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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 00:53




 

AFP 05/09/2009 | Mise à jour : 20:38

Les résultats de l'élection présidentielle du 30 août au Gabon remportée par Ali Bongo, "sont faux", ont réaffirmé samedi à Libreville plusieurs candidats malheureux au scrutin, dont l'ex-ministre de l'Intérieur André Mba Obame, classé deuxième dans le scrutin.

"Nous savons que les résultats annoncés par le ministre de l'Intérieur sont faux", a déclaré à la presse l'ancien Premier ministre Jean Eyéghé Ndong, qui s'était désisté en faveur de André Mba Obame avant le scrutin.

Jean Eyéghé Ndong s'exprimait devant la presse au nom de plusieurs candidats. Certains d'entre eux ou leurs représentants étaient réunis au siège de campagne de l'opposant Zacharie Myboto.

André Mba Obame, qui n'était pas apparu depuis la dispersion d'un sit-in de l'opposition jeudi matin, était présent et n'avait pas de blessures apparentes. Sollicité, il n'a pas souhaité s'exprimer.

En revanche, l'opposant historique Pierre Mamboundou, classé troisième au scrutin et qui n'avait pas non plus été vu en public et n'avait fait aucune déclaration depuis jeudi, était absent, mais représenté à cette rencontre.

 

Gabon: nouvelle mission d'un émissaire de l'UA pas justifiée

LIBREVILLE - Une nouvelle mission de "diplomatie préventive" au Gabon de Moustapha Niasse, émissaire de l'Union africaine, "ne se justifie pas", a souligné le gouvernement gabonais, affirmant qu'un calme progressif s'installait dans le pays après des violences post-électorales.

Dans un communiqué publié samedi soir, le gouvernement gabonais affirme apprécier "l'intérêt" de la Commission de l'Union africaine (UA) qui "envisage de dépêcher à nouveau (au Gabon) Monsieur Moustapha Niasse (ex-Premier ministre sénégalais) à la tête d'une délégation en vue de continuer à apporter une contribution à l'aboutissement heureux de la transition ouverte le 8 juin", au décès du président Omar Bongo Ondimba.

"En l'état actuel de la situation (...), la venue d'une telle mission ne se justifie pas. Aussi, il n'apparaît pas nécessaire de la part de la Commission de l'UA d'initier une mission dont la vocation concerne les pays membres en crise", poursuit le communiqué.

L'UA avait indiqué vendredi dans un communiqué qu'elle prévoyait "de dépêcher" M. Niasse à Libreville "dans la poursuite de ses démarches de diplomatie préventive", après une première mission effectuée du 24 au 29 août, veille de l'élection présidentielle.

Ali Bongo, fils du défunt président Omar Bongo Ondimba, a été déclaré élu avec 41,73% des voix à l'issue du scrutin, ce que conteste l'ex-ministre de l'Intérieur André Mba Obame (classé 2e) et l'opposant Pierre Mamboundou (classé 3e).

Depuis l'annonce de son élection, jeudi, des troubles ont eu lieu à Libreville mais surtout à Port-Gentil (ouest), capitale pétrolière du pays placée depuis sous couvre-feu de 19H00 à 05H00 GMT et où au moins deux personnes sont mortes.

Selon le gouvernement gabonais, "la situation dans la ville de Port-Gentil, qui était, en effet, préoccupante revient progressivement à la normale et le calme y règne désormais" et "le couvre-feu décrété sera très prochainement levé".

Vendredi, le ministre de l'Intérieur et de la Défense avait indiqué que le couvre-feu était instauré "jusqu'à nouvel ordre".

"Les forces de sécurité poursuivent leur mission de prévention et de sécurité à Port-Gentil. Quant à Libreville, la situation s'est normalisée au lendemain de l'annonce des résultats" du scrutin, poursuit le gouvernement gabonais, assurant notamment que "la libre circulation des personnes et des biens (était) entièrement observée".

Dans son communiqué, la Commission de l'UA avait invité les Gabonais à "faire preuve de la plus grande retenue". Cette institution est dirigée par Jean Ping, ex-ministre gabonais des Affaires étrangères.

Le président en exercice de l'UA, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a félicité par téléphone Ali Bongo pour son élection, a rapporté samedi l'agence officielle libyenne Jana.

(©AFP / 05 septembre 2009 21h50)

 

 

On achève mal la Françafrique

Analyse

La victoire d’Ali Bongo apparaît comme une occasion ratée de rompre avec les usages du passé.

Par CHRISTOPHE AYAD, THOMAS HOFNUNG Libération 04/09/2009 à 00h00

La «rupture» prônée par Nicolas Sarkozy et les anciennes colonies françaises en Afrique n’a pas duré le temps d’un mandat : le président français a beau multiplier les déclarations, promettre une remise à plat des accords de défense, assurer qu’il veut couper le cordon ombilical, le «pré carré» lui colle aux basques comme le sparadrap du capitaine Haddock. Il a suffi de quelques gestes, de quelques maladresses et d’un peu de peur, en tout début de mandat, pour que les Africains comprennent le message subliminal : pas plus que ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy n’entend rompre - ou ne parvient à le faire - avec les délices vénéneux de la «Françafrique», alors qu’il avait proclamé, dès 2006 à Cotonou, sa volonté de «rompre avec les pratiques du passé» et d’entamer un échange d’égal à égal, basé sur les seuls intérêts de chacun.

«Conseils». Premier acte : le 6 mai 2007, Omar Bongo est le premier chef d’Etat à saluer au téléphone le nouveau président français. Mais, le lendemain, il donne, sur RFI, une version autrement croquignolesque de cet échange. Ce serait Sarkozy qui aurait appelé le doyen des chefs d’Etat africain et non le contraire, pour le «remercier de ses conseils» durant la campagne électorale. L’Elysée ne dément pas.

Deuxième acte : en juillet 2007, Nicolas Sarkozy veut effectuer une première minitournée africaine. L’Elysée songe à l’Afrique du Sud, au Ghana, tous deux anglophones et exemplaires à des titres divers mais, faute de temps, rien n’est «booké». On se rabat alors sur le pré carré, toujours disponible et prêt à recevoir.

Affront. Pour ne pas perdre de temps, Nicolas Sarkozy en profite pour effectuer au préalable une tournée en Libye, afin de remercier Muammar Kadhafi, qui vient de libérer les infirmières bulgares. Dans la foulée, il prononce le catastrophique discours de Dakar sur l’homme africain qui ne serait pas «assez entré dans l’histoire» et termine par une escale ennuyée au Gabon, chez le patriarche Bongo. Ce dernier aurait fait comprendre qu’une première tournée africaine sans passer par le palais du bord de mer à Libreville serait un affront irréparable. Sarkozy a cédé, sans masquer son peu d’intérêt pour la chose. Trop tard, le message est passé auprès des opinions africaines.

Troisième acte : les pieds nickelés de l’Arche de Zoé sont arrêtés au Tchad à la suite de leur projet de faire venir en France des centaines d’orphelins du Darfour, en fait des petits Tchadiens… Emprisonnés et jugés, ils sont devenus une monnaie d’échange. Idriss Déby les gracie au lendemain d’un assaut avorté des rebelles sur la capitale N’Djamena, en février 2008, que l’armée française a aidé à repousser, alors que le président est en train de convoler avec Carla Bruni. La boucle est bouclée.

Pourquoi la volonté initiale de rupture s’est-elle délitée aussi rapidement ? Par inexpérience, à cause de la force des habitudes - les acteurs africains, dirigeants comme opposants, continuent de solliciter le soutien de Paris, vu comme un précieux sésame - mais aussi en raison de la volonté de Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, de gérer en direct les affaires étrangères en général et africaines en particulier.

La succession d’Omar Bongo aurait pu offrir l’occasion, pour Paris, de marquer la rupture promise, mais le rendez-vous a été manqué, comme lors de la succession de feu Eyadéma au Togo, en 2005, sous Chirac. Même si l’Elysée s’en défend, les Gabonais ont acquis très vite la conviction que Paris soutenait Ali Bongo. A tort, assurent certains conseillers du Président.

Sifflets. Voire. Ali Bongo n’a-t-il pas été reçu à l’Elysée à l’été 2008 ? Oui, répond-il à l’hebdomadaire Jeune Afrique, mais «dans le cadre de mes fonctions de ministre de la Défense». L’argument ne convainc pas. L’avocat Robert Bourgi, très proche de Claude Guéant et de Nicolas Sarkozy, a publiquement soutenu le fils Bongo. Et au printemps, lors du séjour d’Ali Bongo à Paris pour une intervention chirurgicale, Claude Guéant s’est porté à son chevet.

Ce soutien affiché par le premier cercle du président français n’a pas échappé aux Gabonais. Lors des funérailles de «papa Bongo», des sifflets avaient accueilli Nicolas Sarkozy à Libreville. L’incident avait été préparé, et le chef de l’Etat l’avait imputé aux médias français qui auraient eu le tort d’annoncer trop tôt la mort d’Omar Bongo

En réalité, son fils a su rassurer Paris sur la défense de ses intérêts, économiques et stratégiques, au Gabon. Ignorant le ressentiment de la population qui aspire à un réel changement, le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain Joyandet, avait appelé, à l’avance, les Gabonais à accepter les résultats. Autrement dit : la victoire inéluctable du fils Bongo.

 

 

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