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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 15:08

 

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  Douala : Scènes d’émeutes au consulat de

 la République Centrafricaine

 

 

 

Jeudi, 04 Novembre 2010 11:55  quotidien Le Jour Douala

 

Tensions : La foule réclame la tête des meurtriers : 200 partisans de Ange Félix Patasse aux trousses du consul de Centrafrique

Les affrontements qui ont débuté tôt hier matin ont fait un mort et de nombreux blessés.

Le consulat de République Centrafricaine à Douala ressemble à la fois à un champ de bataille et à un champ de ruines. Mercredi 03 novembre 2010, il s’y est passé des choses graves.

Des ressortissants Centrafricains ont mis le bâtiment situé à la Rue King Akwa à sac. Au cours de l’affrontement avec leurs compatriotes, le vigile en faction et le responsable de la Commission électorale ont été grièvement blessés. Le vigile est mort sur place tandis que le responsable de la commission électorale a été transporté à l’hôpital. Les assaillants, qui se présentent comme des sympathisants de l’opposant Centrafricain Ange-Félix Patassé, exigeaient d’être inscrits sur les listes électorales. Ils disaient vouloir prendre part à l’élection présidentielle de l’année prochaine dans leur pays. Face au refus des fonctionnaires du consulat de leur délivrer des cartes d’électeur, ils ont décidé d’user de la méthode forte.

Fous de rage, les requérants se mettent à tout casser. Le mobilier est vandalisé. Les ordinateurs sont démolis. Les documents volent dans tous les sens. Les employés sont brutalisés. Célestin Yoro, le responsable de la sécurité va être mortellement poignardé. Alors que les centrafricains s’affrontent, une unité des Equipes spéciales d’intervention rapide (Esir) arrive et tente de ramener l’ordre. Les policiers camerounais sont pris à partie par les casseurs Centrafricains. Courroucés par la réaction des étrangers, les riverains du consulat, solidaires des forces de l’ordre, interviennent et ripostent. La police va ensuite avoir du mal à les contenir tant ils voudront « en finir » avec la dizaine d’émeutiers retenus au consulat.

A l’heure du bilan, l’on note qu’un policier a été blessé à la jambe. Selon un de ses collègues, son tibia a été fracturé à coups de pierres et de morceaux de bois. Les émeutiers de la Rue King Akwa accusent le consul de Centrafrique à Douala de discrimination. Ceux-ci qui disent avoir agi sur ordre d’Ange-Félix Patassé, l’opposant qu’ils présentent comme leur champion, soutiennent que le consul veut les empêcher de voter lors des élections de janvier 2011 à cause de leur coloration politique. « Le consul de Centrafrique a refusé de nous délivrer des cartes d’électeur pour voter en 2011. Il a délivré des cartes seulement aux membres de son parti le Kwa Na Kwa. Nous sommes des militants du candidat indépendant Ange-Félix Patassé. En 1993 c’est grâce au vote des Centrafricains installés au Cameroun qu’il a gagné la présidentielle. J’ai peur pour mon pays. Je peux mourir pour lui. J’ai participé au saccage. Nous étions nombreux. D’autres ont fui, nous sommes restés. On saccage comme ça pour que là-bas chez nous en Centrafrique, les opposants comprennent que nous aussi au Cameroun, sommes en colère. Nous voulons qu’il y ait un véritable changement chez nous l’année prochaine. Mais le parti Kwa Na Kwa ne veut pas qu’il y ait le changement en Centrafrique », explique Mamadjibaye Mafro-Henoc, un des assaillants que le Jour a retrouvé dans l’enceinte du consulat de Rca peu après les affrontements sanglants. Marcel Kada, présenté comme le meneur des Centrafricains en colère a été capturé par la police alors qu’il tentait de quitter la rue King Akwa. Il a été reconnu et dénoncé par la foule en furie. Certains témoins l’accusent d’avoir tué Célestin Yoro.

Pierre Arnaud Ntchapda

 

 

200 partisans de Ange Félix Patasse aux trousses du consul de Centrafrique

La police et la gendarmerie veillent sur la sécurité du diplomate menacé par ses propres compatriotes.

Hier mercredi matin, le consul de a République centrafricaine à Douala a eu la vie sauve de justesse. Les quelques 200 Centrafricains venus à Akwa, disent-ils, pour s’inscrire sur les listes électorales ne voulaient pas faire les choses à moitié. Nestor Dieudonné Nganawe, sentant visiblement les signes prémonitoires d’un bain de sang, a juste eu le temps de quitter ses bureaux et fondre dans la nature. Aussitôt, les « assaillant ont tout mis à sac. Les documents consulaires étaient particulièrement visés. Dans la cour du consulat et dans la rue, en face, les cartes d’électeurs, les cartes consulaires, des laissez-passer, côtoyaient d’autres piles de paperasse.  Au milieu de cette scène dressée aux couleurs du sang des blessés et des  documents administratifs, une voiture a volé en éclats, au passage des manifestants.

Alors que les manifestants le disaient en fuite, c’est plutôt dans les locaux du commissariat central n°1 à Bonanjo que le consul s’est rendu pour faire le point de la situation avec les forces de l’ordre, et se mettre à l’abri. « Je ne suis pas en mesure de m’exprimer maintenant. Je ferai une déclaration à la presse demain », a-t-il indiqué. Plus tard, le diplomate centrafricain a affirmé que les événements malheureux survenus au consulat ont fait un mort et de nombreux blessés.  Nestor Dieudonné Nganawe n’a pas dit si oui ou non, il avait peur pour sa vie. Mais un responsable de la police a confié que « la sécurité du consul de Centrafrique est assurée par nos soins ». Le responsable en question a cité, pour illustrer son propos, le fait que « les enfants du consul ont quitté leur école sous bonne escorte policière ».

De source sécuritaire, les 200 assaillants qui ont semé la terreur au consulat de Centrafrique à Douala comptent en leur sein, des éléments réputés dangereux. Constitués en majorité d’hommes issus de l’ethnie Sar, ils seraient partis des localités  de Koumogo, Djoli, Bedara, Koumya dans le Moyen-Chari pour rejoindre la rébellion qui opère à la lisière de la frontière tchado-centrafricaine. Les meneurs de l’assaut lancé contre le consulat à Douala ont assuré qu’ils donnaient juste un signal fort, en attendant d’utiliser « toutes les armes qu’il faut pour chasser Bozizé ». Plusieurs membres de la communauté centrafricaine de Douala redoutent des troubles qui pourraient survenir « à tout moment ». Ils affirment par ailleurs que les émeutes de Douala annoncent probablement, un regain de tensions ethniques préélectorales en République centrafricaine.

Denis Nkwebo



 

Tensions : La foule réclame la tête des meurtriers

Les forces de l’ordre sont intervenues pour empêcher les populations de lyncher les auteurs du crime, qualifiés de « rebelles ».

 

Jusqu’à 14 h, hier, mercredi 03 novembre 2010, la rue King Akwa, au centre des affaires de la capitale économique camerounaise, n’était pas encore ouverte à la circulation. Un policier, posté à l’amorce de cette rue, proposait aux automobilistes des déviations. A l’origine de cette situation désagréable, une émeute. Trois heures plus tôt, celle-ci a opposé des « partisans » de François Bozizé,  président de la république centrafricaine (et candidat à sa propre succession à l’élection prévue en janvier 2011), et les « militants » acquis à la cause de Ange-Félix Patasse, le principal opposant au régime au pouvoir en Centrafrique. L’affrontement meurtrier s’est déroulé au consulat de la République centrafricaine (Rca) à Douala.

Peu après cet incident suivi de mort d’homme, la foule a investi les lieux. Plus de cinq cents personnes, des camerounais pour la plupart. Ces populations sont massées devant le consulat centrafricain, théâtre du conflit meurtrier. D’autres se bousculent à l’endroit où git la dépouille inerte de Célestin Yorro, la première victime. Il est décédé à quelque trente mètres du consulat, après avoir été vidé de son sang. Le temps passe, les minutes s’égrènent et la colère monte. « Seigneur Dieu, ils  versent le sang de leur frère pour des élections ! », s’exclame une dame, entre deux sanglots qu’elle contient difficilement. Des conducteurs de moto taxi sont également sur les lieux. Ils suivent l’évolution de la situation de très près. Quand enfin deux centrafricains grièvement blessés sont embarqués dans l’une des voitures de police, des badauds vont entourer le véhicule. Ils réclament la tête des auteurs du  meurtre. « Que viennent faire des rebelles chez nous ? Ils se croient chez eux en Centrafrique ! », s’offusque un camerounais. Une demi-heure après, un autre Centrafricain est embarqué dans un pick-up. Il résiste aux policiers qui le poussent à monter dans la banquette arrière. « Il faut comprendre sa colère, c’est son frère qu’on a tué tout à l’heure », lance une voix noyée dans la foule en furie. Alors que la police croit avoir ratissé large, un individu est sorti du consulat en courant, et s’est dirigé vers le lieu-dit Ancien Stamatiades. La population s’est  jetée à ses trousses. Le fugitif s’est réfugié dans un bureau donnant dans la rue. Un témoin oculaire de la scène d’émeutes l’a présenté comme le meurtrier de Célestin Yorro. La police est intervenue pour empêcher les populations de le lyncher.

Théodore Tchopa



 

Réactions

Alannjikin Mathurin, 25 ans : «C’est notre parti qui a saccagé le consulat »


C’est notre parti qui a saccagé le consulat. Nous sommes tous des Centrafricains. Ce qui m’amène à faire ça, c’est parce que le consul n’avait pas le droit de refuser qu’avec l’acte de naissance, on ne puisse pas avoir de carte d’électeur. C’est ce qui m’énerve. J’ai quitté mon pays parce qu’il ne va pas bien. Et je voulais venir me reposer ici. On m’annonce qu’il y aura le vote. Je préfère que le pays change et qu’ensuite je puisse aller y continuer mes études. Le consul de Centrafrique à Douala ne veut pas que d’autres partis fassent le vote et c’est seulement les militants de son parti qui doit participer au vote. C’est pourquoi nous sommes réunis, nous de notre parti. Nous sommes venus pour saccager tout ce qui est ici. Et ils vont suivre là-bas qu’il y a un désordre à Douala. C’est parce que le consul ne veut pas que d’autres partis existent. Les Camerounais veulent aussi me tuer. Les camerounais ont blessé mon supérieur. Je suis sorti pour l’arrêter et on m’a blessé aussi. Les Camerounais sont entrés ici pour nous blesser. Ce sont les civils qui nous ont blessés. Les policiers ne nous ont rien fait. Quand ils ont vu que nous étions en colère, les policiers se sont retirés. Ce sont les civils qui nous ont blessés.


Nathanyelle Kasse-Kain, 23 ans, : « Ils nous empêchent de voter »

 

Nous sommes tous des Centrafricains. Nous sommes venus nous faire recenser à l’occasion de l’élection présidentielle de 2011. Nous sommes les Kaba et eux les Baya. Ils nous empêchent de voter. Même si tu as les cartes du consulat, on te chasse, l’acte de naissance, on te chasse, la carte d’identité centrafricaine même, on te chasse. Notre président nous a envoyés que si ça gâte ça gâte, c’est bon, c’est bon. C’est le président indépendant. C’est le président Patassé. Le président des Baya qui nous fait venir ici au Cameroun, c’est le président Bozizé. Il y a nos frères qui souffrent en brousse. Nous on est venus se reposer un peu au Cameroun. Les Camerounais nous ont fait des choses qu’on ne comprend pas. Ce sont eux qui nous ont blessés ici parce qu’on a battu les gens qui travaillaient dans le consulat. Comme on cassait partout, les Camerounais se sont mis en colère et nous ont attaqués. On n’avait jamais eu de problèmes avec les Camerounais. On était plus de 200 personnes. Dès qu’on est arrivés, on voulait se faire recenser. Les autres là-bas ont refusé. C’est là où on s’est énervés. Le Consul et tout le personnel étaient là.


Ibrahim Badikala, chauffeur, habitant de la rue King Akwa : « Ce que les meurtriers de mon ami ont fait n’est pas bien »


Des gars sont venus s’inscrire pour les élections. On leur a exigé la carte consulaire centrafricaine. Il y en a qui n’en possédaient pas. Ils disaient qu’ils n’ont pour seule pièce officielle que leur acte de naissance. Mais les agents du consulat ont continué de leur exiger la carte consulaire en leur rappelant que ce sont des consignes venues du pays. Ils sont allés se réunir et ils sont revenus aujourd’hui. Je ne sais pas ce qu’ils ont décidé. Ils étaient une vingtaine. Le vigile qu’on a tué, c’est mon ami. Il vient souvent chez moi. Il arrivait qu’il vienne se faire coudre des habits chez le tailleur qui est là à côté. Ce que les meurtriers de mon ami ont fait n’est pas bien. Ce n’est pas de cette manière qu’on doit lutter pour son pays ou son parti. Les élections n’ont pas encore commencé. Ils auraient pu attendre d’avoir leur carte afin de voter. S’ils commencent comme ça dès le début, comment sera la suite ? 

Propos recueillis par Pierre Arnaud Ntchapda

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation