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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 14:08




                                                                                               

A la justesse de la question posée, l’évidence de la réponse nous parait indiscutable diriez-vous. Tant, fini kodé a relevé dans son dernier article (chronique politicienne KNK)  les anachronismes, les incohérences, les impertinences du régime en place et de son président fondateur, le général-président François Bozizé.

La brusque et grotesque mutation opérée par les « S » stratèges  d’un mouvement naguère belliqueux en un parti politique respectable d’idéologie travailliste, d’obédience social-démocratie sonne le glas d’une aventure ubuesque et sans lendemain. Tel un artéfact, le KNK nouveau ne pourra se départir de son immanente conception guerrière et macabre.

S’il est permis dans cet article de démontrer la situation singulière et grave dont laquelle se trouve notre pays, il est également permis de croire que l’heure est venue de sonner le tocsin de la mobilisation nationale toute entière afin de mettre fin en 2010 à un régime décrié de toute part. Un régime qui a raflé de mémoire de nos concitoyens en seulement et seulement six années de règne, la palme du régime la plus impopulaire. Ce, malgré les multiples aides au développement que le régime a pu bénéficier. Un record dit-on, jamais obtenu par aucun autre régime dans notre pays. Se pose alors la question de la capacité de l’opposition démocratique  à relever le défi qui est celui de mobiliser la nation  pour battre le KNK en 2010.

DE LA CAPACITE DE  L’OPPOSITION DEMOCRATIQUE A RELEVER LE DEFI

Les manquements du régime en place nous permettent de l’autre côté de nous  interrogés notamment sur la capacité de cette classe politique de l’opposition démocratique.

Une opposition en complète désuétude qui se meut encore et toujours dans une eau glauque. Embourbée dans ses contradictions, elle se révèle être incapable de s’affranchir de ses vieux démons et autres infantiles tiraillements pour s’unir afin de porter un projet commun. Un projet dont le seul  objectif est de proposer une véritable  alternative pour la nation centrafricaine en péril. Si le régime du général-président continue à se comporter d’une manière condescendante en bafouant sans cesse les lois de la république et en négligeant impunément les différents rapports accablants qui sont établis par plusieurs organisations humanitaires, n’est-ce pas tout simplement parce qu’une certaine opposition ne joue pas réellement son rôle ? Une opposition qui joue et qui passe en catimini d’une posture de connivence à celle d’une opposition fébrile. A n’y rien comprendre comme dirait l’autre. Tout ceci, dans un balai à deux tempos. Aujourd’hui avec le régime, demain contre le régime. Cette opposition là se perd de plus en plus dans des conjectures et autres calculs politiciens surannés au désavantage d’une stratégie politique gagnante.

UNE OPPOSITION POLITIQUE INCAPABLE DE FORMER UN FRONT UNI

Le récent dialogue politique inclusif est révélateur de ce que peut produire en termes de plate forme commune l’opposition politique centrafricaine.  Voilà donc, une opposition politique dit-on unie mais profondément divisée dans les actes qu’elle a posés lors de ce dialogue politique combien salutaire pour la nation. Nous retiendrons  seulement que l’amateurisme avec lequel  l’opposition a préparé ce dialogue. Il y’avait autant de stratégies sinon de calculs politiciens que de partis politiques que comptent l’opposition démocratique. Chacun de son côté a cru bon de se fourvoyer par des déclarations aussi fracassantes les unes que les autres. Chaque parti politique de l’opposition à jouer sa partition avec la secrète ambition dont se nourrissait chaque acteur de faire partie du prochain gouvernement. Aucune préparation, aucune anticipation, l’opposition politique s’est présentée dans un ordre dispersé, chacun défendant son intérêt. Le résultat ne s’est pas fait trop attendre. Le général-président a compris tout le bénéfice qu’il pouvait tirer de ce tohu-bohu en mettant en place un gouvernement qui n’a rien à voir avec les recommandations du dit dialogue.

Depuis le dialogue politique inclusif, beaucoup d’eau a coulé sous le pont, tandis que l’opposition politique se morfond toujours et encore dans ses querelles intestines. Comme si le passé récent n’a pas servi de leçons. Ce sont les mêmes acteurs avec le même bagout qui redemandent aujourd’hui l’union qu’ils ont contribué à défaire hier.

UNE OPPOSITION PLUTÔT DOMINEE  PAR DES CALCULS POLITICIENS QUE PAR UNE VERITABLE STRATEGIE POLITIQUE GAGNANTE.

Depuis la défaite aux dernières élections présidentielles, suivi des improvisations du dialogue politique inclusif, toute la classe politique de l’opposition centrafricaine donne l’impression de n’avoir rien retenu. A moins que ce ne soit comme dirait l’autre une histoire de stratégie politicienne. Des calculs inavoués viennent s’ajoutés à d’autres calculs inavoués aussi loufoques les uns que les autres pour finalement entrainer toute l’opposition dans la défaite et le pays dans la désespérance. Toujours avec ces stratégies politiciennes fades et sans goûts dont l’opposition a le secret. Elle a foiré dans sa mission principale qui est celle de s’organiser d’une manière méthodique, moderne, active et unie  afin de conquérir ou plutôt de  reconquérir le pouvoir en 2010. Pourtant, elle avait tout le temps pour s’y consacrer. Hélas ! Mille fois hélas ! L’opposition démocratique comme d’habitude attend au dernier moment pour s’étonner de l’on ne sait quoi. Le tout dans une sorte de cafouillage générale qui donne l’impression du déjà vu. Et si Bozizé continue à juste raison d’ailleurs à braver impunément  tous les rapports d’organisations humanitaires et des droits de l’homme qui l’accablent d’une manière cinglante sur l’état du pays, à mépriser toute la classe politique centrafricaine, à bafouer  sans arrêt les lois de la république, c’est tout simplement parce que l’homme du 15 mars 2003 sait qu’il n’y a pas de véritable opposition unie, forte et structurée, prête à en découdre avec lui dont la clarté du message ne laisse pas de doute. Les mêmes personnes qui le combattent le jour, s’en vont nuitamment lui quémander quelques subsides ou des postes de sous ministre. 

Grosso modo, l’histoire des partis politiques de l’opposition et des hommes politiques   dans notre pays ressemblent à cela. Une histoire de trahison, de revendications inabouties, de coups foireux aveuglements partisans. Un jour avec le régime en place, le lendemain contre le même régime dans un balai incrédule à deux temps. Il n’y a jamais de place pour les projets de société et moins encore pour les convictions.

Notre beau pays est décidemment  un pays de contraste dans lequel les hommes qu’il faut ne sont jamais à la place qu’il faut. Les militaires ne veulent plus exercer le noble métier pour lequel ils sont formés alors que les rebelles ougandais sont à nos portes et sont en train de prendre en otage nos concitoyens. Ils préfèrent s’improviser en homme politique tandis que les hommes politiques en apprentis rebelle. Et si le général Bozizé continue à mépriser toute la classe politique centrafricaine, n’est-ce pas tout simplement parce que l’opposition manque d’audace, de cran, se morfond dans ses contradictions, dans ses chamailleries stériles et n’est surtout pas à en mesure de proposer pour l’heure une véritable alternative. Entre le paludisme et la malaria, Comment faire ? Que choisir ?

 OPPORTUNISME  ET MINIMALISME COMME METHODE D’ACTION DE L’OPPOSITION DEMOCRATIQUE

Tel un scénario démodé, les actes posés jusque là par toute l’opposition démocratique ont un parfum du passé. Comme si le passé récent ou les expériences tirées de la vie politique de notre pays n’ont servi à rien et n’ont pas de prise sur les partis politiques de l’opposition.

La première étape de cette séquence combien regrettable et aux conséquences incommensurables pour le pays tout entier est de voir ces partis politiques avec leurs zélés alliés, qui, hier encore ont exercé le pouvoir d’une manière irresponsable se tromper encore une fois de plus de combat. Ils n’hésitent pas à s’entredéchirer sous les yeux impuissants de leurs militants respectifs. Une guerre sans merci pour le leadership de ces partis politiques se déroule entre les fondateurs et leurs supposés dauphins. Tous les grands partis membres de l’opposition ou  non, surtout lorsqu’ils ne sont plus au pouvoir sont victimes de ce phagocytage en règle. Dès lors comment demander à des partis politiques et à ces leaders qui sont incapables de se réconcilier dans leur parti respectif de rassembler les centrafricains ? Comment attendre de ces leaders qu’ils observent plus tard les règles de la démocratie, du compromis à l’échelle du pays alors qu’ils sont incapables de l’appliquer dans leur parti politique respectif.

Deuxièmement, les partis politiques qui sont aujourd’hui dans l’opposition ont eu soit à exercer le pouvoir soit sont associés à l’exercice du pouvoir. Tous, ont lamentablement échoué sinon notre pays ne serait pas là où il est. Ces partis , qui sont structurés comme des partis politiques de masse, voilà qu’ils   se conduisent comme s’ils étaient dans un parti de cadre dans la pratique de l’activité politique. Eux, dont la plupart n’ont jamais été élu ne fut ce que de la plus petite commune de Centrafrique, si ce n’est le fait d’être nommé à une fonction à la faveur d’un régime. Eux, qui n’ont jamais gérer quoi que se soit projettent de devenir tantôt ministre de la république, tantôt premier ministre ou pourquoi pas président de la république. On croit tomber su la tête. Où sont passées les vertus de la république comme la méritocratie ?  Ils ont tôt fait d’oublier qu’ils se conduisaient à peu de chose près, comme le fait aujourd’hui le général Bozizé avec ses parents et amis.

Troisièmement, ces partis politiques de l’opposition n’offrent rien de nouveau à quelques mois des élections générales de 2010 pour notre pays sinon un discours démagogique qui est celui de battre Bozizé en 2010. Et…après ? Que proposent-ils ? Concrètement, il n’ya rien de nouveau à l’horizon en terme d’organisation structurée ou de nouvelle impulsion si ce n’est qu’une timide tentative de recréer une énième union de façade dont on connait déjà les résultats. Une union pour quels projets de société en dehors de celui de battre Bozizé. Nous aurions aimé que l’opposition démocratique prenne un peu plus de risque , qu’elle pose un acte fort, qu’elle nous apporte un peu plus de clarté , de lisibilité pour nous convaincre qu’elle a changé , qu’elle offrira et fera autre chose après 2010.

 Les mêmes hommes politiques qui se sont nuitamment cooptés hier pour participer au dialogue politique inclusif et qui ont lamentablement échoué, les partis politiques qui n’ont pas su présenter une plate forme unique lors de ce même dialogue politique inclusif se préparent à revenir pour abuser de l’espérance de notre peuple. Admettons que cette union anti boziziste se fasse, qui sera alors le meilleur des candidats pour battre le candidat sortant ?

Et enfin, à démagogie, démagogie et demi. Si l’on connait désormais au bout des doigts les méthodes de Bozizé, faites de déclarations fracassantes et sans effets, celles de l’opposition ne sont pas meilleures. Alors que les partis politiques de l’opposition prônent le changement, ils ne proposent rien en termes de programme politique si ce n’est que celui d’observer dans une démarche attentiste prête à rebondir et à dénoncer les manquements de Bozizé en attendant  l’occasion que celui-ci, par pitié, leur offre un poste de sous ministre. Et la boucle est bouclée. Le peuple centrafricain en a marre de cette opposition opportuniste et minimaliste. Finalement sans le vouloir, notre courageux et laborieux peuple ne se trouve t-elle pas être coincé entre le marteau et l’enclume ?

L’URGENCE  POUR L’OPPOSITION DEMOCRATIQUE DE DONNER DU SENS A LA LUTTE POLITIQUE.

Donner du sens à la lutte politique devrait être le leitmotiv d’une opposition sans âme afin de redonner une aura de notabilité à toute la classe politique en Centrafrique. Des éléments objectifs qui pourraient justifier le ralliement de tous ces partis politiques de l’opposition en une force pour battre le régime du KNK en 2010 existent. En dehors des conflits personnels, Il n’existe pas de véritable scission entre les partis politiques de l’opposition démocratique. Ni, en terme de structuration de ces différents partis, ni en terme d’idéologie et moins encore en terme de projet de société. Pourquoi alors créer autant de partis politiques pour revendiquer la même chose ? Alors que :

  Tous les leaders des partis politiques de l’opposition démocratique sont conscients des limites du      régime et s’accordent à vouloir battre le KNK en 2010.

2° Tous les partis politiques de l’opposition démocratique sont structurés comme des partis de masse.

  Ils sont conçus, se réclament ou font appel à la masse populaire qui représente la majorité dans notre pays.

4° Ils défendent une idéologie plutôt sociale. 

5° Plus de 80% de leurs projets respectifs se ressemblent.

C’est pourquoi, la tragi-comédie jouée depuis le 15 mars 2003 doit cesser à condition que toute l’opposition le veuille bien en donnant enfin du sens à la lutte politique dans notre pays. Et si Bozizé continue à entretenir un régime décrié de toute part avec la ferme intention de le prolonger coûte que coûte au delà de 2010, c’est tout simplement grâce à la bonhomie et à la mansuétude d’une certaine classe politique de l’opposition presque complice qui a fini par être gagné  par la torpeur ambiante. Pourra-t-elle enfin et définitivement prendre ses responsabilités en 2010 ? Pourra-t-elle présenter un seul candidat capable au nom de la patrie en danger afin de battre le KNK en 2010 ? 

 

Franck SARAGBA

   « Fini kodé »

 

 

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