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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 01:31




Les festivités commémoratives de la proclamation de l’Indépendance de la République centrafricaine du 13 août 1960 revêtiront un caractère particulier cette année par le simple fait que Bozizé a décidé qu’elles se dérouleront dans la ville martyre de Paoua dans la préfecture de l’Ouham-Pendé. On ignore les véritables raisons et les motivations réelles de ce choix mais on ne peut s’empêcher de penser que cela a tout l’air de l’assassin qui revient toujours sur les lieux de son crime. Est-il besoin de rappeler que les habitants de cette ville et sa région ont été payé un prix très élevé aux soubresauts politico-militaires qui ont précédé depuis 2002 l’arrivée au pouvoir de Bozizé et son coup d’Etat de mars 2003 jusqu’à présent.


Outre les assassinats et massacres gratuits des paysans, cela s’est concrètement traduit par de véritables razzias dans cette région, de vastes destructions et pillages de toutes sortes des biens tant individuels que ceux appartenant à la collectivité comme les usines d’égrenage du coton, les infrastructures économiques, scolaires, les formations sanitaires, les mairies, les bureaux abritant les différents services administratifs.


A l’heure actuelle, plusieurs dizaines de milliers d’habitants du coin qui, pris entre deux feux, ont dû fuir ses troubles et les différents assauts tant des rebelles que des éléments de la garde présidentielle pour trouver refuge soit en brousse loin des villages ou carrément dans les camps de l’UNHCR des pays voisins, essentiellement au Sud du Tchad et au Cameroun, s’y trouvent toujours. En dépit de quelques retours au bercail enregistrés ça et là, le gros de ces personnes déplacées contre leur gré demeure toujours en brousse et dans les camps à l’étranger. Plusieurs ONG humanitaires l’attestent dans leurs rapports et investigations.


Il est évident que le problème de la prise en compte de cette population de déplacés qui devrait partie du corps électoral à recenser pour voter lors des prochains scrutins se pose avec une grande acuité. Bozizé sait que ce corps électoral lui est franchement hostile et ne lui apportera aucun suffrage. Il n’a donc aucun intérêt à ce qu’il revienne au bercail et voter le moment venu pour son éventuel adversaire. Par conséquent sa présence le 13 août prochain à Paoua ne peut se comprendre que dans le cadre d’une tentative pour redorer son blason sérieusement terni aux yeux des habitants de cette ville et sa région.


D’aucuns disent même que c’est une façon pour Bozizé, de se moquer de la population de Paoua, ce qui est une indécente provocation. De toute façon, il n’y passera même pas une nuit, se contentant juste d’un aller retour de quelques heures seulement. On lui prête l’intention d’annoncer dans l’allocution qu’il prononcera à Paoua, la création de son futur parti politique dont la première assise devrait se tenir dit-on, le 20 août prochain à Bangui. C’est fort étonnant de constater que depuis juin 2005 qu’il est constitutionnellement à la tête  du pays, c’est pratiquement à la veille de la fin de son mandat et des élections pour désigner son successeur que Bozizé s’affole pour créer un parti politique. Ce qui reste de la Convergence KNK sur laquelle il s’était appuyé en 2005 ne lui semble plus correspondre aux critères et normes de machine politique dont il a besoin de nos jours pour lui assurer aisément une seconde victoire électorale.

Tout cela est révélateur d’une certaine inquiétude qui semble s’emparer soudainement du bonhomme qui, jour après jour, tricote à sa manière les moyens de sa victoire électorale comme il vient de le faire en promulguant un code électoral dont certaines  dispositions scandaleuses et iniques ont pourtant été décriées par l’opposition. Bozizé lui, s’en fiche éperdument. Il reste donc à l’opposition centrafricaine à prendre ses responsabilités en faisant absolument de la révision de ce code électoral même promulgué, un préalable à tout démarrage du processus électoral car Bozizé a voulu ainsi, tester la réactivité de cette opposition. Faut-il faire un dessin ?

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Centrafrique-Presse.com - dans Nation