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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 21:34




 

Lundi 21 septembre 2009

 

L'information a été diffusée en primeur ce jour par une radio locale congolaise émettant dans la commune de Lemba à Kinshasa et relayée par Rfi. Il manquait probablement quelque détail pour faire du Congo une authentique monarchie, digne héritière des mauvaises aventures de l'histoire de ce géant d'Afrique meurtri par des conflits divers depuis des lustres. La commission d'« évaluation de la Constitution » mise en place par le président Kabila pourrait aboutir à réviser plusieurs dispositions constitutionnelles parmi lesquelles le mandat du chef de l'Etat et le découpage territorial.


Cette commission est composée d'une dizaine de membres, représentant la présidence, la primature, l'Assemblée, le Sénat et la Cour suprême de justice. Cette commission qui s'est réunie pour la première fois à la fin de la semaine dernière opère apparemment dans la plus grande discrétion affirme RFI.


En s’engageant à manipuler la constitution à son seul bénéfice, dans le vain espoir de s’éterniser au pouvoir, Joseph Kabila peut désormais se réjouir de rentrer dans le portrait robot des monarques des tropiques dans tout ce qu’il a de burlesque et d’inquiétant.

Ils ont tout en commun : la recherche de la longévité record ou de la présidence à vie, l’excès d’assurance, la rhétorique volontariste qui tranche avec les pratiques surannées, le culte de leur image, l’achat des consciences, le clientélisme politique, l’instrumentalisation de l’ethnie et des autres données sociologiques, les violations massives des libertés individuelles les plus élémentaires.


Selon nos confrères de RFI, la première  modification de la constitution congolaise viserait à renoncer à mettre en place les 15 provinces supplémentaires prévues par la Constitution d'ici le mois de mai prochain. La deuxième s'intéresse au mandat présidentiel, il est actuellement fixé à 5 ans et renouvelable une seule fois, il passerait à 7 ans et deviendrait illimité. Enfin, la troisième modification permettrait au président de la République de siéger au Conseil supérieur de la magistrature.


Sur ces deux derniers points ajoute notre source, la Constitution interdit tout projet de révision. L'article 220 est clair. Il stipule que le nombre et la durée des mandats du président de la République et que l'indépendance du pouvoir judiciaire ne peut faire l'objet d'aucune révision constitutionnelle.


Quelle sera la position de la  commission quand bien même la Cour constitutionnelle habilitée à statuer sur la constitutionalité ou l'anti-constitutionalité de telles propositions n'a jamais été mise sur pied ? Matière sujette à questions.


Cette recherche de l’inamovibilité est à l’origine d’une cascade de putschs constitutionnels sur le continent depuis quelques temps. D’autant plus que l’Union africaine, si elle est devenue prompte à réagir aux coups d’État militaires, s’accommode parfaitement de ces aggiornamentos civils. Cela n’émeut point leur syndicat continental que les présidents membres recoupent allègrement les constitutions pour les conformer à leur ambition de s’éterniser aux affaires. Il n’y a qu’à considérer la moyenne d’âge des chefs d’État de l’UA pour se rendre compte de la vanité du principe d’alternance au pouvoir dans les “démocraties” africaines.

Outre l’Algérie et son modèle tunisien, le Togo, le Gabon, le Tchad, ont éprouvé cette méthode de prolongation “constitutionnelle” de règne, présentée par cette espèce de régimes “persistants” comme un acte d’“approfondissement” de la démocratie.


Joseph Kabila, infecté par le virus de la "modification de la constitution" s'apprête déjà à reconsidérer la limitation introduite dans la constitution du Congo. Une manière de lorgner le règne de l'éternité de Paul Biya du Cameroun en 2011.


© Camer.be : Hugues SEUMO

 

 

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