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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 00:00

 

 

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APPEL AU PEUPLE CENTRAFRICAIN

ET A LA POPULATION DE BANGUI

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Dans quelques semaines, sauf imprévu, tu seras appelé à choisir par la voie des urnes tes représentants à l’Assemblée Nationale et un Président de la République.

Pour te permettre d’exercer tes droits civiques et procéder à ces choix, certaines conditions doivent être nécessairement réunies, sinon tu ne seras pas libre lors de ces opérations électorales. Mais quel constat peut-on faire aujourd’hui en attendant ces élections ?

 

Au plan sécuritaire, des régions entières de notre pays sont occupées par des rébellions nationales et étrangères. Il s’agit des préfectures de l’Ouham-Péndé, de l’Ouham, de la Nana Gribizi, de la Bamingui Bangoran, de la Vakaga et du Haut Mbomou. Dans certaines d’entre elles, tes Forces Armées (FACA) se battent encore contre ces rébellions. Ces batailles ont pour conséquences d’une part de faire rapatrier à Bangui, les dépouilles de tes soldats tombés au combat et d’autre part d’envoyer tes compatriotes de ces régions chercher, paradoxalement, la sécurité en brousse. Dans certaines autres où on s’était battu il y a encore quelques années ou quelques mois encore, beaucoup de tes compatriotes se sont également enfuis en brousse où ils vivent encore aujourd’hui à l’état sauvage. Rapportée à Bangui, cette sordide réalité ne semble non seulement émouvoir personne, mais surtout apparaît comme un gros mensonge des opposants habitués à ce genre de plaisanterie.

 

Ces régions et les axes routiers qui y conduisent sont mis en coupe réglée entre la Garde Présidentielle et ces rébellions. Le mouvement des biens, des marchandises et des personnes s’y fait moyennant un racket systématique. Le sentiment dominant dans ces régions est la PEUR !

 

Il n’est pas rare de voir que les candidats à ces élections sont empêchés de circuler dans leur circonscription. D’autres candidats, pour accéder à leur circonscription, sont obligés de la contourner et d’y accéder en passant par un pays étranger ou bien à se cacher dans leurs mouvements.

 

Quelles sont donc ces élections où les candidats et tes compatriotes, sur toute l’étendue de ton pays, ne sont pas mis sur le même pied d’égalité ? Quelles sont donc ces élections où les régions font l’objet d’un traitement discriminatoire ? Peut-on t’assurer que tous les Centrafricains voteront le même jour et dans les mêmes conditions ? A quelles fins une telle préparation est-elle entreprise ?

 

Au plan institutionnel, l’Assemblée Nationale qui aurait pu jouer un rôle de premier plan dans la recherche des solutions à tous les problèmes de ton pays est confinée, par la volonté de son Président, dans un rôle caractérisé par la passivité et la démission, laissant le pays s’empêtrer dans des problèmes peut-être simples, mais dont le pourrissement les fait apparaître comme insolubles.

 

Je n’ai pas accepté cette situation car elle me paraissait tout à la fois incompréhensible et inadmissible, ce qui a justifié la série de publications auxquelles j’ai procédé il y a déjà quelques mois. Cela n’a pas plu à certains, mais beaucoup ont apprécié ces publications qui ont eu le mérite d’éclairer mes compatriotes sur des pratiques qu’on leur a toujours cachées. Depuis lors, les mêmes tares se sont poursuivies, surtout en matière d’embauche des parents et de gestion des fonds. La fréquence de mes publications et la dureté de leurs propos étaient telles que le Président de l’Assemblée Nationale s’était interrogé de savoir ce qu’il m’a fait pour mériter un tel affront. Mais il se résoudra à conclure que ce n’était rien de plus qu’une manifestation de la jalousie de ma part. Rien de moins que ça ! Grosse méprise car mes préoccupations trouvent leur justification dans la souffrance d’autant d’âmes qu’on maintient volontairement dans cet état.

 

Aussi, c’est pour te permettre de comprendre ces problèmes et bien d’autres encore, à travers les débats radiodiffusés, que j’ai demandé en date du 22 novembre 2010, l’interpellation du Ministre Délégué à la Défense pour t’éclairer sur l’avancement du DDR, de celui de l’Energie pour te parler de la situation du courant électrique dont la fourniture aux quartiers de Bangui se fait de façon sélective et discriminatoire, de celui de la Santé pour t’édifier sur la situation des hôpitaux de Bangui devenus des centres commerciaux et des mouroirs et enfin de celui de l’Equipement pour nous situer sur l’état très préoccupant des rues et ponts de la capitale qui se sont presque tous effondrés.

 

Alors que l’Assemblée Nationale est en session ordinaire depuis le 1er octobre 2010 et ce, jusqu’au 30 décembre 2010, seuls cinq (05) projets de loi dont des traités ont été votés à ce jour. En dépit de cette oisiveté manifeste des élus, le Président de ton Assemblée Nationale a refusé de faire déférer ces membres du Gouvernement devant les Députés pour te donner les informations que tu es en droit de recevoir d’eux. C’est de cette manière que ton Assemblée Nationale a été dirigée pendant cinq (05) années. Tu comprends donc pourquoi ton pays se vautre encore aujourd’hui dans des problèmes auxquels on aurait bien pu trouver des solutions. Quel est ce problème au monde qui ne trouve pas de solution ? Ton pays, notre pays est-il à ce point damné parmi autant d’autres pays du monde ? Qu’avons-nous fait de si particulier au ciel pour mériter un tel traitement ?

 

Les principaux défis auxquels notre pays est principalement confronté est d’abord et surtout celui des hommes. C’est se méprendre que de se focaliser sur autre chose.

 

Peuple de Dieu, Peuple béni, nous gardons l’espoir d’un avenir meilleur car toi et moi, sommes convaincus de n’avoir rien fait de particulièrement grave pour être ainsi mis, pour l’éternité, au ban des nations modernes. De ce point de vue, considérons que tout ce qui t’arrive, tout ce qui nous arrive n’est que passager et prendra fin un jour. Je l’espère, tu l’espères, très bientôt.

 

 

Christophe NDOUBA

Député MLPC de PAOUA II

 

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