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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 01:07


Antonio Guterres HCR2[1]

 

Par CHRISTIAN.TCHAPMI | Lundi 8 mars 2010 | Le Messager

Vous venez d’achever en terre camerounaise votre visite qui a été principalement marquée par l’escale dans les sites accueillant les réfugiés dans la région de l’Est du pays. Que peut-on retenir de ce périple ?

Avant toutes choses, je tiens à exprimer ma gratitude face à la politique très généreuse et très hospitalière mise sur pied par le Cameroun pour accueillir ces milliers de réfugiés qui sont venus chercher la protection en terre camerounaise. J’en ai fais moi-même le constat et je pense que le Cameroun est une seconde patrie pour ces réfugiés. Deuxièmement, je rends hommage à l’hospitalité de l’Etat camerounais qui continue de mettre à la disposition de ces étrangers tout ce dont ils ont besoin pour se sentir en sécurité dans ce pays. Ce qui, évidemment, rentre dans le cadre de la promotion des programmes de protection et d’assistance que développent déjà depuis plusieurs années, le HCR au Cameroun.Au cours de cette visite qui s’achève, j’ai rencontré les réfugiés installés dans le site de Boulembé dans la région de l’Est, j’ai touché du doigt le quotidien de ces centaines de réfugiés qui sont pour la plupart des réfugiés centrafricains. J’ai également discuté avec les autorités gouvernementales du Cameroun (Philémon Yang, Premier ministre, chef du gouvernement, Marafa Amidou Yaya, ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, André Eyebe Ayissi, ministre des Relations extérieures et Adolphe Lele Lafrique Tchoffo Deben, gouverneur de la région de l’Est, et bien sûr Paul Biya, le chef de l’Etat, qui l’a reçu en audience, Ndlr) sur les défis à relever et des actions à prendre dans le cadre du renforcement de l’aide et de l’assistance à ces réfugiés.

Parlant justement d’autorités, vous revenez du Palais de l’Unité où vous avez été reçu par la plus haute autorité du pays, le président Paul Biya. Peut-on savoir ce qui ressort de ce tête à tête ?

Je vais d’abord avouer que j’en ressors très ému parce que le président de la République nous a confirmé l’ouverture du Cameroun et de sa volonté à renforcer l’hospitalité de ce pays à l’endroit des réfugiés. Ce qui est à mon sens une contribution très réconfortante dans le processus d’accueil de ces réfugiés. Mais le point le plus important de cet échange avec le président de la République, c’est l’engagement humanitaire de l’Etat camerounais à toujours accueillir les réfugiés en terre camerounaise, mais aussi sa volonté à maintenir la paix et la stabilité dans les régions où sont installés ces réfugiés.

Lorsqu’on sait que le Cameroun à lui seul offre l’hospitalité à environ 8.000 réfugiés, on se demande bien si l’Etat sera toujours à la hauteur pour répondre aux sollicitations de ce nombre pléthorique, mieux, si le HCR parvient à couvrir leurs besoins…

Je dois tout d’abord reconnaître que les défis à relever par le HCR au Cameroun sont nombreux. Nous en sommes conscients rassurez-vous. Ce d’autant plus que chaque année, le pays accueille un nombre considérable de réfugiés. Tenez par exemple, le budget du Hcr en 2008 s’élevait à 13,2 millions de dollars (environ 5 milliards FCfa). Ce qui au regard de l’augmentation sans cesse croissante du nombre de réfugiés devient insuffisant, vu que la demande devient de plus en plus forte. C’est donc pour moi l’occasion de lancer un appel à la communauté internationale pour qu’elle nous vienne en aide. Qu’elle essaye de répondre aux besoins des réfugiés centrafricains en matière de santé, d’éducation, d’eau. Ce qui pour ma part est même un devoir vis-à-vis de ces réfugiés.

La situation politique en République centrafricaine et marquée aujourd’hui par une insécurité et une instabilité notoires. D’où ce perpétuel mouvement migratoire des réfugiés vers le Cameroun et vers d’autres pays voisins. En tant que Haut commissaire des Nations-Unies pour les réfugiés, qu’entendez-vous faire pour remédier à cela ?

La situation qui prévaut en Centrafrique ces moments représente une tragédie pour l’Afrique et même pour le monde entier. Car l’instabilité et l’insécurité qui y règnent ont des répercussions sur tout le continent. Des milliers de réfugiés ont fui des rebelles qui attaquent leurs villages, volent leur bétail et kidnappent leurs femmes ainsi que leurs enfants. Nombre d’entre eux ont subi de multiples traumatismes et ils ont perdu des proches. Ils ont également perdu leurs bétails et leur mode de vie traditionnel, devenant entièrement dépendants de l’aide humanitaire en tant que réfugiés. Personne n’a hélas levé le doigt pour arrêter cette souffrance. Je pense qu’il faut aujourd’hui tirer la sonnette d’alarme. Mais il faut avouer en toute sincérité que ce cri d’alarme était déjà nécessaire il y a longtemps. Car cette indifférence vis-à-vis de la Centrafrique dure il y a trop longtemps et que comme on dit dans mon pays « il vaut mieux cesser l’alarme tard que jamais ». C’est donc pour le HCR un devoir de répondre aux besoins de ces populations sinistrés, de les assister et de les prendre en charge. Je pense qu’avec l’aide du gouvernement camerounais, de la communauté internationale ainsi de nos agences des Nations-Unies, nous y arriverons.

Aujourd’hui, le Cameroun va se joindre à la communauté internationale pour célébrer la journée internationale de la Femme. On imagine bien que dans les différents sites que vous avez visités, il y a parmi ces réfugiés des femmes. Qu’a concrètement prévu le HCR pour ces femmes en cette journée qui leur est consacrée ?

Je suis au courant de la célébration de cette journée et je puis vous rassurer que les femmes réfugiées ne seront pas mises en marge. Pour cette année, 250 femmes qui vont représenter les différentes communautés de réfugiés installés en terre camerounaise vont effectivement prendre part au défilé.

Après le Cameroun, vous êtes attendu à Bangui, la capitale centrafricaine. Peut-on savoir ce que prévoit votre feuille de route dans ce pays ?

Tout comme je l’ai fait au Cameroun, je vais tout d’abord rencontrer les autorités du gouvernement centrafricain pour discuter avec eux sur les défis à relever et des actions à prendre dans le cadre de l’aide et de l’assistance aux réfugiés.

 

Source : http://www.lemessager.net/2010/03/antonio-guterres-«-c’est-un-devoir-pour-le-hcr-de-repondre-aux-besoins-des-refugies-»/

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