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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 16:51




 

 

«La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais de tous les systèmes» disait en substance celui qui fut le premier ministre du Royaume-Uni de 1940 à 1945 puis de 1951 à 1955, le très pragmatique, l’honorable Sir Winston Leonard Spencer-Churchill".


Ce postulat a fini par traverser à la fois des années de troubles, d’incertitudes puis d’accalmies et de reconstruction qui ont succédé à la deuxième guerre mondiale au demeurant meurtrière. Le bon sens qui a toujours animé le premier ministre britannique s’est transformé définitivement en une évidence indiscutable. La démocratie, bien que érodée et ébranlée par la coalition de régimes autoritaires a tenu bon. Désormais le concept démocratique dont les racines dit-on remonte aux cités grecques et qui a subi à travers siècles, révolutions et maintes remises en question pour s’adapter au temps moderne pouvait se répandre comme « la panacée ». Ce concept multi séculaire a fini tant bien que mal par s’imposer aussi bien dans les anciens pays du bloc de l’est que dans les monarchies et autres pays colonisés devenus indépendants. La démocratie n’est donc pas un système figé mais plutôt un système évolutif par conséquent il appartient à chaque nation de trouver dans la pratique la forme la plus fonctionnelle, la plus utile et la plus acceptable par tous.


L’idéal serait une démocratie centrafricaine débarrassée de cet« idéalisme démocratique » et de ses scories.


Le concept démocratique bien que répandue comme système de gouvernement contient cependant un certain nombre d’inconvénients, de dysfonctionnements et de contradictions.

Pour exemples, la lenteur dans la prise de décision, la sous représentation ou la sur représentation dans certains cas de la population posent problème. L’impossibilité de faire des projets à long terme du fait de la limitation de plus en plus courte de la durée des mandats par souci d’alternance encourage la démagogie. Celle-ci est entretenue par les élus dans l’espoir d’être réélu. Elle constitue l’une des conséquences notoires et fâcheuses d’une démocratie au rabais. Le fonctionnement de la machine démocratique exige également des moyens financiers et humains appropriés que ne disposent toujours pas notre pays. Notre démocratie fonctionne avec l’argent et les idées des autres. Une fois seulement tous les cinq ans la population est sollicitée pour se prononcer par un vote. L’élu dispose ainsi de toute la durée du mandat pour représenter et décider au nom de la population au risque de faire le contraire de ce que l’on attendait de lui. Nous avions vu que dans le cas de la république centrafricaine, la démagogie, le mensonge, le populisme sont devenus malheureusement la règle alors que nous sommes issus de la culture orale et de la valeur combien importante que l’on accorde à la parole donnée. Face à l’immoralité grandissante, entretenue par des gouvernants irresponsables et qui fait des ravages dans la société centrafricaine, les hommes politiques ne devront-ils pas s’inspirer des valeurs de la parole donnée, de la loyauté pour exercer leur mandat ?


Si le principe défini par Abraham Lincoln qui est celui de la sacralisation d’un gouvernement de l’homme, par l’homme et pour l’homme est acquis. Ce, par le biais du vote universel et du sacro saint « un homme, une voix», il n’en demeure pas moins que la « DEMOCRATIE » se conjugue au pluriel. Celle-ci demande une pratique conforme aux réalités de chaque pays. Par conséquent, il appartient à la république centrafricaine d’adapter le concept démocratique aux réalités sociaux économique de notre pays pour que la pratique démocratique soit compris et accepter par tous. Ainsi, nous pourrions tous à l’unisson nous prémunir et nous rassembler autour d’hommes élus, conscients de la souffrance de notre peuple, sensibles aux valeurs humaines et avertis des enjeux de notre temps. Tout ceci, sera basé bien entendu sur les seuls critères de compétence, d’intégrité et de sagesse. Ainsi, porteuse d’un idéal commun, cette démocratie centrafricaine une fois débarrassée de « l’idéalisme démocratique » et de ses scories pour ne préserver que les enseignements d’une pratique utile et vraie. Pratique démocratique dans laquelle, les centrafricains à n’en pas douter se reconnaitront, s’identifieront et consentiront volontiers à son épanouissement.


DE LA DEMOCRATIE … AUX DEMOCRATIES


Entre l’Inde, qui par sa population est considérée comme la plus grande démocratie du monde, les états unis d’Amérique qui par sa puissance économique sont considérés comme la démocratie la plus libérale et les vieux pays d’Europe qui sont qualifiés de plus anciennes démocraties existent de réelles différences dans la pratique. Pourtant, tous se réclament de la grande famille des pays qui ont adopté la démocratie comme mode de gouvernement avec toutefois des différences appréciables aussi bien dans le mode de fonctionnement que dans la forme de participation de leurs citoyens respectifs. Une différence qui provient de la spécificité de chaque pays notamment de l’histoire socio culturelle de ces pays. Toute l’intelligence des gouvernants de ces pays résident dans le fait d’adapter la pratique du concept démocratique aux réalités, aux us et coutumes de leur pays respectifs.


Retenons tout simplement pour mémoire que plusieurs étapes et plusieurs adaptations ont été nécessaires pour que de la démocratie telle qu’elle était pratiquée à Athènes d’où les esclaves et autres métèques en étaient excluent ne disparaisse et laisse apparaitre sa version contemporaine avec la notion de participation et d’égalité de tous les citoyens devant le vote. C’est ainsi que de la démocratie… aux démocraties, le droit de vote a été conquis à travers de longues luttes sociales qui ont marqué l’histoire de la démocratie comme celle des afros américains aux États-Unis, celle menée par des mouvements féministes un peu partout en Europe ou encore par la secte des intouchables en Inde et d’autres groupes minoritaires à travers le monde.


En République centrafricaine par exemple, l’histoire de la démocratie et du vote pendant la période coloniale à travers le deuxième collège et du vote des évolués sont une autre facette de l’adaptation du concept démocratique. Ainsi donc et globalement, le vote universel a pris le pas sur les différentes formes de vote censitaire qui a pour inconvénient d’exclure une partie de la population. Désormais, tous les hommes sont définitivement égaux en droit du moins dans les pays dits démocratiques par conséquent devant le vote. Un principe qui reste discutable dans les pays économiquement faibles parce que la démocratie a un coût financier et humain. Ces derniers facteurs influent sur les consciences surtout des plus pauvres et des moins instruits au moment du vote. Les plus pauvres qui sont par ailleurs les plus faibles économiquement se soumettent par un processus de dépendance aux plus fortunés donc à la loi des plus forts. Ceux-ci exercent différentes pressions pour s’enquérir de leur voix. Nous avons vu que pour les élections de 2010, le KNK a commencé déjà avant l’ouverture officielle de la campagne présidentielle à exercer différentes pressions psychologiques voir physiques sur les maires de communes, les chefs de délégations, chefs de village, les préfets et autres citoyens.


C’est pourquoi, les gouvernants et les législateurs centrafricains doivent ici et maintenant faire un effort de réflexion, de proposition pour adapter le concept de la démocratie à la spécificité de notre pays. Ce n’est que par la confrontation des idées et le désir d’un véritable changement dans le sens positif du terme que naitra la vraie démocratie centrafricaine.

DEMOCRATIE TRONQEE, EGALE DEMOCRATIE BIAISEE EN CENTRAFRIQUE

Dès le début de son introduction, la démocratie centrafricaine est une démocratie tronquée.

Les textes fondamentaux qui régissent, voir qui incarne l’esprit qui se dégage de son fonctionnement dans leur transposition ont été tronqués soit par pure omission, par manque de discernement, par paresse intellectuelle ou encore par simple mépris d’un environnement bien spécifique qui est celui de la république centrafricaine. Dès lors, elle ne peut être que biaisée. Ces textes qui régulent le fonctionnement de notre démocratie manquent d’historicité donc d’un certain ancrage dans la mémoire collective. Ces textes ne correspondent pas à notre quotidienneté et ne sont aucunement la justification d’une lutte sociale passée. Ils sont la copie conforme d’un modèle séculaires dont notre pays n‘a retenu seulement que les chroniques imperfections et autres dysfonctionnements. C’est pourquoi, nous devons garder à défaut d’un autre système qui serait« meilleur », la démocratie comme mode de gouvernement tout en intégrant dans son fonctionnement ce qui fait la spécificité centrafricaine.


Par ailleurs, le concept démocratique suggère des notions de libertés et celle d’égalité. Or, ni l’une ni l’autre ne sont effectives dans notre pays bien qu’elles soient inscrites dans les textes fondamentaux.


La première des libertés qui est celle d’aller et venir est confisquée par le régime et ses « libérateurs cupides sans foi ni loi» aux travers des multiples exactions commises sur des barrages et contrôles routiers portant un coup fatal à la circulation des biens et des personnes. Cette liberté confisquée joue directement sur une économie déjà moribonde dont les flux et autres mouvements commerciaux empruntent essentiellement les axes routiers. Cette confiscation empêche également nos laborieux paysans de se rendre à leur champ à moins qu’ils aient pour des raisons de sécurité trouvés refuge en forêts ou dans les pays voisins dont on annonce la présence par milliers notamment au Tchad et au Cameroun.


La deuxième des libertés est celle de pouvoir s’exprimer, autrement dit la liberté d’opinion. Elle s’exprime à travers les médias et les partis politiques de l’opposition. Or, les journalistes sont mis aux arrêts et condamnés à des peines de prison fermes, les journaux sont sommés arbitrairement d’arrêter leur publication. Tandis que les leaders de l’opposition politique sont bâillonnés, contraints au silence ou menacés quotidiennement, les leaders d’opinions sont de leur côté tout simplement éliminés physiquement. Quant aux syndicats, ils sont tout simplement méprisés.


Pour ce qui concerne la notion d’égalité devant le vote, elle est aussi fictive que celle de la liberté.

L’égalité devant le vote ramène insidieusement à la notion de liberté de conscience encore faut-il pouvoir l’exprimer correctement puisque qu’elle nous renvoie à son tour à celle d’autonomie. Or pour être autonome, il faut être indépendant financièrement, intellectuellement et socialement ensuite l’affirmer par des initiatives et des actes. En sachant que l’électorat en Centrafrique est composé de 80% de personnes âgées de moins de 40 ans dont un peu plus du tiers sont au chômage ou quasiment. Ces personnes vivent souvent au dépend d’un chef de famille qui leur dicte la conduite à tenir lors des votes, par conséquent, il s’agit là d’une liberté de conscience par substitution.

Outre cet aspect de dépendance, et ce n’est pas faire insulte à notre brave et laborieuse population que d’affirmer que notre pays compte hélas ! Parmi ceux qui détiennent le triste record du taux le plus bas de l’alphabétisation, résultat d’un manque de politique dans ce sens depuis des décennies. La République centrafricaine est constituée d’autant de personnes qui ne sont pas pratiquement éduquées ou très peu éduquées des véritables enjeux politiques. Ces personnes ne saisissent toujours pas le sens de leur vote et de leurs véritables implications. Pour la majeure partie de la population non avertie de la chose politique et dépourvue d’outils d’appréciations objectifs, le vote ne se résume qu’à leur propre famille, au clan auquel elle appartient et à l’ethnie, alors que l’élection présidentielle relève d’autres enjeux et participe d’une autre logique.


PROPOSITIONS DE FINI KODé POUR UNE DEMOCRATIE UTILE EN CENTRAFRIQUE


1° Conscient que le vote au suffrage universel pour les élections présidentielles a montré ses limites par le fait que les véritables enjeux ne sont pas toujours compris par une population peu avertie et que les voix sont achetables, il est urgent et responsable que cette élection prenne une forme indirecte à travers les grands électeurs.


Le processus démocratique dans notre pays doit commencer par les élections locales pour aboutir à l’élection présidentielle. Les chefs de quartiers, les conseillers municipaux, les maires, les députés seront élus dans leur quartier, leur arrondissement, leur circonscription au scrutin uninominal et aux suffrages universelles directs. Une fois élus, ils constitueront le corps des grands électeurs qui éliront à leur tour le président de la république.


Puis, introduire dans la constitution une procédure de destitution du président de la république qui ne détient plus qu’un pouvoir symbolique, de représentation et rassembleur de la nation.

Un projet politique crédible nécessite du temps, c’est pourquoi il faudra remettre la durée du mandat présidentiel à 6 ans sans limitation, puisque le président de la république ne jouera qu’un rôle symbolique sans véritable pouvoir.


Par contre, il faudrait donner le vrai pouvoir exécutif au premier ministre issue de la majorité parlementaire. Car seul le premier ministre issue de la majorité parlementaire détient la vraie légitimité.


Les représentants du peuple, réunis en assemblée nationale ne joue pas du tout leur rôle dans le contrôle de l’exécutif. Elle ne se révèle être finalement qu’une chambre d’enregistrement. Par le jeu des alliances contre nature pour dégager souvent une majorité hétéroclite en somme toute relative qui se soumet aux ordres du pouvoir en place. Le débat est alors inexistant, par conséquent, le danger réel existe pour faire adopter une loi « scélérate » par une « majorité parlementaire « de circonstance, qui, en fait est une addition de représentants d’entités minoritaires.

C’est pourquoi, notre système doit intégrer de plus en plus le référendum comme mode de décision en ce qui concerne les grandes décisions qui engagent l’avenir de notre pays sur des générations. Ainsi les 800 000 électeurs centrafricains (La lettre du continent n°182 (25/02/93) Seront appelés régulièrement pour se prononcer sur les grands enjeux. Ainsi, un régime corrompu et irresponsable ne pourra pas décider avec quelques élus du sort de notre population en signant des accords qui compromettent l’avenir de nos enfants et de nos petits enfants.


C’est pourquoi 3 partis politiques de masses et 3 partis politiques de cadres sont largement suffisants pour un pays aussi petit que le nôtre. Au total environ 6 partis politiques peuvent se partager et animer le paysage politique en Centrafrique d’autant plus que pratiquement tous les partis politiques centrafricains se réclament de l’idéologie socialiste, bien que cela ne veuille rien dire dans le contexte qui est le nôtre.
 

Un parti politique vainqueur des élections qui gouverne

2 à 3 partis politiques qui pourront faire alliance et participer au gouvernement.

2 à 3 partis politiques qui pourront s’opposer dans lesquels on mettra en place un « Shadow cabinet » ou encore appelé « le cabinet fantôme » comme cela existe en Angleterre ou au canada. Les membres du cabinet fantôme percevront des indemnités. Ils sont sensés préparer une alternative responsable.


L’on veillera et encouragera les partis politiques à créer des courants politiques dans leur parti respectif. Ces partis politiques seront subventionnés, les membres du bureau percevront des indemnités et des primes. Ainsi nous n’aurions plus que 6 candidats aux élections présidentielles. Il est plus simple et moins coûteux d’organiser une élection à 6 candidats qu’à 10 ou 15 candidats.


En définitive, la démocratie centrafricaine doit être une démocratie de proximité, juste et pragmatique.

 

Pour des raisons économiques et pour éviter toute sorte d’alliance contre nature, les élections législatives, municipales et régionales se feront au scrutin uninominal, à un tour, à la majorité relative. Nous avons observé que lors des précédentes élections des candidats qui ont obtenus des résultats insignifiants et qui n’ont rien de commun entre eux se sont ralliés par nécessité pour battre le candidat pourtant arrivé en tête avec un écart de 10 à 20 points au premier tour.

 
Conscient que la multiplication des partis politiques pose problème. 40 partis politiques pour seulement 4 millions d’habitants, c’est trop ! Il faudrait en restreindre le nombre par un certains nombres de conditionnalités même si cela parait arbitraire ou antidémocratique. La démocratie qui est en train de s’installer en Centrafrique a besoin d’être protéger des  idéologues de tout bord qui pensent à tort que le grand nombre de partis politiques dans le pays est synonyme du degré de démocratie.
 
Conscient que le concept de la démocratie représentative tel que nous l’appliquons aujourd’hui demeure le système qui pourra rendre la gouvernance de notre pays acceptable à condition de l’adapter à nos réalités.

Franck SARAGBA

« Fini Kodé »

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