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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 21:39




 

En vue de sa plus que probable candidature à sa propre succession à la prochaine élection présidentielle, François Bozizé a décidé de se doter d’un parti politique. Depuis le jeudi 20 août, une assise réunit les caciques de l’ex KNK triés sur le volet venant de tous horizons géographiques se tient à Boali (90km) de Bangui avec en ligne de mire, l’investiture de Bozizé comme candidat. Il y a quelques semaines courant juillet dernier, le ministre de l’intérieur Elie Ouéfio est venu en France réunir quelques Centrafricains à Lyon leur annoncer la perspective de création de ce parti politique pour les besoins de la victoire électorale de Bozizé.


Ce ministre boziziste a distribué en passant à ces compatriotes quelques enveloppes contenant des milliers d’euros. Puis une seconde délégation composée de deux anciens ministres bozizistes, Abraham Ngoto Bouloum et Bernard Bonda sont arrivés début août avec dans leur escarcelle une enveloppe dit-on de 20.000 euros et des billets prépayés Paris – Bangui aller retour sur vols de la compagnie libyenne Afriquiyah pour qu’une dizaine de personnes, quasiment désignées d’avance et qualifiées de « KNK pur », de l’Ile de France, de Lyon, Toulouse et Bordeaux, puissent se rendre à Bangui prendre part à la fameuse réunion constitutive du parti bozizéen.


On ne peut dénier à Bozizé l’initiative de créer son parti politique pour les besoins légitimes de ses ambitions politiques. Mais on est obligé de constater que pendant que les Centrafricains assistent à cette débauche d’argent dilapidé tant au pays qu’en France, des organismes des Nations Unies comme l’UNICEF, ou l’ONG Action Contre la Faim, tirent la sonnette d’alarme sur le fait que plusieurs centaines de milliers d’enfants centrafricains sont en danger de mort parce que faisant l’objet de malnutrition infantile sévère.


Les résultats  d’une enquête récente menée en juillet dernier par une équipe d’Action Contre la Faim dans le Sud Ouest du pays en Mambéré Kadéi, sont inquiétants et font franchement froid au dos. On y relève qu’« En termes de nutrition, 50% des Centrafricains ne mangent qu'une fois par jour une nourriture quasi exclusivement à base de manioc. »


Dans le même rapport, on lit que « L'évaluation rapide de la situation nutritionnelle menée par ACF fin juillet 2009 sur la ville de Berberati a révélé que 7% des enfants évalués souffrait de la forme la plus grave de la malnutrition : la malnutrition aigüe sévère. Les normes OMS définissent le seuil d'urgence nutritionnelle à 2% de malnutrition aigue sévère. La situation de la ville de Berberati est donc critique, mettant en jeu le pronostic vital de plus de 1100 enfants concernés ».


Action Contre la Faim met en outre un doigt accusateur sur les conséquences de la mauvaise politique du régime de Bozizé et Ndoutingai faite de fréquents braquages des collecteurs et autres fermetures intempestives de bureaux d’achat de diamant dans les régions minières, le tout couronné par l’entrée en vigueur d’un code minier complètement dissuasif pour tout investisseur dans cette filière. « Les activités minières et commerciales, qui constituaient le moteur de l'économie locale, ont subi un net ralentissement depuis plusieurs mois, à l'origine d'une forte perte de revenus, entraînant l'affaissement socio-économique de la région et cette crise nutritionnelle. »
 

Avec une telle situation comment peut-on s’étonner de lire qu’en République centrafricaine  « 80% de la population y vit avec moins de 2 dollars par jour. L'espérance de vie diminue en moyenne de 6 mois chaque année depuis 1966 et est passée en dessous des 40 ans. Le taux de prévalence du SIDA y est l'un des plus élevés d'Afrique centrale et le pays est 178ème sur 179 au classement du PNUD sur l'Indice de Développement Humain ».


A la tête du pays et aux commandes depuis mars 2003 date de son coup d’Etat, à qui d’autres doit-on imputer la responsabilité d’un tableau aussi catastrophique si ce n’est à François Bozizé avec sa mauvaise gouvernance.

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation