Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 17:28




    siège de la BEAC à Yaoundé


(Mutations 14/09/2009)

 2400 chèques frauduleux ou suspects émis, 38 virements suspects repérés, 1298 retraits en liquides non reversés et non enregistrés dans le livre de caisse.

C'est un autre dossier brulant qui devrait certainement mobiliser dans les prochains jours les chefs d'Etats de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac). Et pour le président nouvellement élu du Gabon, Ali Bongo Ondimba, il s'agira assurément du premier test de sa capacité à voler au secours de ses compatriotes (comme l'a souvent démontré son prédécesseur et père), impliqués dans des affaires de grande envergure. Après donc l'affaire dite de placements à risques survenue en début de l'année en cours, voici une autre histoire de détournements de fonds à la Banque des Etats de l'Afrique centrale (Beac), où des citoyens gabonais seraient fortement impliqués. Et c'est l'hebdomadaire panafricain basé à Paris, Jeune Afrique, qui dans sa livraison n°2540 du 13 au 19 septembre sonne le tocsin, en relevant qu'entre 2004 et 2008, trente millions d'euros (dix-neuf milliards de francs Cfa) au minimum ont été détournés au sein du bureau de la Banque des Etats de l'Afrique Centrale à Paris.

"De 2004 à juillet 2008, 2400 chèques frauduleux ou suspects ont été émis, 38 virements suspects ont été repérés, 1298 retraits en liquides non reversés et non enregistrés dans le livre de caisse ont été effectués ", précise l'hebdomadaire dans "une enquête exclusive ". A partir d'audits et de rapports internes, le journal dresse également la liste des personnes concernées par l'affaire, les présumés responsables et bénéficiaires. On apprend alors que "les affinités nationales gabonaises ont joué un rôle clé dans les dérives coupables du bureau de Paris ". Des révélations qui amènent à comprendre comment, depuis 2004, des fonds injectés depuis le siège de Yaoundé, au Cameroun, sur les comptes parisiens du bureau extérieur de Paris ont été détournés et met en lumière les dysfonctionnements du Bep.

 Au regard de l'identité annoncée des principaux responsables impliqués dans ces détournements, la suite des événements devrait être lourde de conséquences pour la politique de gestion de la Beac adoptée depuis bientôt 35 ans et qui confère au Gabon le poste de gouverneur de cette banque d'émission. Selon les indiscrétions du journal, "Obiang Nguema Mbasogo, Paul Biya, Idriss Déby Itno sont bien décidés à profiter de l'occasion pour faire sauter le consensus de Fort-Lamy qui attribue depuis trente-cinq ans le fauteuil-clé de gouverneur à un ressortissant gabonais ".

Responsabilités

Au regard de cette actualité, et même si d'autres arguments pertinents peuvent justifier la visite "d'amitié" entreprise il y a quelques jours par le président nouvellement élu du Gabon au Cameroun, au Congo et au Tchad, en l'espace de quelques jours, certains observateurs y voient en cette tournée marathon une manœuvre qui vise à éviter " la colère " de ses pairs de la sous région. En janvier dernier, le Gabon avait déjà évité à son compatriote, gouverneur de la Beac, Philibert Adzembe, un départ précipité, au terme d'un sommet extraordinaire de la Cemac qui s'est tenu à Libreville.

Les chefs d'Etats présents à Libreville avaient décidé de "suspendre, à titre de mesure conservatoire, toute pratique de placement jusqu'à nouvel ordre [et de commanditer] un audit général de la Beac et un audit spécifique sur les opérations de placement [en vue de] réexaminer les modalités internes de fonctionnement (de la Beac) et de faire la lumière sur la façon dont lesdites opérations de placement ont été conduites ". Une mesure prise suite à un placement d'environ 530 000 euros (environ 238 milliards de francs Cfa) sur les places financières européennes, via la Société générale en France.

Si ce placement à risque avait eu des conséquences uniquement sur la sous région, la mauvaise gestion du Bep de la Beac risque d'avoir un impact sur le système monétaire français. Voilà pourquoi le ministère français de l'Economie et des Finances veut que " toutes les responsabilités, y compris en plus haut lieu, soient établies". Du fait de sa participation directe à la gestion et au contrôle de la Beac, Bercy estime que "sa propre garantie est engagée par le scandale ".

 Lazare Kolyang

© Copyright Mutations

 

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans Economie