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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 02:02




 

Source: Office des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires - Integrated Regional Information Networks (IRIN)


BANGUI, le 4 Décembre 2009 (IRIN) - L'ONU a averti que le récent enlèvement de deux travailleurs humanitaires dans la ville du nord de Birao en République centrafricaine aura un impact très préjudiciable sur les activités humanitaires dans la lointaine région pauvre de la Vakaga.

Dans une interview accordée à IRIN à Bangui, le Chef du Bureau d'OCHA en République centrafricaine (RCA), Jean-Sébastien Munie, a déclaré que les ONG ont un rôle crucial à jouer pour maintenir la population dans le nord-est, notamment en termes d'aider les programmes de relèvement rapide en répondant aux besoins de centaines de personnes déplacées.

«Notre présence est beaucoup plus que symbolique", a souligné Munie. "Elle est fortement réclamée par la population elle-même." Mais Munie a également averti que les problèmes de sécurité doivent être pris au sérieux. "Il y a une sorte de traumatisme parmi la communauté humanitaire, lorsque vous voyez vos collègues disparaître comme cela."

Les deux travailleurs humanitaires qui travaillent pour l'organisation française Triangle ont été enlevés un dimanche soir par un groupe d’assaillants qui sont également partis avec trois voitures de l’ONG et une moto. Un troisième otage travaillant pour l'ONG Comité d'Aide Médicale (CAM) a été remis en liberté après une discussion interne entre les ravisseurs.

Des sources diplomatiques à Bangui ont mis en garde contre les rumeurs et les spéculations concernant les enlèvements, en soulignant que peu de détails ont clairement émergé de l'endroit où ou l'identité des personnes enlevées de la partie de pillage Birao. Selon les médias du Soudan et sur la base des contacts téléphonique par satellite avec ceux qui prétendent être responsables des enlèvements, les revendications  des "Aigles de la Libération de l'Afrique", un groupe inconnu jusqu’ici, visent le gouvernement français.

The Eagles ont fait un début remarqué en avril 2009 quand ils ont enlevé deux travailleuses humanitaires, des ressortissants français et canadiens travaillant pour l'ONG française Aide Médicale Internationale, à El Fursan el dans l'est du Tchad. Les deux femmes ont été libérées après 25 jours de captivité. The Eagles ont nié avoir demandé une rançon. Leur objectif déclaré était à l'époque de faire pression sur la France pour qu’elle prenne des mesures plus énergiques en justice contre l'organisation française Arche de Zoé, accusée d'avoir tenté d'organiser l'enlèvement de dizaines d'enfants du Tchad en Octobre 2007. The Eagles ont dit qu'ils détenaient aussi Laurent Maurice, un agronome du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), enlevé le 9 Novembre dans l'est du Tchad. Le CICR affirme qu'il a eu des contacts téléphoniques réguliers avec Maurice, mais n'est pas clair sur les demandes de ses ravisseurs. L'enlèvement de Maurice conduit à une suspension d'activité du CICR au Tchad oriental.

Un chef rebelle opérant dans le nord a rejeté les demandes des aigles. «Il s'agit d'une organisation fictive", a-t-il déclaré à IRIN. «On parle des opportunistes et des bandits, des gens sans principes, pas un mouvement d'aucune sorte."

Un diplomate de haut rang qui a suivi les événements à partir de Bangui a également exprimé son scepticisme. «On ne sait pas à ce stade si la participation signalée des Eagles est un élément crédible de l'histoire ou pas", a-t-il déclaré à IRIN. "Il pourrait être possible. Il ne serait pas possible. Il est beaucoup trop tôt pour le dire."

Tempête après le calme

La région de la Vakaga se trouve à plus de 1000 km au Nord-Est de Bangui et est très peu peuplé. Birao est la capitale provinciale et accueille un contingent de troupes, principalement des ressortissants togolais, de la Mission de l'ONU en Centrafrique et au Tchad (MINURCAT). Les responsables des secours ont exprimé leur étonnement face à «  l'inertie » de la réponse de la MINURCAT par rapport à l’attaque de la ville de Birao, avec des soldats qui arrivent  longtemps après que l'alerte ait été donnée et que les véhicules soient partis.

Les événements du 22 Novembre interviennent après une période de calme relatif dans la région. De vieilles tensions entre les communautés Gula et Kara et ayant conduit à de graves flambées de violence en Juin, forçant des centaines de villageois à fuir leurs foyers. Les rebelles de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), qui ont un fort soutien au sein de la communauté Gula, ont travaillé avec les Forces armées centrafricaines (FACA) en aidant à stabiliser la région et les dirigeants des deux groupes ethniques ont été impliqués dans des tentatives de médiation. Les enlèvements ne sont pas liés au conflit Gula-Kara.

Les activités humanitaires au cours des derniers mois ont mis l'accent sur l'obtention par la population essentiellement rurale de nouveau aux champs après de graves perturbations de la production agricole après les événements de Juin. Triangle, CAM et l'International Medical Corps (IMC) ont suspendu leurs activités à Birao.

Munie a dit que les collectivités locales souffrent des conséquences de cette suspension. «Quand vous voyez un événement dans une ville comme ça quand les gens pensent qu'ils sont protégés, cela met beaucoup de questions sur la table", a dit Munie à IRIN.

Les opérations de secours ont également été perturbées dans Ndélé, capitale provinciale de Bamingui-Bangoran, qui jouxte Vakaga. Comme dans Birao, il y a une présence importante des ONG dans Ndélé, avec les organismes français Solidarités et AMI parmi ceux qui fournissent une aide médicale. Les combats entre les FACA et les forces de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) le 26 Novembre ont fait perdre le contrôle de la ville par le gouvernement. De nombreux habitants qui ont fui les affrontements seraient encore dans la brousse.

Le CPJP n’a pas encore signé l'Accord de paix global (APG) signé par d'autres mouvements rebelles et le gouvernement. Le mouvement de 300 soldats ne fait pas partie du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), programme entrepris par d'autres factions. Le CPJP formée en Décembre 2008, est un groupe dissident de l'UFDR.

Craintes de violence

Son chef Charles Massi, est un ancien ministre et candidat à la présidentielle. Massi a été arrêté au début de l'année par les autorités tchadiennes alors qu’il était soi-disant en mission au Tchad pour assurer la médiation du président Idriss Déby entre le CPJP et le gouvernement centrafricain de François Bozizé. La localisation de Massi n’est pas connue. La plate-forme CPJP n'est pas claire, mais Massi et ses supporters ont protesté contre les changements dans la législation du diamant en RCA, en faisant valoir que la répression de collecteurs de diamants et les tentatives de réglementer le secteur ont pénalisé les artisans miniers. Le CPJP aurait un grand soutien au sein de la communauté Runga et c'est la partie de la population Runga de Ndélé qui a été plus lente à regagner à la ville.

Les autres chefs rebelles rejettent le leadership de Massi sur la CPJP comme une imposture, ce qui suggère qu'il instrumentalise le mouvement comme un simple outil de négociation avec Bozizé et que les commandants sur le terrain de la CPJP fonctionnent de manière autonome.

Les enlèvements à Birao et la bataille de Ndélé ne semblent pas être liés, mais ils ont déclenché des avertissements qu'il pourrait y avoir un nouveau cycle de violence, maintenant que la saison des pluies en Centrafrique est terminée.

«Pendant la saison sèche, il y a plus d'opportunités pour les bandits, les braconniers, zaraguinas et d'autres groupes d'opérer", a dit Munie à IRIN. Mais tout en décrivant les épisodes de violence comme «préoccupants», a-t-il averti qu'ils ne devraient pas nuire aux progrès tangibles réalisés ailleurs. «Nous avons un processus de paix solide qui continue", a souligné Munie, faisant valoir que les modalités du DDR sont à portée de main et ne doivent pas être éclipsées par les événements dans le nord.

Une sélection de rapports d'IRIN sont publiés sur ReliefWeb. Trouver plus de nouvelles IRIN et d'analyse au http://www.irinnews.org

 

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