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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 17:05




 

L'Agence France Presse (AFP) vient de faire état de violents affrontements entre plusieurs gabonais et les forces de l'ordre avec à la clé plusieurs blessés. La raison de l'affrontement étant la démission exigée d'Ali Bongo du gouvernement pour qu'il se présente à l'élection présidentielle à armes égales avec ses concurrents politiques qui ont tous démissionné.


Pour les observateurs et autres curieux de la scène politique gabonaise, il ne fait aucun doute que le Gabon, pays longtemps en paix, est en passe de sombrer dangereusement dans une crise politique profonde et durable. Une seule raison à cela ; l'obstination quasi granitique d'Ali Bongo de briguer la magistrature suprême à tout prix. Une obstination qui s'est révélé plusieurs fois depuis la mort du feu président Omar Bongo Ondimba, le 8 Juin dernier à Barcelone en Espagne.


D'abord à l'annonce de la mort de son père, Ali Bongo a fait fermer et rouvrir des frontières. Sans manifestement l'autorisation de sa hiérarchie en l'occurrence Jean Eyeghe Ndong qui était alors premier ministre. Il tenait ainsi à démontrer à tous qu'il est le nouveau patron du pays.


Autre indice, l'armée a tenté d'intimider Pierre Mamboundou, le leader du principal parti de l'opposition. Un char a été posté à l'entrée du quartier général de sa formation politique, l'UPG quelques heures après l'annonce officielle de ce décès. Sur les ondes de RFI, Ali Bongo déclarait que c'était l'initiative d'un général qui voulait assurer la sécurité de l'opposant. Le Gabon était-il déjà en guerre ? Pas du tout.


Ensuite et à en croire certains médias crédibles que nous avons lu, Ali Bongo aurait même difficilement accepté que la voie constitutionnelle normale se mettre en branle. La présidente par intérim, "Rose Francine Rogombé aurait d’ailleurs reçu des menaces de mort de la part de certains acteurs politiques" peut-on lire dans le quotidien camerounais "Le Jour" du 25 Juin 2009. Là aussi, difficile de ne pas voir la main du patron des forces de sécurité.

L'on peut enfin relever le climat de suspicion et de doute qui a régné lors de la désignation du candidat du Parti Démocratique Gabonais (PDG).


Au lieu de passer par les primaires, le PDG a choisi un mode de désignation "par consensus" où l'on a observé la désignation d’Ali Bongo à la grande surprise des barons du parti qui avaient pourtant préséance sur lui dans la hiérarchie du parti. Cette désignation de type dictatoriale a eu pour conséquence, l'explosion du PDG qui est désormais affaibli non seulement parce que les partis de la majorité présidentielle ont quitté la barque du pouvoir, mais, les personnalités de poids comme Casimir Oyé Mba, André Mba Obame, Jean Eyeghe Ndong et bien d'autres ont choisi de faire dissidence.

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Tout cela n'aurait pas vraiment d'incidence dans le jugement de la démocratie gabonaise si tous les candidats s'engageaient à combattre à armes égales (tout au moins en n'abusant pas des ressources institutionnelles et administratives du pays) et à respecter le verdict des urnes.


Mais, chez Ali Bongo plane depuis toujours un sérieux doute. Pourquoi ne quitte t-il pas le ministère de la Défense ? Poste éminemment stratégique qui fait penser à tous qu'il pourrait perpétrer un coup d'Etat comme l'a indiqué le père Paul Mba Abessolè s'il venait à être en difficulté lors du scrutin du 30 Août prochain.


Même si rien ne l'oblige à quitter son poste ainsi que ressasse les autorités et hier encore l'ambassadeur du Gabon au Cameroun, Michel Madoungou ; il y a que, par éthique et décence démocratiques, il aurait pu démissionner pour se donner l'image d'un légaliste et d'un démocrate qui sortira le Gabon d'une quarantaine d'années d'oppression politique.


Il ne fait rien car le sait-il, il ne pourra pas gagner une élection démocratique au Gabon. Flanqué de l'image du fils à papa dont l'élection porterait la marque d'une succession de type monarchique, biafrais supposé ne s'exprimant dans aucune langue locale, n'étant pas Fang, l'ethnie majoritaire du Gabon qui estime que son heure est venue de prendre le pouvoir, Ali Bongo incarne jusqu'à la caricature, l'image même du leader que les gabonais rejettent absolument.


D'ailleurs, tous les confrères ou presque qui se sont rendus au Gabon pour y faire des reportages dressent un portrait presque saignant de l'impopularité marquante du candidat du PDG. "Même son père ne l'aurait pas souhaité" a-t-on souvent rapporté des propos de certains gabonais.


Les prochains mois pourraient donc être très agités en raison d'un Ali Bongo qui semble prêt à opérer un passage en force par la voie des urnes ou par la voie des armes et aussi à cause d'une population gabonaise qui n'entend pas se laisser faire comme en témoigne ces milliers de gabonais qui sont sortis dans la rue pour dire non à la volonté du candidat du PDG de maintenir son emprise sur les leviers de la force et de la violence dite légitime.


Que ce soit la France ou les pays de la CEMAC, personne n'a d'intérêt à ce qu'une guerre civile ou qu'un génocide éclate au Gabon. La position stratégique de ce pays ne l'autorise pas et un seul homme n'en vaut pas la peine. Surtout lorsqu'il a contre lui presque tous les poids lourds de la scène politique de son pays.

L'Afrique et même la France doit prendre garde à préserver le seul acquis pertinent que l'on peut concéder à Omar Bongo Ondimba : la paix !


Cameroun.be

 

 

Gabon: deux candidats, l'ex-PM et un ex-ministre, empêchés de voyager.

 

LIBREVILLE, lundi 10 août 2009 - 7h54(AFP)  — L'ex-Premier ministre Jean Eyéghe Ndong et l'ex-ministre de l'Intérieur André Mba Obame, tous deux candidats à la présidentielle du 30 août, ont été empêchés de quitter le Gabon dimanche.
 

"Je me suis rendu à l'aéroport pour prendre l'avion d'Air France pour Paris qui part en soirée. On m'a signifié que je ne pouvais pas prendre l'avion parce que mon passeport porte la mention +Premier ministre+ et que je ne le suis plus", a affirmé M. Eyéghe Ndong à l'AFP.
 

"Je comprends le motif mais il y avait d'autres solutions (...) pour me permettre de voyager que de me traiter comme un va-nu-pieds (...) Je suis sûr qu'on ne m'aurait pas empêché de voyager si je n'avais pas démissionné de mon poste de Premier ministre pour être candidat indépendant" à la présidentielle, a ajouté M. Eyéghe Ndong, qui avait démissionné le 17 juillet.


"Tous mes rendez-vous parisiens tombent à l'eau. Il ne m'est pas possible de décaler le voyage puisque je devais être de retour mardi et que j'ai un programme chargé en raison de la pré-campagne et de la campagne. C'est regrettable",
a conclu l'ancien Premier ministre.


L'ancien ministre de l'Intérieur André Mba Obame, qui s'était déjà plaint la semaine dernière d'un harcèlement des autorités à son égard, a connu le même traitement que le Premier ministre, à la seule différence qu'on l'avait averti auparavant à son domicile, a-t-on appris auprès de son entourage.


Les deux hommes, qui étaient en poste au moment au moment de la mort du président Omar Bongo début juin, sont parmi les favoris du scrutin et étaient tous deux membres du Parti démocratique gabonais (PDG), fondé par le président décédé. Ils ont chois de se présenter comme indépendants.

 

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