Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 17:50





Par Mahorou KANAZOE  (Le Pays 12/11/2009)

 
A 72 ans, Ange-Félix Patassé s’estime toujours assez fort pour aller à la conquête du fauteuil présidentiel centrafricain. Il devrait toutefois retrousser les manches car la tâche sera des plus ardues. Le président François Bozizé, qui est solidement assis sur l’objet de toutes les convoitises, n’entend pour rien au monde le céder à un "jeune" comme Martin Ziguélé, encore moins à un vieux leader sur le retour.


Certes, l’annonce de la candidature de Patassé peut avoir le don de mettre du piment dans la sauce électorale centrafricaine. Elle peut débrider les passions et rehausser le niveau des enjeux. Mais est-ce vraiment raisonnable pour Patassé de revêtir sa tunique de candidat et de se jeter dans la mêlée politique de son pays ? On peut comprendre sa frustration, d’avoir été évincé par un putschiste et sa soif de revanche. Il aurait cependant été plus sage - son exil ne lui semble pas avoir porté conseil - de se tenir en dehors des joutes partisanes et des clivages politiques pour incarner la stature d’un ancien président à l’écoute de tous les Centrafricains.

Ce qui veut dire une neutralité totale vis-à-vis des chapelles politiques, une reconversion qui ferait de lui un recours moral. Mais l’envie du pouvoir est bien plus forte. Et à moins d’un bluff, Patassé est dans les starting-blocks, à ses risques et périls. Le danger de sortir de cette présidentielle avec un honneur totalement perdu, est grand pour Patassé. S’il réalise un score minable, tout en favorisant la défaite de son ancienne famille politique dont le porte-flambeau est Martin Ziguélé, il pourrait dire adieu à une retraite politique digne.


Sauf, si, comme le suspectent certains, il a contracté un accord secret avec Bozizé, pour faire perdre Ziguélé. En ce cas, un poste honorifique au sein des institutions de la République lui sera taillé sur mesure, pour le remercier de ses hauts faits d’armes. Mais un tel poste peut-il enlever de la tête des militants du Mouvement de libération du peuple centrafricain, le parti qu’il a créé, ce sentiment de trahison et de forfaiture ? Ange-Félix Patassé, quelles que soient ses intentions, met en péril la réputation qui lui reste, avec cette candidature à la présidentielle. Si ses anciens compagnons de route peuvent se poser des questions sur cette option périlleuse, il n’en est pas de même pour le président en exercice et grand favori à la prochaine présidentielle. L’intrusion de Patassé a le don de fragiliser l’opposition et donc, de lui ouvrir un boulevard encore plus large vers la réélection.


L’ex-président Patassé a raison de vouloir à nouveau faire le grand saut dans la bataille politique. La géopolitique africaine l’y encourage, puisque l’âge, sur le continent, ne semble pas être un facteur limitant pour la conquête et la gestion du pouvoir d’Etat.


"Retraite, connais pas !" Tel pourrait être le slogan des Wade, Mugabe, Ben Ali et autre Moubarak qui se prennent pour d’éternels jeunes. Pourquoi alors denier ce droit à Patassé de rêver d’entrer dans le cercle des présidents septuagénaires et octogénaires ? A 72 ans, il se croit suffisamment solide pour se jeter dans la jungle politique centrafricaine ? Mal pourrait lui en prendre.



© Copyright Le Pays

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Politique