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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 18:00

 

 

 

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Le 10 septembre 2011, le Docteur Général Pasteur Frère…François Bozizé Yangouvonda déclarait : «  Que celui qui prétend qu’il n’y a pas de démocratie en RCA soit écrasé par un véhicule dans la rue ».

 

Le 19 février 2012 aux environs de 19h00, un accident de la route s’est produit sur l’avenue Koudoukou avec le Général-Député, ancien Ministre de la Sécurité Jules Bernard Ouandé comme conducteur du véhicule en cause avec le décès d’un enfant de 8 ans. Au regard des informations recueillies et diffusées par certains  organes de presse, nous sommes là en face de : Défaut de maîtrise d’un véhicule automobile, conduite en état d’ébriété, non-assistance à personne en danger, délit de fuite et d’homicide involontaire.

 

Malgré ce cumul de délits, nous assistons à un mutisme inquiétant des autorités. Est-ce l’accomplissement de cette malédiction présidentielle rappelée quelques lignes plus haut ? L’on est en droit de s’interroger en ces termes puisque rien, absolument rien n’est entrepris pour que justice passe. Tel est l’objectif de la tribune en pièce jointe :  Il faut que justice passe.

 

AFFAIRE OUANDE : IL FAUT QUE JUSTICE PASSE !

 

Depuis que la République Centrafricaine est officiellement entrée en guerre contre Baba Laddé et sa bande je me suis interdit de commenter l’actualité. En effet, les FACA qui sont au front ne combattent pas au nom d’un clan mais au nom de la République et de tous les Centrafricains.  A ce titre, il fallait observer une trêve, désirant être en communion d’esprit avec la population civile des zones de combat et aussi avec  les soldats au  front.

L’actualité nous rattrape cependant. S’agissant de défendre les opprimés, les victimes de l’arbitraire et tous ceux qui souffrent en silence, il n’est d’autre voie que de  se faire leur voix.

Le 19 février 2012 un enfant est mort sur la voie publique en début de soirée à la hauteur du pont Sayé-Voir sur l’avenue Koudoukou. Un de trop.

Mes pensées vont aux siens auxquels je présente mes plus sincères condoléances. En ces douloureuses circonstances, qu’ils daignent m’accepter parmi les leurs. Avec eux et ensemble, je partage la douleur de la perte d’un jeune innocent dont l’avenir, nonobstant la situation dramatique du pays, était porteur d’espoir.

L’auteur des faits : un général.

Jules Bernard Ouandé, Général et ancien ministre, député. Au lieu de stopper son véhicule immédiatement après le choc, il effectue une manœuvre meurtrière sans avoir localisé le frêle corps gisant. Au lieu de porter assistance à la victime, ce dernier  rentre chez lui tranquille comme Baptiste.

Défaut de maîtrise d’un véhicule automobile, conduite en état d’ébriété, non-assistance à personne en danger, délit de fuite et d’homicide involontaire. Tout semble indiquer que ce cumul d’infractions n’aurait même pas donné lieu à un simple maintien dans les locaux de la police afin de dégriser ce général que l’on aurait aimé voir s’illustrer sur le front de Kaga-Bandoro harcelant Baba-Ladé et sa horde d’égorgeurs ou sur le front du Sud/Est à la recherche du génocidaire Joseph Kony.

Le lendemain, au lieu de respecter le deuil de la famille éplorée, il se répand dans la presse brandissant son forfait comme un trophée. C’est la faute à la chaussée car « Si c’était sur le goudron, le véhicule s’arrêterait sur place. » (1)

Ce n’est donc pas au conducteur de prendre en considération l’état de la chaussée, c’est à la chaussée de tenir compte du conducteur !  Et c’est celui-là qui est chargé, es qualité de député, de faire la loi !

Mon Général, soyez homme : assumez vos responsabilités !

Vous aviez perdu le contrôle de votre véhicule ce qui est contraire aux dispositions du Code de la Route. Il y a plus.

Les témoins ont observé, un « …Général député était dans un état d'ébriété avancé… » (2)  « ...député imbibé d'alcool » (3).

Mon Général, en des pareilles circonstances, dès qu’il se produit un accident de la circulation, on se soumet à un examen sanguin afin de déterminer la quantité d’alcool contenue dans le sang au moment des faits.

Au regard de vos états de service, général ancien ministre de la sécurité, député de la nation, c’est spontanément que vous auriez fait procéder à ce type d’examen !

Au lieu de cela, vous invoquez un témoignage. Est-ce une mesure scientifiquement fiable ? Le Docteur Général Pasteur Frère…François Bozizé Yangouvonda serait-il devenu un éthylomètre ? Mais quel manque de respect envers celui qui est censé représenter la République et ses institutions ?

Les rois de France et d’Angleterre soignaient, disait-on des écrouelles par apposition des mains ; Boganda  lui, traversait  l’Oubangui à pied disait-on. C’était d’hier. Aujourd’hui, vous faites du président de la république un éthylomètre vivant ! Il fallait oser.

Croyez-vous un seul instant que François Bozize Yangouvonda viendra soutenir le contraire de ce qui a été observé par bien plus d’une personne ?

Mon Général, vous ne manquez pas de souffle !

Il y a eu un accident, je n’en disconviens pas mon Général. C’est le premier choc celui qui a vu "...le petit corps est propulsé en l'air ..." (4). Mais quand vous avez  « … mis le véhicule en marche en arrière … » (5)  vous avez agi volontairement. Il n’y a plus d’accident. Vous avez agi sciemment.

Mon Général, vous avez la parole pour la suite :

« J'ai voulu descendre pour le prendre et le conduire à l'hôpital. Entre
temps, une foule hostile s'est dirigée vers moi. Face à ce danger certains
témoins m'ont conseillé de démarrer et de vite partir. Chose que j'ai faite
 ». (6)

Vous n’êtes pas descendu de votre carrosse ; vous ne prétendez pas avoir esquissé un mouvement pour descendre. Vous en aviez l’intention. On vous croit sur parole ? Vous avez au le temps d’être conseillé. Admettons qu’il ait eu conseil. Cela a duré combien de temps ? Assez en tout état de cause pour porter le corps dans le véhicule avec l’aide de votre aide de camp qui est plus rapide de la détente que du cœur.

A propos à quelle vitesse rouliez-vous ? A quelle distance étaient ces deux enfants qui avaient commencé à traverser la route ?

Il est manifeste que  la voiture est un attribut de votre pouvoir, un pouvoir quasi-divin puisque le piéton, même déjà engagé sur la chaussée doit vous céder le passage. Ainsi, « une voiture plein phares [leur] fonçaient droit dessus… » (7)  pour le grand malheur que l’on sait.

La police a-t-elle « investiguer » ? Rien ne l’indique ; ni la presse, ni les parents qui, dans le désarroi  déclarent : « Nous n’avons que nos yeux pour pleurer, et ne savons à quel saint nous vouer » (8)

 

A en croire le mutisme des autorités en place, le sort de cette affaire est entendu. S’agirait-il de la réalisation de la malédiction du 10 septembre 2011 de notre désormais Docteur Général Pasteur Frère…selon laquelle «  Que celui qui prétend qu’il n’y a pas de démocratie en RCA soit écrasé par un véhicule dans la rue » ?

Non conjurons le sort. Il faut que justice passe. Cette famille éprouvée doit accéder à la justice par le biais de l’aide judiciaire. L’immunité parlementaire de ce député doit être levée dans les meilleurs délais. Les poursuites doivent être engagées sans délais. Il faut juger OUANDE.  De manière sereine et en toute indépendance. Et ce sera justice.

Clément DE BOUTET-MBAMBA  

Notes :

1, 2, 5, 6,8 : Revue d’actualité par Radio Ndeke Luka 20 et 22 février 2012.

2, 3, 4,7 : In Le Citoyen n°3805 du 22 février 2012

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion