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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 23:01

 

 

BEAC

 

 

Source : www.senego.com

Le gouverneur de la BEAC Monsieur Lucas ABAGA NCHAMA gagne 30 millions de F CFA par mois (sans compter les indemnités) contre 9 millions de F CFA pour celui de la BCEAO, pourquoi ?

La situation à la BEAC est inadmissible et il est temps que la population globale d’Afrique centrale (le Cameroun, la Centrafrique, le Congo Brazzaville, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad) s’y intéresse et au besoin qu’elle se soulève contre cette mafia qui n’a que trop duré.

Voilà une institution qui se dit celle des Etats membres mais dont le mécanisme de fonctionnement semble aller à l’encontre des intérêts des populations.

Selon les premières estimations du Comité de rémunérations crées pour faire l’audit de la boite, pour l’exercice 2009, la BEAC a enregistré un déficit de 29 milliards de FCFA. Au 30 juin 2010, ses pertes étaient évaluées à 31 milliards de FCFA. Sur la foi des observations formulées par les commissaires, six hauts cadres de la BEAC (je dis bien 6) sont rétribués à hauteur de 130 millions de FCFA à eux seuls chaque mois.

Au nom de quelles grilles salariales, un gouverneur de la BEAC gagne 30 millions de FCFA contre 9 millions pour son collègue de la BCEAO ?

Un vice-gouverneur et le secrétaire général de la BEAC ont 20 millions de rémunération chacun, et que les trois directeurs généraux perçoivent 15 millions mensuels chacun alors que le vice-gouverneur de la BCEAO ne perçoit mensuellement que 5 millions de FCFA ?

Qu’est-ce qu’un cadre d’encadrement supérieur de la BEAC fait plus que son collègue de la BCEAO pour percevoir environ 2 millions de FCFA (y compris les salaires du 13ème et 14ème mois) par mois alors que celui de la BCEAO de grade équivalent ne touche que un millions de FCFA ?

Et pourtant, en matière de résultats, on ne peut comparer ces deux institutions, la BCEAO étant nettement devant. Cela se justifie par les innovations récurrentes de cette Banque au profit de la zone de l’UEMOA qui avance alors que la CEMAC et la BEAC sont amorphes, et chancelantes.

Quelqu’un m’aurait laissé entendre qu’aux rencontres communes qui réunissent les deux banques ou les deux unions économiques et monétaires, les représentants de la BEAC ou ceux de la CEMAC observent un silence de cimetière, tant les débats menés par leurs collègues de l’Ouest ont un niveau généralement très élevé. Cela ne signifie pas bien entendu qu’il n’existe pas dans ces institutions d’Afrique centrale des rares compétences de grande qualité.

La BEAC est véritablement une vache laitière au sein desquels ne travaillent que les partisans et les proches des chefs d’Etat des pays membres. Sur les 300 cadres supérieurs que compte la Banque aujourd’hui, moins de 10% y sont par compétence. Les 90% ont été parachutés d’en haut. Les simulacres de test d’entrée à la BEAC sont des parapluies pour masquer les placements des chefs.

Une fois de plus, j’en appelle au sens de vigilance des populations sur les dos desquels toute cette mafia s’opère.

Les scandales financiers à répétition, depuis les détournements au bureau de Paris en passant par des placements hasardeux des fonds sont symptomatiques d’une gestion désastreuse et la solution ne pourra venir que d’un soulèvement général des populations exploitées.

A l’avenir, en cas de non changement, les populations peuvent boycotter tous les produits et services de la BEAC en guise de mécontentement. Cela pourra se faire en deux étapes en commençant par les banques commerciales qui sont les principaux interlocuteurs de cette institution, puis par les populations.

Si d’avance cette solution ne les amène pas à changer, des solutions fortes peuvent être envisagées en paralysant les activités des directions nationales installées dans chaque pays.

Mardi 31 août 2010, le gouverneur de la banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Lucas ABAGA NCHAMA, a signé une décision portant suspension de Justin Grégoire BODEMAN et Ruffin MALIKO, respectivement, directeur des émissions monétaires et de la circulation fiduciaire et directeur de la formation.

L’acte pris par le gouverneur de la BEAC n’indique cependant pas les motifs de la suspension des deux cadres. Il y est simplement indiqué qu’ils sont remis à la disposition de la direction des ressources humaines de la BEAC.

Joint au téléphone, Justin Grégoire BODEMAN n’a pas souhaité s’exprimer sur la question. Plusieurs sources internes à la BEAC ont pourtant confirmé les faits en indiquant également qu’ils ignoraient les raisons de cette suspension. « La décision du gouverneur ne comporte pas le motif de la suspension, ce n’est pas évident de savoir ce qu’ils reprochent à ces deux cadres », a indiqué un cadre de la maison sous anonymat.

Justin Grégoire BODEMAN a cependant indiqué qu’il se trouve en ce moment à Paris en France pour des affaires personnelles. Toutes tentatives pour joindre Rufin MALIKO, le second cadre suspendu jusqu’à ont été veine. Les autres cadres de la BEAC que nous avons réussi à avoir également, n’ont pas souhaité s’exprimer sur la question.

Justin Grégoire BODEMAN et Rufin MALIKO sont de nationalité centrafricaine. Selon nos sources d’informations, le président de la République centrafricaine, François BOZIZÉ, a saisi la direction de la banque et ses pairs de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) le jeudi 2 septembre 2010 par un courrier fax pour indiquer que ces deux cadres étaient bel et bien ceux choisis par son pays pour occuper ces postes au sein de la banque.

Le plan d’action du nouveau gouverneur de la BEAC a du plomb dans l’aile, du fait de déficits cumulés et de difficultés de gouvernance.

Au siège de la BEAC, sis au quartier Elig Essono à Yaoundé, si le patron des lieux continue de crier son désir de redressement et déroule, tant bien que mal, son plan de travail, la tâche qui s’impose à lui chaque jour s’avère davantage comme une mission des plus ardues.

A sa nomination, le 17 janvier 2010, au terme de la conférence des chefs d’Etat de la CEMAC à Bangui, il lui avait été collé la délicate mission de restauration de la rigueur dans la gouvernance de la BEAC. Il s’agissait de refaire l’image d’une vitrine plus que ternie.

Surtout que le président équato-guinéen, OBIANG NGUEMA MBASOGO, n’a eu de cesse d’y mettre sa part de pression, surtout depuis début 2009. Ce fut ainsi le cas lors du conseil d’administration de la BEAC, réuni à Bata, lorsqu’il poussa l’instance à se saisir enfin du dossier. Une mission de contrôle du comité d’audit, sur les malversations présumées commises à Paris, est nommée.

Elle se compose de 7 membres, dont le directeur du budget équato-guinéen, Miguel EGONGA OBIANG, qui la préside, et d’un haut cadre de la Banque de France, Philippe AGOUTIN. Son rapport, remis le 22 mai 2009, est accablant.

Aussitôt, la direction du contrôle général de la BEAC dépêche à Paris une mission d’audit complémentaire, pilotée par l’ancien ministre centrafricain des Finances, Théodore DABANGA. Elle a pour objectif d’établir précisément les responsabilités.

Son « Rapport provisoire d’enquête sur les détournements de fonds au Bureau extérieur de Paris » est achevé le 20 juillet 2009 et déposé sur le bureau du gouverneur. Le document est plus que précis, donne des noms et dévoile une première liste de chèques frauduleux.

L’ancien patron de la BEAC (1990-2007), Jean-Félix MAMALEPOT, est sur la sellette, Dans la foulée, son successeur, Philibert ANDZEMBÉ est limogé. La liste des personnes concernées par le scandale du BEP est déroulée et se décompose en deux catégories : les présumés bénéficiaires et les présumés responsables.

Certes, les rapports OBIANG et DABANGA sont à ce sujet extrêmement pointus et accusateurs, mais en attendant que la justice, si elle est un jour saisie, tranche sur la culpabilité de chacun, on se contentera d’évoquer les lourds soupçons que font peser sur plusieurs responsables, passés ou présents de la BEAC, les enquêtes internes diligentées par les services spécialisés de la Banque elle-même.

À noter que, sur les 30 millions d’euros détournés, seuls 7 millions à peine ont pour l’instant été « tracés » avec certitude, de la source à l’embouchure.

Si l’on trouve des ressortissants d’autres nationalités impliquées, la filière gabonaise se signale par son abondante activité dans ce dossier.

C’est dans ce contexte qu’arrive l’Equato-guinéen Lucas ABAGA NCHAMA, jusque-là directeur général de l’exploitation à la direction de la BEAC. Réputé rigoureux, certains milieux de la finance internationale le classaient en 4è position des possibles successeurs de Philibert ANDZEMBÉ.

Pour eux, son nom n’apparaissait longtemps après 3 Gabonais, dont le plus en vue était Hugues Alexandre BARROT CHAMBRIER. Cadre maison formé, entre autres, à l’Institut des techniques bancaires de Yaoundé, ce parfait bilingue qui a par ailleurs suivi plus d’une formation universitaire en France rejoint la BEAC en 1998.

Face aux injonctions du Fmi et au dictat français sur les rémunérations du compte des opérations, mais aussi aux hésitations, atermoiements et luttes d’hégémonie des chefs d’Etat, le gouverneur de la BEAC doit se frayer un chemin sur une voie chaque jour un peu plus sinueuse. Lui pour qui l’obsessionnel redressement est de plus en plus asymptotique.

 

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