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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 23:47

 

 

 

Zuma-et-Kadhafi.jpg

 

 

Radio Netherlands Worldwide 21 Octobre 2011

La mort de l'ex-leader libyen Mouammar Kadhafi, jeudi, a suscité des réactions diverses de part le continent africain. Trois correspondants de Radio Nederland ont recueilli des réactions de la population au Niger, au Tchad et au Zimbabwe.

Réactions au Niger, par Habou Adi, à Niamey:

La Libye et le Niger sont deux pays voisins dont les relations n'ont toujours pas été bonnes en raison des agissements de l'ex-guide, le colonel Kadhafi. Il n'hésitait pas à soutenir les mouvements de rébellion et les tentatives de coup d'état qu'a connus le Niger. Mais sa mort n'y a cependant pas été reçue avec des cris de joie.

Les premières nouvelles sur la mort de Kadhafi sont connues de certains citoyens mais la majorité des nigériens l'ignore. Cependant aucun mouvement de panique ou de réjouissances dans les principales artères de la capitale nigérienne n'est à signaler. Dans l'ensemble les nigériens affirment ne pas croire à la mort de Kadhafi. "Je ne suis pas convaincu de la mort de Kadhafi, je ne crois pas à sa mort, s'exclame l'un des membres. Selon lui, le CNT a par le passé annoncé à trois reprises la capture de l'enfant de Kadhafi avant de se rétracter", selon vieil homme assis avec des amis sur un banc

Pour Aboubacar, vendeur de cigarettes, l'information doit être prise au conditionnel car à plusieurs reprises les responsables du CNT ont annoncé la mort du colonel Kadhafi. Aboubacar s'est empressé d'ajouter que si Kadhafi est mort "C'est une affaire de destin. Son heure a sonné tout simplement." Réagissant à cette nouvelle sur la mort du colonel Kadhafi, un client venu acheter "deux sèches" dit tout simplement "qu'il ne faut pas applaudir suite à la mort d'un musulman."

Pour un autre membre du groupe, la mort du colonel Kadhafi n'est pas bonne pour la Libye : "Les Libyens ne sont pas habitués au travail, ils sont habitués à la facilité, ils ont tout à l'oeil mais aujourd'hui c'est un problème pour eux, il faut qu'ils travaillent. Je crois qu'aujourd'hui la Libye est foutue. On risque d'avoir un 2ème Irak, Prochainement il y aura des Kamikazes en Libye."

Réactions au Tchad, par Maji-Maji Odjitan, à N'djamena:

Pour beaucoup de tchadiens, la mort de Kadhafi est une mauvaise surprise. Kadhafi a entrepris beaucoup de projets au Tchad et il reste un modèle pour les gouvernants tchadiens. La mort du "guide de la révolution libyenne" a surpris plus d'un tchadien.

Certains Tchadiens redoutent que la mort du guide ait des répercussions sur leur pays et sur l'Afrique en général. "Je suis très déçu que les africains ne comprennent pas que la mort du constructeur de l'Afrique est un grand échec pour les projets africains. On l'a tué par ce qu'il veut construire les Etats-Unis d'Afrique et les blancs ne sont pas contents que l'Afrique soit unie", selon un témoignage. D'autres sont d'avis qu'il aurait dû être capturé vivant : "On n'aurait pas du le tuer mais le torturer et l'amener en justice afin qu'il réponde de ses actes."

Mais une autre partie de la population a réagi avec soulagement et espoir : "Si Kadhafi est tué, c'est une source de sécurité pour l'Afrique en général, et les pays limitrophes de la Libye, car tous les troubles dans ces pays voisins prennent leurs sources en Libye. Toutes les rebellions au Tchad sont créées et entretenues par le colonel Kadhafi, donc sa mort est un soulagement".

Les Tchadiens se souviennent l'implication de Kadhafi dans leur propre histoire : "Ce n'est que justice que Dieu a faite aux tchadiens dont les parents ont été tués dans les années '82 et '85 quand le Tchad était en guerre contre la Libye". Un autre ajoute : "Kadhafi tué veut dire plus de rébellion au Tchad. On va enfin vivre en paix et penser au développement de notre pays ". Et enfin, un Tchadien met en garde les autres dirigeants africains : "Cela doit servir de leçons à nos présidents qui, contre vent et marrées, veulent s'accrocher au pouvoir".

Réactions au Zimbabwe, par Nkosana Dlamini, à Harare:

La mort est souvent associée par un traumatisme, puis suivie d'un deuil chez les proches parents du défunt. Mais la violente mort du leader libyen, un allié de longue date du président Robert Mugabe, a provoqué la réaction opposée au sein de la population zimbabwéenne.

L'atmosphère de joie et de soulagement était palpable jeudi au sein des Zimbabwéens, qui se rassemblaient autours des postes de télévision pour voir la nouvelle de la chute de Mouammar Kadhafi. "C'est une leçon pour les dictateurs, que le peuple ne peut pas être oppressé pour toujours. Malheureusement, les dictateurs n'apprennent pas", dit Tendai Muganu, un étudiant de troisième année. "Il n'a que ce qu'il mérite. J'espère que notre propre dictateur voit cela", répond un autre étudiant, faisant évidemment référence à Mugabe, qui s'opposait farouchement au bombardement de la Libye par l'Otan.

Certains Zimbabwéens sont d'avis que Kadhafi aurait dû être capturé vivant, pour qu'il affronte la réalité de son sort. "De voir ses ennemis gouverner la Libye aurait été une punition encore plus grande pour Kadhafi", d'après une réaction sur Facebook écrite par Qhubenaki Ndlela. Les observateurs politiques affirment que la joie et le soulagement exprimés par les Zimbabwéens pour la mort du dictateur libyen est une expression indirecte de leur rancune envers leur propre dirigeant.

Les porte-paroles de Mugabe ont tous refusé de commenter sa mort, déclarant qu'ils devaient d'abord consulter l'avis du dirigeant zimbabwéen sur la chute de Kadhafi. Mais l'ancien ambassadeur du Zimbabwe pour la Chine, Christopher Mutsvanga et avide défendeur de Mugabe, critique les dirigeants occidentaux concernant l'invasion de la Libye. "Kadhafi n'était peut-être pas parfait comme d'autres êtres humains, mais ça ne justifie pas l'invasion d'un pays par des forces étrangères, dont le seul objectif est de piller les ressources libyennes".

 

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