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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 23:10




 

LE MONDE | 19.09.09 | 14h46  •  Mis à jour le 20.09.09 | 20h52

Washington Correspondante


George W. Bush détestait se rendre à l'ONU. Quand revenait, en septembre, le moment où le président des Etats-Unis, en tant que dirigeant du pays hôte, délivre le traditionnel discours d'ouverture de l'Assemblée générale, il s'efforçait de passer le moins de temps possible au siège de l'organisation. A l'ONU, il se faisait l'effet de "visiter un musée de cire", racontait récemment son ancien ambassadeur John Bolton.

Rupture oblige, Barack Obama se prépare à passer trois jours entiers à New York, jusqu'au jeudi 24 septembre, à l'occasion de la session annuelle des 192 pays membres des Nations unies. Il va déjeuner avec les chefs d'Etat africains, participer à une réunion du groupe des "amis du Pakistan", rencontrer les plus gros contributeurs de casques bleus et s'asseoir à la table du Conseil de sécurité avec le colonel Kadhafi... L'espace d'une séance, jeudi, il va même prendre la tête du directoire mondial.

"Les Etats-Unis ont radicalement changé le ton, le contenu et la pratique de leur diplomatie" à l'ONU, affirme Susan Rice, l'actuelle ambassadrice américaine à New York. Six ans après les durs affrontements au sein de l'organisation à propos de l'Irak, le président des Etats-Unis va diriger le Conseil de sécurité pour une session consacrée au désarmement et à la non-prolifération.

"Historique", selon Mme Rice, l'événement emprunte surtout au hasard du calendrier : il se trouve que les Etats-Unis président le Conseil en septembre, après le Royaume-Uni, en août, et avant le Vietnam en octobre. Mais la Maison Blanche n'a pas manqué de souligner que M. Obama sera le premier chef de l'exécutif américain à occuper le fauteuil présidentiel. Et l'image, probablement, restera. A un moment où M. Obama est en difficulté sur le plan intérieur, ses conseillers ont jugé utile de montrer le président à l'honneur à l'ONU.

M. Obama va prononcer son discours devant l'Assemblée générale mercredi. Après s'être adressé aux Européens (à Strasbourg), puis au monde musulman (au Caire) et aux Africains (à Accra), il entend "parler au monde", se réjouit l'association UNA-USA qui oeuvre à promouvoir l'image des Nations unies aux Etats-Unis.

Il va évoquer la nécessité de dépasser les querelles "recuites" depuis des décennies pour faire face aux défis communs que sont les épidémies, le changement climatique, la prolifération nucléaire.

Selon Mme Rice, il entend aussi, devant l'Assemblée générale, placer ses interlocuteurs devant leurs responsabilités. "On ne peut plus se permettre d'être immobilisés par les divisions Nord-Sud ou d'autres divisions traditionnelles qui empêchent une coopération internationale efficace. Tout le monde a des responsabilités. Les Etats-Unis guident de nouveau et nous souhaitons que d'autres se joignent à nous", affirme-t-elle.

Devant la presse, Mme Rice a détaillé à la Maison Blanche, vendredi, la nouvelle approche de l'administration. Plutôt que de traiter seulement avec les grands pays, elle entend rechercher aussi l'appui des plus petits, car "la moitié des membres de l'ONU ont moins de 10 millions d'habitants".

Depuis janvier, les Etats-Unis ont rejoint le Conseil des droits de l'homme, signé une convention internationale sur les droits humains, cessé de s'opposer à ce que soit mentionnée la Convention sur l'élimination des formes de discrimination contre les femmes, etc. Et Washington a payé ses arriérés à l'ONU, qui s'étaient accumulés de 2005 à 2008.

MULTILATÉRALISME

Côté résultats, M. Obama mise sur l'adoption - à l'unanimité - d'une résolution sur le désarmement. Faute d'une discussion sur l'Afghanistan, le seul dossier potentiellement porteur d'éclaircie est le Proche-Orient. M. Obama continue à espérer qu'il parviendra à tenir la rencontre envisagée avec le Palestinien Mahmoud Abbas et l'Israélien Benyamin Nétanyahou.

Sur le dossier iranien, la Maison Blanche a décidé d'annuler la réunion des chefs d'Etat du P5 + 1 (les membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne) qui devait se tenir en marge du sommet. Dans l'attente de la réunion du 1er octobre avec les Iraniens, deux rencontres de préparation sont prévues entre les ministres des affaires étrangères et les directeurs politiques.

M. Obama rencontrera aussi le président russe, Dmitri Medvedev, et Hu Jintao, qui est le premier président chinois à se rendre à l'Assemblée générale de l'ONU.

A New York, puis à Pittsburgh, au sommet du G20, les 24 et 25 octobre, M. Obama va pouvoir évaluer la disposition de ses interlocuteurs, alors que ses adversaires ne manquent pas de souligner, comme John Bolton, que le multilatéralisme ne lui a encore rien rapporté. Ce à quoi la Maison Blanche répond qu'elle a "planté le décor" de la nouvelle politique étrangère américaine et que Barack Obama est patient.

 

Corine Lesnes

 

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