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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 18:15




Communiqué du Ministère de la défense Nationale

La presse privée indépendante et particulièrement les journaux paraissant à Bangui, dans la recherche effrénée de nouvelles à sensation, ont accordé ces derniers jours dans leurs éditions de grandes manchettes à l'arrestation du Colonel Namboro, Chargé de Mission à la Présidence de la République, chargé de la sécurité du Palais de la Renaissance, qui aurait tenté de s'insurger, selon eux contre l’autorité de l'État.

Les journaux ont, à cette occasion, rappelé les relations étroites entre cet officier et le Chef de l’État, en précisant que cette mise aux arrêts fait suite à un acte de désobéissance de celui qui s'estime lésé, pour n'avoir pas obtenu la juste rémunération de son engagement dès les premières heures aux côtés du Chef Suprême.

Le Ministère de la Défense Nationale, des anciens Combattants, des Victimes de Guerre, du Désarmement et de la Restructuration de l'Armée voudrait préciser à cet effet qu'il s'agit d'un évènement dont le caractère exclusivement militaire ne saurait tolérer une quelconque médiatisation outrancière et une interprétation exagérées des faits. Le Département de la Défense Nationale rappelle que les punitions au sein de l'Armée obéissent à des règles précises, notamment lorsque les dispositions du Règlement de Discipline Générale dans les Armées ne sont pas scrupuleusement respectées.

Ces dispositions sont appliquées avec d'autant plus de rigueur lorsqu’il s’agit en particulier d'un officier supérieur. Ainsi, longtemps avant cette mesure, plusieurs officiers avaient été mis aux arrêts de rigueur ou de forteresse lorsqu'ils enfreignent au Règlement et ont, à l'issue de leur punition, repris du service. Il s’agit de la notion de base de la discipline générale qui prévoit une obéissance entière et une soumission de tous les instants du subordonné à son supérieur.

Le traitement et les commentaires réservés à ces faits militaires par les journaux traduisent une volonté évidente d'émettre des hypothèses sur des failles imaginaires qui seraient apparues dans le dispositif sécuritaire de ta Présidence de la République afin de saper inutilement l'autorité du Chef de l'État.

Fait à Bangui, le 03 Septembre 2009

Le Ministre Délégué à la Présidence de la République,

chargé de la Défense Nationale, dés Anciens Combattants,

des Victimes de Guerre, du Désarmement et

de la Restructuration de l’Armée.

 

Colonel

Jean Francis Bozizé

 

NDLR : Au moment où l’armée ougandaise opère dans le territoire centrafricain, consacrant ainsi la démission totale des autorités militaires centrafricaines sur les questions de sécurité nationale, ce bien curieux communiqué du ministère de la Défense est publié sous la signature d’un prétendu colonel. Mais le communiqué est néanmoins intéressant à plus d’un titre. Premièrement, il confirme que le colonel Issa Namboro Ketté a été bien mis aux arrêts et croupit encore dans les geôles du camp de Roux comme s’en sont fait écho certains journaux de Bangui. Secundo, il confirme aussi le grade de colonel du rejeton de Bozizé qui trône à la tête du ministère délégué à la défense nationale ce qui permet de poser quelques questions à l’intéressé. Ce colonel Jean Francis Bozizé est-il ressortissant de quelle académie militaire et de quelle école d’officier ? Répond –t-il à quel numéro matricule dans les Forces armées centrafricaines ?

Pour revenir au cas du colonel Issa Namboro Ketté dont Francis Bozizé dit qu’il s’agit d’un « événement à caractère exclusivement militaire », il est question d’un ex-libérateur qui avait rejoint Bozizé dans les premières heures de sa rébellion et pris une part très active dans celle-ci. Après le 15 mars 2003, il a joué un rôle très important dans la répression des premiers moments après ce coup d’Etat, en s’illustrant par des exactions diverses dans Bangui. Il fut celui-là même qui avait procédé à l’arrestation et détention arbitraires de Luc Apollinaire Dondon Konamabaye et son frère cadet à la SRI. Il fait partie de ces ex-libérateurs qui pensent qu’ayant beaucoup souffert en brousse pour la prise du pouvoir de Bozizé, ils doivent vivre ad vitam aeternam de la rente de cette accession au pouvoir. Ainsi, ils entendent être au-dessus de la loi et jouir des bagnoles, des villas, des femmes et de tous les attributs du pouvoir, généralement arrachés avec violence et brutalité à des tiers ou acquis frauduleusement, sans que quiconque puisse leur dire quoi que ce soit.

C’est ainsi que lors du dialogue national à la Bozizé de la fin d’année 2003, Namboro Ketté avait avoué à la tribune avoir eu une violente altercation avec le général Jules Bernard Ouandé qu’il s’était promis d’abattre pour une sombre affaire de véhicule mais qu’il ne le ferait plus. Par la suite, il aurait aussi maille à partir avec Mme la ministre des affaires sociales de l’époque, Solange Pagonendji Ndakala alias Arôme Maggi qui en avait informé Bozizé au téléphone. Ce dernier lui aurait même conseillé de se méfier de ces ex libérateurs.

Pour se faire un peu oublier, Namboro a été affecté à l’ambassade de la RCA à Rabat au Maroc. Il va y créer un grave incident au cours duquel il agressera et frappera Mme Eugénie Lenguendayen, attachée financier dans cette ambassade, dans le bureau même de l’ambassadeur Ismaïl Nimaga. La pauvre dame quittera définitivement son poste et le Maroc pour la France. Ramené à Bangui, Namboro Ketté est nommé chargé de mission à la présidence chargé de la sécurité du palais. Récemment encore, le même Namboro aurait encore eu une altercation avec Mme Solange Ndakala à l’hôpital communautaire on ne sait trop à quel sujet.

A la suite d’une ténébreuse affaire de véhicule l’ayant opposé à un autre ex libérateur Martin Godongaye, Bozizé aurait ordonné son arrestation. Il est ramené et présenté manu militari dans son bureau au palais mais à ce sujet, plusieurs versions circulent à Bangui selon lesquelles,  Namboro se serait subitement emparé de l’arme de poing d’un de ceux qui l’ont interpellé et aurait menacé, soit de se suicider avec ou d’abattre Bozizé. Une chose est sûre : on a frôlé la catastrophe il y a quelques semaines. Suite à cela le colonel Issa Namboro Ketté aurait été copieusement bastonné et mis en geôles au camp de Roux avec deux ou trois côtes cassées dit-on. Sa renommée parmi les ex-libérateurs est telle qu’à présent, il passe à leurs yeux pour un véritable martyr à tel point que Bozizé lui-même en aurait pris peur et chercherait un moyen pour le remettre en liberté. En attendant, il aurait été conseillé à certains membres du gouvernement accusés d’être à l’origine des ennuis du colonel Namboro de ne se promener dans Bangui qu’à bord de voitures banalisées et non officielles de peur de représailles. Manifestement Bozizé a plus à craindre de ses proches et ex-proches que des autres, tant politiquement que militairement. Les contradictions qui les opposent et qui portent sur des questions de partage inéquitable de prébendes du pouvoir, peuvent prendre un jour un caractère plus tragique que ce à quoi on assiste aujourd’hui.

Tout en donnant l’apparence de gens qui sont comme des larrons en foire, Bozizé se méfie malgré tout de son argentier Ndoutingai, de ses deux ministres d’Etat Cyriaque Gonda, lui aussi patron d’un parti politique le PNCN, et d’Anicet Parfait Mbay, ainsi que de Jean Serges Wafio, patron du PDCA. Tous les quatre se verraient bien prendre la succession de Bozizé mais pour l’instant sont tapis dans l’ombre. Leurs contradictions finiront bien par éclater au grand jour d’ici là…wait and see…

 

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