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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 00:01




 

LEMONDE.FR | 04.09.09 | 15h34  •  Mis à jour le 04.09.09 | 15h45

Odile Biyidi, présidente de l'association Survie


La commission électorale gabonaise a désigné Ali Ben Bongo comme vainqueur de l'élection présidentielle. Il succédera à son père qui avait dirigé le pays pendant 41 ans. Des émeutes ont eu lieu dans plusieurs villes du pays, dénonçant des fraudes lors du vote. Les manifestants s'en sont aussi pris à des symboles de la présence française dans le pays, en attaquant une station essence Total et le consulat français à Port-Gentil. Odile Biyidi, présidente de l'association Survie – qui mène des campagnes d'information pour une réforme de la politique de la France en Afrique – dénonce elle aussi un coup de force et la perpétuation d'un système d'influence entre la France et l'Afrique.

Pour vous, l'élection d'Ali Ben Bongo à la place que tenait son père depuis 1967 est entachée d'irrégularité ?

Oui. Les premières constatations dans les bureaux montraient une avance considérable des deux candidats d'opposition (Pierre Maboundou et Andre Mba Obame) et Ali Bongo arrivait assez loin en troisième position. Ce résultat est un coup de force. Il n'a même pas été annoncé à l'unanimité car le procès verbal n'a pas été signé par tous les membres de la commission. Il y a eu beaucoup d'affrontement au sein de cet organe qui a longtemps tergiversé pour remettre les résultats. Quoi qu'il en soit, la décision finale n'apparaît pas très correcte et légale. Mais aujourd'hui, il n'y a pas de possibilité de vérification car rien n'est transparent dans la procédure de dépouillement ou dans les chiffres. Ces derniers apparaissent très partiels et on n'a même pas de chiffre de la participation. Rien n'est correct dans ces résultats.

Après 41 ans de règne sans partage, on attendait beaucoup de la première élection réellement pluraliste du Gabon. Est-ce un espoir déçu ?

On a le témoignage de Marc Ona, un leader tout à fait reconnu de la société civile, qui dit que la victoire d'Ali Bongo était déjà annoncée avant même le dépouillement. C'est dans la continuité totale des années précédentes. C'est ça qui est le plus désolant, l'absence de changement dans les pratiques de fraude, de mainmise sur tous les organes du pouvoir, de la justice à la commission électorale. Avant les élections, Ali Bongo ne voulait même pas démissionner de son poste de ministre de la défense. Il a fallu qu'il y soit contraint, mais en fait c'est resté formel. Il détenait toujours tous les rouages du pouvoir pendant la campagne.

Les manifestants s'en prennent notamment aux "intérêts français" au Gabon. Pourtant Paris s'est défendu de toute ingérence.

Les Français peuvent croire les déclarations d'Alain Joyandet [secrétaire d'Etat chargé de la coopération et de la francophonie] selon lesquelles la France est restée neutre. Mais les Gabonais y voient une sacrée plaisanterie. Pour eux la présence des intérêts français est tellement évidente dans leur pays. La présence écrasante du contingent français reste intimidante pour les manifestations de l'opposition. Il y a aussi des intérêts dans le pétrole, le bois et l'uranium. Bolloré vient par exemple de créer une société de service et de transport pour aider les entreprises à venir exploiter les ressources du Gabon, notamment les entreprises chinoises. Et c'est Pascaline Bongo qui est présidente de cette société. On voit bien là les intrications d'intérêt des Français avec le clan Bongo.

Là encore, pour vous on est dans une certaine continuité, mais quel est l'intérêt de la France à voir au pouvoir un candidat plutôt qu'un autre ?

La France a envoyé des observateurs complaisants qui ont déclaré avant même le moindre contrôle que les élections s'étaient bien passées. Un certain nombre de proches de Bongo sont venus se faire "briefer" en France avant les élections. De toute façon se sont des gens qui passent toutes les semaines en France, qui y ont des résidences, des proches. Leur staff est français. Tout ceci est dans la continuité d'une complicité qui repose sur beaucoup de trafics inavouables. Il n'y a pas que les activités commerciales "normales" comme le bois où le pétrole. Il y a tout le système occulte des commissions et rétro-commissions. S'il y avait un changement, beaucoup de choses pourraient être déterrées. Avec Bongo, il n'y aura aucun changement.

 

Propos recueillis par Antonin Sabot

 

Au Gabon les dernières convulsions de la Françafrique

Isabelle Lasserre Le Figaro
04/09/2009 | Mise à jour : 07:


Cent cinquante militaires français ont pris position jeudi devant le consulat général incendié dans le sud-ouest du pays. Les Français résidant sur place sont invités à rester chez eux.

 

Malgré les tentatives récentes de l'Élysée pour défaire les liens intimes qui ont si longtemps uni le pouvoir français à ses an­ciennes colonies africaines, les vieilles habitudes de la «Françafrique» sont tenaces… Les violences qui ont éclaté jeudi au Gabon viennent de le rappeler.

Quatre-vingts militaires français ont dû intervenir jeudi matin pour secourir le consul de France de Port-Gentil, dont les bureaux avaient été incendiés par des opposants à Ali Bongo, déclaré vainqueur de l'élection présidentielle. Les installations de Total et de Schlumberger ont également été prises à partie. Une employée du groupe franco-américain a été «sérieusement blessée» par des partisans du candidat Bruno Moubamba, qui accusent la France d'avoir imposé le fils de l'ancien président Omar Bongo, dont ils contestent l'élection. Cent vingt soldats français, appartenant pour l'essentiel au 6e bataillon d'infanterie de marine, étaient toujours en alerte jeudi soir dans cette ville du sud-ouest du pays. Alors que la situation restait très volatile, certains craignaient que les intérêts nationaux ne soient à nouveau pris pour cible, dans ce pays qui héberge environ 9 500 résidents français. Vendredi matin Bernard Kouchner a exhorté les Français habitant au Gabon à la prudence. "Nous leur disons de rester chez eux pour le moment", a-t-il déclaré sur RTL.

 Ce n'est pas la première fois que les forces armées françaises doivent intervenir à Port-Gentil, la deuxième ville du pays et le fief de l'opposition. En 1990, de violentes émeutes avaient ébranlé le pouvoir du président Omar Bongo. C'est François Mitterrand qui avait alors ordonné aux soldats français de rétablir l'ordre…

 Redéfinir les accords de défense

 Le Gabon a toujours été le meilleur allié de la France sur le continent africain et, de tous les présidents de la région, Omar Bongo - 41 ans de règne - fut celui qui entretint les liens les plus intimes avec les cercles du pouvoir français. «L'Afrique sans la France, c'est la voiture sans le chauffeur. La France sans l'Afrique, c'est une voiture sans carburant», avait-il coutume de dire.

En arrivant à l'Élysée, Nicolas Sarkozy avait promis de mettre fin à ces relations quasi incestueuses. Il avait notamment promis de redéfinir les accords de défense conclus entre Paris et ses anciennes colonies, dont certaines clauses secrètes autorisaient les forces armées françaises à se porter au secours des régimes en cas de crise grave. La France, estime le président français, ne doit plus se comporter en «gendarme de l'Afrique».

Deux de ces accords jugés «obsolètes» et qui ont trop souvent servi à justifier des interventions controversées dans les années 1980 et 1990, ont d'ores et déjà été renégociés, au Togo et au Cameroun. En ouvrant une base militaire à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis, Nicolas Sarkozy a également opéré un recentrage stratégique de la présence française à l'étranger. Au détriment de l'Afrique : l'implantation militaire en Côte d'Ivoire a été ramenée à 900 hommes et l'une des deux bases françaises d'Afrique de l'Ouest - au Sénégal ou au Gabon, justement - doit être fermée. À terme, la France ne devrait plus maintenir que trois bases militaires permanentes en Afrique : une dans l'Ouest, une dans le centre, l'autre dans l'Est.

Si la situation dégénère…

 En attendant, l'élection gabonaise pourrait rattraper une nouvelle fois la France, au moins momentanément. Un petit millier de militaires français sont basés au Gabon et ce contingent pourrait être renforcé s'il fallait évacuer les résidents français. Mais que se passera-t-il si la situation dégénère vraiment et que le président officiellement élu, Ali Bongo, demandait l'aide des militaires français, alors que l'accord de défense liant Paris à Libreville n'a pas encore été renégocié ?

 




Gabon Déclaration de presse de l’Union du Peuple Gabonais (UPG)

Alfred MBA ASSEKO
Vendredi, 04 Septembre 2009 17:41

DECLARATION DE PRESSE


Mesdames, Messieurs,

Déterminés à installer définitivement au GABON, l’ordre héréditaire du clan BONGO, une unité de bérets rouges, composée par des éléments spécialement choisis au sein de la frange la plus conservatrice de l’ethnie TEKE, et dirigée par les généraux Roch ONGANGA et Paul OPERA, a engagé, le 3 septembre 2009, une opération militaire aux conséquences incalculables.

Pour faire échec au coup d’Etat électoral élaboré dans les officines du candidat du Pouvoir, qui entendait dépêcher un commando au siège de la Commission Electorale Nationale Autonome et Permanente, les partisans du changement on entrepris de faire pression sur ladite commission, en occupant pacifiquement le chemin d’accès à cette institution.

Cette manifestation citoyenne, parfaitement encadrée par les forces de gendarmerie nationale et les éléments de la garde républicaine de faction, n’a connu, toute une nuit durant, aucun débordement.

C’est dans ces conditions et contre toute attente, que l’unité de bérets rouges, dirigés par le colonel ONGANGA Roch, a débarqué sur des lieux parfaitement sécurisés, pour agresser de paisibles manifestants, parmi lesquels Messieurs Pierre MAMBOUNDOU, André MBA OBAME, mais aussi plusieurs candidats à la dernière élection présidentielle, ainsi que des personnalités politiques éminentes.

Au regard des brutalités infligées sans ménagements, y compris aux premiers responsables politiques présents sur les lieux, les militants de l’Union du Peuple Gabonais expriment aujourd’hui leurs plus grandes préoccupations pour la vie de leur leader, celle de ses collaborateurs et celle de ses collègues.

L’Union du Peuple Gabonais qui n’a aucune information au sujet de Monsieur Pierre MAMBOUNDOU, s’inquiète des conséquences du traitement dont il a été l’objet, traitement qui de l’avis de nombreux témoins, peut aujourd’hui nous faire craindre la mort.

Face à une telle issue, l’Union du Peuple Gabonais lance un appel pressant à toutes les forces du changement ainsi qu’à tous les démocrates sincères, afin qu’ils se mobilisent partout ils le peuvent, pour défendre l’ordre républicain, désormais apprivoisé par les tenants de l’ordre héréditaire.

Dans l’urgence et pour des raisons humanitaires, l’Union du Peuple Gabonais lance, ici et maintenant, un appel urgent à l’endroit de la communauté nationale et internationale, aux fins d’identifier le lieu où se trouve le Président MAMBOUNDOU, lui apporter les soins nécessaires, et surtout, le sécuriser d’avantage du comportement imprévisible des auteurs du coup d’état électoral, qui répondront de toutes les conséquences fâcheuses devant le Peuple gabonais.

D’ores et déjà, l’Union du Peuple Gabonais réfute les résultats annoncés par la CENAP, qui ne reflètent en aucune manière la vérité des urnes.

A ce propos et sans délai, l’UPG va engager une concertation générale au sein de l’Alliance pour le Changement et la Restauration, pour envisager de manière collective, toutes les mesures qu’exigent la situation du moment.

Face à l’oppression imposée par les forces héréditaires, l’UPG se prévaut de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du Citoyen, qui en pareille circonstance, légitime le recours à la résistance.

Ensemble nous vaincrons.

Fait à Libreville le 3 septembre 2009

Le Secrétaire Politique chargé des Questions électorales et des organes locaux

Vendredi 04 septembre à 19h59

 

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