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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 04:38

 

 

 

general-francois Yangouvonda Bozizé

 

 

Les déclarations des porte-parole du Quai d’Orsay et du gouvernement tchadien de ce mercredi 19 décembre rapportées par la presse donnent quelques indications et apportent un certain éclairage sur le nouvel emballement de la situation en Centrafrique de ces derniers jours qui doit empêcher Bozizé et son fils Francis de trouver sommeil.


En effet le porte-parole du Quai d'Orsay Philippe Lalliot, a souligné l'importance de la mise en place d'un "large dialogue national" en Centrafrique. Il a également ajouté que "La France est prête à favoriser le bon déroulement de ce dialogue, en coordination avec les Nations unies, l'Union africaine, l'Union européenne et tous les partenaires internationaux". Voilà qui a le mérite de la clarté et qui n’a rien à voir avec les propos habituellement « langue de bois » des diplomates du Quai d’Orsay.


 Le gouvernement tchadien quant à lui assure par la voix de son porte-parole Hassan Sylla, que « la présence des troupes tchadiennes sur le sol centrafricain ne vise pas à protéger un camp plutôt qu’un autre ni à s’opposer aux forces rebelles. C’est une mission de sécurisation de la population ; une mission d’interposition pour que les hostilités sur le terrain s’arrêtent et que le langage de la paix, du dialogue prenne le dessus sur le langage des armes ».  Toujours d’après celui-ci « Les rebelles veulent négocier à N’Djamena avec les forces loyalistes et le gouvernement centrafricain ».


Si tous ces propos, surtout ceux du ministre tchadien sont une réalité sur le terrain, Bozizé et sa clique devraient se faire quelques soucis et revenir de leur attente de voir les soldats tchadiens voler au secours des FACA inexistant qui font pitié faute de moyens et de motivation. Bozizé qui jusqu’ici, a toujours témoigné le plus grand mépris pour les leaders de l’opposition qu’il aime traiter de « prostitués », doit découvrir à présent qu’il est une entité négligeable et seulement une pièce d’un puzzle qui va dorénavant se construire sans qu’il en soit le maître.


A-t-il seulement conscience le moins du monde que ce qui est en train de se jour actuellement en RCA est le commencement de la fin de son régime et de son pouvoir. Il ne doit sans doute pas encore en avoir une petite idée mais il doit se préparer à se mettre à table pour le repas de couleuvres qui lui sera offert. Il a cru qu’il était plus malin que tout le monde en faisant traîner les choses pour gagner du temps, en jouant la montre afin de réussir préalablement son coup de force de faire sauter d’abord le verrou constitutionnel avant d’organiser le dialogue inter-centrafricain que tout le monde le pressait de tenir pour décrisper la situation du pays.


A présent, il est surpris et pris de vitesse à la fois par les mouvements politico-militaires qui ont brutalement fait irruption sur la scène pour le réveiller de son sommeil sur lit picot à la belle étoile, qu’il affectionnait tant ces dernières semaines. Il doit regretter aujourd’hui d’avoir trop tiré sur la corde. Depuis huit mois - cela remonte en effet à la visite éclair début mai dernier à Bangui du président Idriss Déby - il a fait durer le plaisir en faisant poireauter toute la classe politique suspendue à l’imminence vaine d’une annonce concernant la tenue du dialogue inter-centrafricain.


Personne ne peut être dupe des propos de son sous-marin Cyriaque Gonda tenus au cours de sa conférence de presse de ce mercredi selon lesquels « Le dialogue est déjà accepté par le chef de l’Etat. ». Si tel était le cas, on aurait pu faire l’économie de ces huit mois d’attente inutile où Bozizé allait et venait ici et là sans qu’on sache exactement ce qu’il cherchait. Bamboula du 13 août au Hilton de Roissy par ci, régulières absences injustifiées et autres à Bangui par-là, fréquentes randonnées inutiles à Bayanga pendant que les affaires du pays non traitées et les parapheurs s’amoncellent, les conseils de ministres qui ne se tiennent pas etc… !


Il s’est tellement amusé que Bozizé doit maintenant savoir que son régime est fini. Beaucoup de Centrafricains auraient aimé qu’il perde ce pouvoir de la même manière qu’il l’a conquis, c’est-à-dire par l’épée mais la providence en décidera-t-il autrement, les jours prochains nous le diront.

 

La rédaction

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