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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 01:33

 

 

 

Ntsimi Chicago Boy

 

Affaire Antoine NTSIMI : Le Cameroun a mal à ses voisins

 

© BORIS BERTOLT | Mutations YAOUNDE - 26 MARS 2012

 

Les ressortissants camerounais sont régulièrement victimes d’expulsions, d’agressions et parfois de mort dans leurs pays d’accueil en Afrique Centrale.

Antoine Ntsimi, président de la commission de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) se souviendra certainement pour le reste de sa carrière professionnelle de ce mercredi 21 mars 2012, date à laquelle il a été violenté et refoulé de l'aéroport de Bangui en République centrafricaine.

L'ancien ministre des Finances du Cameroun s'apprêtait à regagner ses bureaux dans la capitale centrafricaine, qui abrite le siège de la commission de la Cemac. Cet incident diplomatique est certainement le point le plus culminant des rapports conflictuels qui existent depuis plusieurs mois entre le président de la République centrafricaine, François Bozizé et le président de la Commission de la Cemac. L'ancien général d'armée accuse le diplomate camerounais de bloquer le fonctionnement de l'institution.

Loin d'être un incident diplomatique isolé, les violences perpétrées contre Antoine Ntsimi doivent être rangées dans le registre des frustrations quotidiennes dont sont victimes les Camerounais dans les autres pays de la sous-région, mais aussi et souvent en territoire Camerounais par les ressortissants étrangers. Pour ce dernier cas, l'évènement le plus récent est celui survenu le 24 novembre 2010 où des militaires centrafricains ont attaqué un poste de gendarmerie et brûlé le drapeau du Camerounais à la frontière.

Des coups de feu avaient été entendus dans la ville frontalière de Garoua Boulaï. Il aura fallu l'intervention du Bir, situé à Mombal (30 kilomètres de la ville), pour mettre fin à la panique causée par les militaires centrafricains dans cette localité. Sur cet incident, les autorités centrafricaines n'avaient pas trouvé utile de présenter des excuses aux populations camerounaises.

Mais il n'y a pas que la République centrafricaine qui pose des problèmes. La Guinée Equatoriale fait figure de tête de proue en termes de violences quotidiennes contre les Camerounais.

A titre d'exemple, Martine Angèle Ze Ngongang, jeune Camerounaise de 25 ans, a perdu la vie en octobre dernier en Guinée Equatoriale, tuée par des soldats de l'armée locale à ?, lors d'un contrôle de routine à quelques 100 kilomètres du Cameroun. Dans le même temps, Balbine Esther Ebela, a été grièvement blessée, amputée de la jambe gauche et opérée de la jambe droite.

En 2008, les deux pays ont frôlé la crise diplomatique lorsqu'un pêcheur Camerounais a été tué par des forces équato-guinéennes au large de Campo, localité situé au Sud du Cameroun à la frontière avec la Guinée équatoriale. Ce pays avait par la suite unilatéralement fermé la frontière. En guise de protestation, le gouvernement du Cameroun avait décidé de rappeler son ambassadeur à Malabo. Les relations entre les deux pays se normaliseront par la suite. Mais n'empêche qu'aucune semaine ne passe sans que des Camerounais soient expulsés de ce pays «frère et ami».

Violences

Pourtant, à tous les sommets, les chefs d'Etat de la sous-région ne manquent pas de magnifier l'amitié qui les lient et leur volonté de construire l'intégration sous-régionale. L'ambassadeur du Gabon au Cameroun, Pierre Madoungou, célèbre à toute occasion à lui offerte, «le caractère privilégié et particulier des relations existantes si heureusement entre les deux pays». Mais les chiffres parlent d'eux-mêmes:

En Janvier 2010, 31 Camerounais ont été expulsés du Gabon; le 26 février 2010, 64; le 07 mars 2010, 15. En juin 2011, une dizaine de Camerounais sont expulsés du Gabon. On leur reproche le pillage des réserves d'or. Sur ce coup, le gouvernement gabonais avait été obligé de s'expliquer auprès des autorités de Yaoundé. Ali Bongo avait à cet effet envoyé un émissaire auprès de Paul Biya.

Avec le voisin tchadien, les relations sont également loin d'être sereines. Régulièrement, des incursions de coupeurs de route de ce pays, qui agissent en complicité avec des Camerounais, sèment le désarroi parmi les populations dans les régions septentrionales. Tout récemment, des ressortissants du Tchad ont semé le trouble dans la ville de Ngaoundéré, blessant des policiers camerounais.

Le seul pays avec lequel le Cameroun à moins de mal à partir dans ses relations frontalières et de voisinage, c'est le Congo-Brazzaville de Denis Sassou Nguesso. Au-delà de quelques rares cas de violences principalement liés au banditisme transfrontalier, il n'y a pas grand chose à signaler. C'est peut-être pour cela que sur l'affaire Antoine Ntsimi, Paul Biya s'est remis à Denis Sassou Nguesso «aux fins de règlement de la situation ainsi créee, dans le souci de préserver la dynamique de l'intégration régionale cher à nos pays et à nos peuples».



CEMAC: L’option controversée du Cameroun

Les autorités camerounaises consultent et négocient, même quand le camp adverse franchit le Rubicond.

Face aux expulsions et violences faites aux Camerounais par des ressortissants des pays voisins en zone Cemac, le pouvoir de Yaoundé alterne fermeté et mollesse, au goût de certains observateurs. Le rappel de l'ambassadeur du Cameroun à Malabo suite à la mort d'un pêcheur et la fermeture de sa frontière par la Guinée Equatoriale, apparait comme une exception. Il n'est donc pas surprenant, pensent certains analystes qu'après avoir personnellement instruit le ministre des Relations extérieures, Pierre Moukoko Mbonjo, de recevoir Antoine Louis Ntsimi pour s'enquérir de la situation, Paul Biya laisse Dénis Sassou Nguesso régler cette nouvelle crise.

De fait, pour réguler la coopération bilatérale, il existe entre le Cameroun et ses voisins de l'Afrique centrale des commissions-mixtes. Ces commissions sont des cadres légaux et administratifs d'évaluation du niveau de coopération entre les deux pays. La dernière s'est tenue les 21 et 22 mars derniers à Libreville entre le Cameroun et le Gabon. Après celle de 1997. Avec le Tchad, une commission mixte a eu lieu en décembre 2010 à Yaoundé, 12 ans après celle de NDjamena. La dernière commission mixte entre le Cameroun et la République centrafricaine s'est tenue en septembre 2010, mais avait pour priorité la construction de la voie ferrée Ngaoundéré-Bangui.

La 4e commission mixte ad hoc entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale concernant les affaires consulaires et celles de la sécurité frontalière s'est déroulée pour sa part les 6 et 7 mars. De ces rencontres, aucune décision forte en matière de gestion de l'immigration ou des flux frontaliers n'est enregistrée. Des thématiques rattachées à la politique intérieure de chaque Etat. Dès lors, pas étonnant que les expulsions se fassent régulièrement sans concertation.

Paul Biya semble avoir une prédilection pour la négociation, même lorsque les occurrences exigent plus. Ainsi, à chaque fois qu'un cas d'expulsion ou de violences se pose, le chef de l'Etat reçoit en audience l'émissaire du pays voisin concerné. Ce fût le cas avec Jean-François Kidongou, ministre de l'Intérieur, de la Sécurité publique, de l'Immigration et de la Décentralisation, lors de l'expulsion de centaines d'africains dont des Camerounais en mars 2010, ou encore Juan Antonio Bibang Nchuchuma, secrétaire d'Etat équato-guinéen à la sécurité nationale et l'ambassadeur de Guinée Equatoriale au Cameroun, M. Pedro Ela Nguema Buna après la mort de Martine Angèle Ze Ngongang et l'agression de
Esther Balbine.

Fait rare, les gouvernements camerounais et équato-guinéens ont décidé des indemnisations de 8.25 et 7 millions de francs Cfa en qualité «d'indemnisations symboliques» pour des victimes d'expulsions lors de la dernière commission mixte. Ils ont parlé officiellement, précisant que les «bourreaux» ont été radiés de l'armée et condamnés à des peines de six mois d'emprisonnement. Hospitalisée à Malabo, Balbine Esther a reçu 3 millions Fcfa du gouvernement équato-guinéenne, et 5.75 millions du gouvernement camerounais, dont 5 pour les soins médicaux, 750.000 Fcfa pour son escorte et 500.000 Fcfa en plus pour le poste consulaire du Cameroun à Bata.

 

CEMAC: Trois fonctionnaires camerounais séquestrés à l'aéroport de Bangui - Ils voulaient se rendre au Cameroun

 

YAOUNDE - 26 MARS 2012

©GEORGES ALAIN BOYOMO | Mutations

 

Les nuages s'amoncellent en peu plus dans le ciel des relations entre Yaoundé et Bangui. Après le refoulement ? d'humiliation du président de la commission de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale, Antoine Ntsimi, mercredi dernier à l'aéroport international de Bangui MPoko, trois fonctionnaires camerounais en service au sein de cette instance de la Cemac, qui voulaient emprunter un vol de la compagnie Ethiopian airlines samedi dernier à destination du Cameroun, en vue de se rendre au Tchad voisin, ont été retenus à l'aéroport de Bangui au moment où ils effectuaient les formalités de police.

Le commissaire de cet aéroport, qui a posé cet acte à l'encontre des trois fonctionnaires de la Cemac, a dit agir sur instruction du procureur de la République de la capitale centrafricaine. En plus d'être interpellés, les trois ressortissants camerounais ont subi une «fouille systématique et humiliante», au terme de laquelle leurs passeports (passeports diplomatiques et passeport Cemac) ont été retirés, d'après nos sources.

Alerté, le chargé d'affaires du Cameroun à Bangui, le ministre plénipotentiaire Nzoyoum volera au secours de ses compatriotes. Nos sources indiquent que pendant près de 3h, le commissaire de l'aéroport n'a pas daigné l'écouter. Finalement, après des négociations serrées, en fin d'après-midi, vers 18h, le chargé d'affaires obtiendra que les trois Camerounais puissent être libérés «provisoirement» et qu'ils regagnent leurs domiciles à Bangui afin de se présenter ce lundi matin devant le procureur de la République. Ils pourraient être accusés de «faux et usage de faux».

Au cours de son séjour samedi à l'aéroport, le chargé d'affaires apprendra en effet que les trois Camerounais ont été interceptés parce qu'ils étaient porteurs d'ordres de mission signés par une personnalité qui n'a plus qualité à signer de tels documents, en l'occurrence Antoine Louis Ntsimi, dont le mandat de cinq ans à la tête de la Commission de la Cemac a déjà expiré, selon les autorités centrafricaines.

Mais le Camerounais est candidat à sa propre succession et espère mettre en déroute l'un de ses deux challengers centrafricains pressentis, Élie Doté (65 ans), ancien Premier ministre de François Bozizé (2005-2008), et surtout Enoch Dérant-Lakoué (67 ans), ex-directeur national pour la Centrafrique de la Banque des États de l'Afrique centrale (Beac) et proche du président congolais, Sassou Nguesso. C'est d'ailleurs à Brazzaville que doit se tenir le prochain sommet des chefs d'État de la Cemac, probablement au mois de mai prochain. Le Cameroun, à travers le ministre des Relations extérieures, qui a interpellé le président en exercice de la Cemac, Dénis Sassou Nguesso vendredi après «l'humiliation» subie par Antoine Ntsimi n'attendra certainement pas ce mois-là pour être rétabli dans son honneur et sa dignité.

 

 

 

 

Mathias-Eric-Owona-Nguini-bon.jpg

 

Mathias Eric Owona Nguini : «Il est temps que les autorités camerounaises tapent du point sur la table»

 

Écrit par Propos recueillis par Christophe Mvondo lanouvelleexpression.info Mardi, 27 Mars 2012 09:25

 

Le politologue donne une lecture de la crise qui oppose le Cameroun à la République centrafricaine suite à l’expulsion d’Antoine Tsimi de la RCA siège de la Commission de la Cemac qu’il préside.

 

 

Peut-t-on s’étonner de l’attitude des  autorités centrafricaines ?

 

Cela amène à se poser des questions parce que les moyens utilisés pour exprimer leur position sur le fonctionnement de la commission de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale est un peu particulier. Il s’agit manifestement d’une méthode cavalière à travers laquelle les autorités centrafricaines veulent poser leur problème ; celui du renouvellement de la présidence de la Commission de la Cemac qu’ils pensent désormais devoir leur revenir.

 

Comment expliquer cet affront ?

 

Il est vrai que le Cameroun subit un certain nombre d’actes venant des pays voisins et frères qui montrent clairement que la considération qu’il y avait pour le Cameroun est en nette baisse. Ce manque de respect est à la fois dû à la perception de plus en plus négative que ces pays voisins ont du Cameroun, et est dû également à la volonté de ces pays de s’affirmer face à un pays qui s’est toujours posé comme le leader de la Cemac et en fait aux atermoiements de Yaoundé en ce qui concerne précisément la manière d’assumer et d’assurer son leadership dans le cadre de l’intégration sous-régionale en zone Cemac.

 

Quelles peuvent être les conséquences?

 

Elles sont essentiellement celles qui tiennent à une réputation de plus en plus problématique du processus d’intégration régionale en Afrique centrale. Les méthodes utilisées par le président Bozize montrent très clairement que l’Afrique centrale a mal à son intégration régionale et il est important qu’au plus haut niveau, des réunions viennent aplanir les divergences qui se manifestent de manière aussi brutale entre la République centrafricaine et le Cameroun avant que cela ne dégrade plus l’image de la zone Cemac.

 

Comment faire pour résoudre cette crise ouverte ?

 

Les autorités de Yaoundé doivent envoyer une délégation à Bangui pour véritablement savoir ce que veut le chef d’Etat centrafricain. Et à partir de cela d’envisager, si cela est possible, une rencontre au sommet dans le cadre de la Cemac pour les chefs d’Etat en vue d’aplanir un différend qui pourrait dégrader encore plus l’image de la Cemac. C’est préoccupant de voir que pour résoudre des différends les Etats de la Cemac puissent recourir à des manœuvres qui sont véritablement peu diplomatiques.  

 

Pensez-vous que la Cemac a encore un véritable à venir quand le pays qui était plus souple comme la Rca arrive à un tel niveau de radicalisation ?

 

 

On est un peu étonné de ce durcissement de ton. C’est peut-être parce que le président Bozize considère que désormais, et compte tenu des évolutions qui se sont faites, entre les Etats en ce qui concernent la répartition d’un certain nombre de positions d’importantes dans les institutions de la Cemac, le chef d’Etat centrafricain considère que le poste de président de la Commission de la Cemac devrait désormais revenir à un centrafricain. Si cela peut toujours être défendu, on est quand-même un peu étonné par les méthodes utilisées pour faire valoir son point de vue.

 

Une incursion des hommes en armes de la RCA suivi d’abus sur les populations ?

 

 

C’est une situation symptomatique qui indique effectivement le malaise qui existe entre le Cameroun et ses voisins notamment la Rca et cela est également un signe de la déconsidération de plus en plus grande que nos voisins ont pour nous. On peut effectivement lier cela aux tergiversations de Yaoundé dans la conduite de son rôle de leader en matière d’intégration régionale Cemac. Il est temps que les autorités camerounaises tapent du point sur la table et prennent leurs responsabilités pour recadrer l’intégration régionale en faisant jouer au Cameroun, le rôle qui est le sien ; celui d’un leader actif et non un leader qui se contente de présumer de sa position de préséance.

 

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