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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 21:44


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Un an après le décès de plus en plus suspecté d’assassinat du président de la Ligue centrafricaine de l’homme qui fut le principal témoin des violences survenues en Centrafrique pour lesquelles est inculpé JP Bemba à la CPI, le président Bozizé est pointé dans la disparition de cette pièce maîtresse dans l’affaire.
 

Il y a une année que mourrait Maître Nganatouwa Goungaye Wanfiyo, président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme. C’était le 27 décembre 2008 à la suite d’un accident de voiture. Il enquêtait sur tous les crimes commis à Bangui entre 2002 et 2003.

C’est lui qui, avant Moreno O’Campo, avait réussi à ficeler un dossier béton de témoignages et d’éléments à charge du leader du Mlc. Ce fût sur la base de sa dénonciation et de son action concertée avec les victimes que la Cpi avait décidé d’ouvrir une enquête contre l’ancien vice-président de la Rdc.

Dans le cadre du procès de ce dernier qui s’ouvre au mois d’Avril 2010, cet activiste des droits de l’homme devait constituer un maillon principal, si pas indispensable, dans la chaîne des témoignages contre Bemba.

Mais, Maître Wanfiyo n’enquêtait pas que sur ce dernier. Il réclamait sans cesse le droit à la justice pour toutes les victimes des crimes commis dans le cadre du coup d’Etat du Général Bozizé. A ce propos, l’actuel Chef de l’Etat centrafricain comme son prédécesseur se trouvaient aussi incriminés. Somme toute, les différentes parties au confit traînent dans leur sillage un lourd contentieux de crimes et autres exactions commises à Bangui.

C’est dire que si le président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme n’était pas décédé, Bozizé et Patassé seraient aujourd’hui en grande difficulté avec la Justice internationale. Son décès inattendu aura sans nul doute profité à quelque sournois conspirateur. A preuve ! Un an après sa mort, les circonstances de celle-ci demeurent encore troubles. Elles ne permettent pas non plus d’écarter les probabilités d’un assassinat. Son activisme, son professionnalisme et son courage à dénoncer les violations des droits de l’homme en Rca et à faire appel à la lutte contre l’impunité des auteurs des crimes les plus graves, lui ont attiré beaucoup d’inimitié au pays. Jusqu’aux plus hauts rangs de l’actuel régime.

Il a ainsi été menacé de mort plusieurs fois, arrêté arbitrairement et faisait l’objet d’une surveillance constante des forces de sécurité. Le rapport d’enquête de la police centrafricaine sur sa mort est truffé de contradictions et d’approximations. Aucune autopsie du corps n’a été réalisée malgré la demande de la famille. D’autre part, le principal témoin de l’accident dit ne plus se souvenir des faits et des circonstances. Une procédure judiciaire a dès lors été ouverte contre le chauffeur du camion dans lequel se serait encastrée la voiture de Maître Wanfiyo.

Pour toutes ces raisons qui précèdent et pour bien d’autres, nombreux sont ceux qui restent convaincus que la main noire de Bozizé plane sur « l’accident » de cet activiste des droits de l’homme (Fidh), forte de ses 155 organisations membres, on exige aujourd’hui que toute la lumière soit faite autour de la mort de Maître Wanfiyo. Il faut que les responsabilités soient clairement établies.

Cela est fiévreusement attendu à l’occasion du procès sur la mort de Wanfiyo qui s’ouvre en mars 2010. Si jamais la vérité n’éclatait pas, la Fidh se réserve la possibilité de solliciter l’implication de la justice internationale. Il y va vraiment de l’intérêt de cette dernière si elle tient à son impartialité et à sa crédibilité. Car, au regard des enquêtes et orientations des travaux de maître Wanfiyo sur terrain, il ne fait l’ombre d’aucun doute aujourd’hui que Bemba ne peut payer seul les crimes de Bangui. Tous les acteurs mis en cause doivent le rejoindre à La Haye. Autrement.

Le Palmarès

Source: digitalcongo.net 29/12/2009 12:53:46

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique