours été  l’apanage des étrangers.

La République Centrafricaine  est un pays où l’Etat constitue le plus grand employeur. Et un pays où l’Etat est le plus grand employeur ne peut que cultiver la misère. En Centrafrique, il y a peu d’entreprises centrafricaines qui créent la richesse. Les quelques initiatives économiques sont étouffées par les tracasseries de toutes sortes. Il n’y a sur le terrain  aucun impact de politique sociale souvent décriée à coup de discours politique à la radio nationale et dans les séminaires à répétition.

Cependant , tout près de chez nous , le Cameroun par exemple , s’octroie  et d’ailleurs à raison , le leadership économique  sous-régional  parce que , dans ce pays le secteur privé est non seulement important mais aussi , les capitaux nationaux ne sont pas négligeables .Des Camerounais de souche , avec des capitaux  nationaux contrôlent très bien les rouages de l’économie de leur pays(banques, le commerce ,les prestations de service, les PME/PMI ,les BTP etc.…).Cette situation constitue une base  solide pour un meilleur partenariat avec l’extérieur.

La fameuse phrase de l’ex Président Américain Bill Clinton prononcé à Nairobi lors de sa visite  d’Etat au Kenya  en 1999(Trade not Aid) est une philosophie  qui tend aujourd’hui à devenir universelle. Mais elle ne peut être appliquée en République Centrafricaine que si les partenaires locaux sont eux même crédibles.

L’idée de continuer à jouer le rôle de vache à lait pour les pays du Sud ne semble plus trouver d’enthousiasme dans l’esprit des pays du Nord qui sont eux même confrontés à la crise financière.

Lorsqu’une personne physique ou morale va vers une institution financière quelconque pour négocier le financement d’un projet, le sérieux et le crédit de cette personne ne transparaissent qu’à travers ce qu’il met déjà dans le panier avant la recherche dudit financement.

Le Centrafricain en tant que personne physique ou personne morale  ne peut être considéré comme un partenaire crédible  parce qu’il va toujours vers ses partenaires les mains vides .Il n’est assimilé ni plus ni moins qu’à un mendiant. C’est d’ailleurs la cause réelle de nos problèmes au niveau national. Nous devrons désormais nous investir pour corriger cette faiblesse en nous impliquant concrètement dans le système économique de notre pays.

L’union fait la force dit-on. Ce que je n’ai pas réussi à faire tout seul, à plusieurs, nous devrons pouvoir y parvenir.

Certainement, bien de gens parmi nous ont déjà essuyé la triste expérience des entreprises  de transport comme nous avons l’habitude de faire. Envoyer  au pays un ou deux véhicules d’occasion pour être exploité comme taxi  ou mini bus sous la responsabilité d’un parent quelconque  est une entreprise vouée d’office à l’échec. Cette situation est due à notre mentalité et de nos tares  en matière d’application  des règles élémentaires du commerce .Mais si plusieurs individus réunissent leurs efforts  pour faire la même chose, en y mettant la méthode et la forme  c’est-à-dire :

un statut, un plan comptable, un petit conseil d’administration, cette entreprise  à de meilleures chances de tenir la route. C’est pour cette raison que nous devrons commencer à repenser notre manière de pratiquer le commerce .Un vieux dicton stipule que : « ce sont les ruisseaux qui font les rivières  et, celles-ci les fleuves à leurs tours », le peu que chacun de nous  mettra dans le panier, peut constituer la cagnotte qui sera notre trésor qui peut nous permettre de mieux ficeler  des projets qui serviront de base de discussion avec d’éventuels partenaires.

Les pays riches disent pouvoir aider les pays pauvres à sortir de la misère, du moins c’est ce qu’ils annoncent publiquement .Mais d’autre part, ils se méfient des filières gouvernementales qui les ont souvent déçu par la manière avec laquelle les fonds mis à leur s dispositions ont été dilapidés.

 Pour contourner le problème, ils ont encouragé les ONG de leurs pays à aller œuvrer dans les pays du sud avec les résultats que nous connaissons bien  et qui ne sont pas toujours ceux escomptés. Confrontés aujourd’hui aux épineux problèmes du chômage  et de l’émigration, ils sont plus que jamais déterminés à trouver des solutions fiables, c'est-à-dire celles qui puissent fixer les populations dans leurs propres pays .Ils attendent sûrement des initiatives nationales  avec des suggestions matures pour les déterminer à agir. Une organisation comme celle que beaucoup souhaitent de leurs vœux, peut être un répondant idéale et un partenaire potentiel pour peu que nous puissions initier des projets bancables .Des projets ambitieux comme certains qui sont inscrits dans le chapitre investissements générateurs de richesses qui sont susceptibles de créer de l’emploi au niveau local, peut trouver une oreille attentive.

Alors Chers compatriotes de la Diaspora et ceux restés au pays, levons –nous et réapprenons à construire entre nous une culture de confiance  pour que la rencontre sur le terrain du progrès soit sereine et féconde .Le développement est compromis dans une société où il n’est pas possible de communiquer librement. Qu’on se jette à l’eau, nous n’allons pas forcement nous noyer car il s’agit d’une espérance collective.           

                                                                                  Jean-Pierre BETINDJI

                                                                       Théologien-Philosophe- Agriculteur

                                         e.mail :betindji@gmail.com

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