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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 14:24




Jean-Pierre Bemba, mis en examen et écroué à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI) pour “crimes de guerre” et “crimes contre l’humanité” recherche désespérément une terre d’asile. Même des pays africains se montrent moralisateurs à son sujet, un comportement qui réconforte la position du procureur de la CPI Moreno Ocampo et la thèse de la préméditation des nombreux crimes reprochés à Bemba.


Le box des accusés à moitié vide


L’homme, anciennement Chef de guerre, il a créé en 1998 le Mouvement de Libération du Congo (MLC) et son bras armé, l’Armée de Libération du Congo (ALC) avec le soutien des troupes ougandaises, s’est reconverti en homme politique sérieux et fréquentable. Mieux, il suscite crainte, espoir et admiration au sein du peuple congolais et dans la sous région.
Selon le procureur de la CPI, les Nations-Unies et la communauté internationale européenne, il aurait ordonné et planifié la destruction de l’économie centrafricaine, le viol de 3.000 femmes et plus de 500 assassinats. Il aurait surtout encouragé aussi le cannibalisme au sein de ses troupes. Des allégations que la confusion médiatique du dossier et la versatilité des témoignages ne permettent pas d’étayer. Bien sûr, la Belgique, les Nations-Unies et la CPI peinent à prouver tout ça depuis des années. Ni la qualité des témoins, ni les circonstances troubles de l’intervention des hommes de Bemba en Centrafrique, ni la qualité du parrain Kadhafi - jamais inquiété dans cette affaire - ni le mutisme du protégé d’alors Ange Félix Patassé, depuis débarqué par Bozizé et en exile doré au Togo, n’aideront à apporter des preuves tangibles et irréfragables des accusations pouvant conduire à la qualification des crimes en génocide ou crime contre l’humanité. Il y a eu des exactions voire des abominations commises dans un climat de guerre et de violents combats opposant deux forces armées sur des populations civiles, c’est indéniable. Mais, l’on ressent comme une gêne l’absence des trois personnes citées supra au côté de Jean-Pierre Gombo BEMBA sur le banc des accusés. Mais qui oserait accuser le Guide Libyen de quoi que ce soit. Et au nom de quelle justice internationale et universelle ? Quant à Ange-Félix Patassé, n’est-il pas toujours dans la course en Centrafrique pour la prise armée du pouvoir ou sa reconquête par les urnes, au nez et à la barbe de BOZIZE ?


Celui là, il faudra forcement l’inculper de quelque chose afin de le mettre hors d’état de nuire.
Entre-nous, comment J-P BEMBA pouvait-il planifier la destruction de l’économie centrafricaine au moment du règne de son ami et protégé Patassé ? En tant que Chef de guerre certes, il avait manqué à son devoir de surveillance et de discipline envers ses milices qui se trouvaient en Centrafrique pour aider le pouvoir Patassé en proie à la violente rébellion conduite par BOZIZE . Ses hommes ont sûrement commis tous les crimes dont on l’accuse lui aujourd’hui : assassinats, viols, tortures et vols. De tout cela J-P BEMBA en est entièrement responsable mais pas forcement seul coupable. Pour sortir des fanfaronnades des américains avec leurs frappes chirurgicales dont ils nous abreuvent depuis la première guerre du Golf, il n’y a pas de guerre propre. Toute guerre est sale et comporte ou entraîne des dégâts collatéraux. Toute guerre a aussi un coût. Et cela, J-P BEMBA a semble t-il ignorer. Comment ça ? Sa milice recrutée, formée sur le tas, était sous-payée et archaïquement ou lourdement armée, elle semblait tout ignorer du noble art de la guerre - le respect et la protection des pacifiques populations civiles - ce qu’ont du mal à respecter les troupes régulières des forces armées africaines sur le théâtre des affrontements. Alors comme des brutes épaisses les miliciens de BEMBA ont disposé, usé et abusé des populations civiles pygmées accusées de connivence avec les troupes ennemies ou de résistance. Des femmes pygmées obligées, soi disant par les miliciens de BEMBA, à tuer, cuisiner et puis manger leurs maris avaient témoigné leurs peurs et désarrois. Tant pis - ou plutôt tant mieux - si les soi disant victimes devaient réapparaître plus tard sous les projecteurs d’une presse objective ou non. Peu importe l’amateurisme de J-P BEMBA et ses miliciens, l’humanité est heureuse de savoir que les hommes pygmées n’ont pas été bouilli en sauce graine par leurs épouses sous la menace des ” branquignols soldatesques ” de BEMBA. L’histoire retiendra que Patassé fut quand même renversé par le Général François BOZIZE bien agrippé au pouvoir depuis. Et c’est ce que BEMBA et son armée était censé empêché. Comme quoi une dictature en cache toujours une autre. Et BEMBA qui avait du s’exiler une première fois à l’avènement de Kabila père en savait pertinemment quelque chose. D’ailleurs, il décidera à partir de cet échec de mettre en sourdine la lutte armée et de s’orienter dans la branche politique et le débat d’idées, ce qu’il réussira avec les pourparlers, la réconciliation nationale et le gouvernement de transition de juin 2003 à octobre 2006 où il occupera le porte feuille de vice-président de son pays.


A la croisée des ambitions


Le nouveau militant et leader politique civil contre toute attente se révélera une grande force politique en mouvement ascendant avec une aura à toute épreuve. Il fascine et inquiète aussi. Le Prince héréditaire Kabila Joseph trouve un sérieux adversaire à sa taille. L’élection présidentielle de 2006 ne fut pas gagnée au premier tour comme on l’espérait du côté du pouvoir en place. Le second tour n’avait aussi rien d’une promenade de santé, alors on commence forcement à s’énerver, à s’inquiéter d’autant que l’adversaire peut renouer à tout moment avec ses vieilles habitudes de Chef de guerre avec des troupes en embuscade. Le pouvoir élève le ton, les milices de BEMBA et les forces armées régulières s’accrochent ; des bombes explosent, des mitraillettes et AKM tonnent, la cuisine diplomatique mitonne de jolies promesses pour l’acheter mais Gombo le milliardaire sénateur - ayant réussi dans les affaires civiles et militaires n’en a cure - veut voir clair dans la marmite de la République au nom d’une aspiration populaire forte. Et ce ne fut pas facile à trouver et à mettre en place le stratagème qui va mieux le faire glisser Gombo. Ce fut laborieux et pitoyable même si ce fut rapide. La cohorte de conseillers et de stratèges politiques du camp d’en face a fait mouche. Le nouveau venu n’avait pas vite percuté, mais c’est sûr, il ne refera pas les mêmes erreurs.
Jean-Pierre Gombo BEMBA a fait les frais des enjeux de politiques intérieurs congolais et des jeux des licences et concessions. J-P BEMBA avait hérité du poste de vice président jusqu’à l’organisation des élections présidentielles d’octobre 2006 où il parviendra à se hisser au second. Après sa défaite face à Joseph Kabila, Jean-Pierre Bemba s’était engagé à mener une ” opposition républicaine ” au gouvernement de celui-ci. Son refus de fondre sa garde personnelle au sein de l’armée gouvernementale, au début de l’année 2007, l’a conduit à un affrontement direct avec le pouvoir s’en suivra son exil au Portugal après sa rocambolesque exfiltration, et quelques semaines après, son arrestation par la police Belge sous mandat délivré par la CPI la veille. Quelle rapidité alors ? Et dire qu’il en a eu plus chevronnés en ex-Yougoslavie avec toute une batterie de casseroles qui ont eu le temps de se transformer et de circuler au nez et à la barbe de cette police internationale. C’est vrai qu’avec sa stature imposante - 1m90 et près de 130 kg peut-être - Gombo aurait du mal lui à réussir sa métamorphose afin de passer incognito. Peu importe, on lui a laissé aucune chance à lui

L’opinion nationale congolaise, l’opinion internationale africaine sait très bien que c’est au prix d’une relative stabilité intérieure sous fond d’intérêts économiques et stratégiques que l’ arrestation de J-P BEMBA a été coordonnée et décidée par la Belgique ancienne puissance coloniale. Une Belgique qui était aux trousses de J-P BEMBA un pur produit du système belge et européen avec un parcours universitaire et professionnel exemplaire, son enfant malade qui en avait assez de rester dans les rangs et de cautionner le pillage éhonté des ressources de son pays d’origine la RDC par le colon belge et la dérive monarchique sans alternative républicaine du régime Kabila père, et il a pris ses responsabilités.

J-P BEMBA a été donc curieusement arrêté en Belgique par la police de ce pays qui l’a rendu sans autres formalités à la CPI - Cour Pénale Internationale - . Une CPI qui après avoir tournée en rond tel un écureuil dans une cage en se mordant la queue, a finalement conclu à la requalification des charges contre BEMBA. Et ironie du sort, c’est au moment où le peuple congolais meurtri et blessé dans son amour propre, commençait, par ces temps de crises diverses, à ressentir la cruelle cessation d’activité de l’opposition congolaise - devenue amorphe depuis la mise aux arrêts de BEMBA - et face aux actions de mobilisation et de résistance des diasporas congolaise, que la CPI après des mois et des mois de manœuvres dilatoires avec des reports d’audiences en cascade sous des prétextes familiaux, fallacieux et fantaisistes des juges et autres intermédiaires, envisage la libération provisoire de BEMBA. Mais pourquoi une libération provisoire alors que sans risque aucun on pourrait l’élargir tout de suite en abandonnant les charges contre lui pour des raisons que nous savons tous. Jean-Pierre Gombo BEMBA est sénateur et Chef de l’opposition de la RDC et sa place est auprès de son peuple pour qui il est prêt à tout moment à se dévouer. Les cyniques marchandages sur son pays d’accueil dans l’éventualité d’une liberté provisoire n’auraient pas lieu d’être si la CPI avait décidée de se comporter comme une institution internationale respectable et respectueuse des droits de l’homme et des peuples. La Belgique et tout le conglomérat de pays de l’Union Européenne pourraient refuser de l’accepter sur leur territoire par solidarité au pouvoir Kabila. Mais tous les pays africains qui ont refusé d’accueillir Jean-Pierre Gombo BEMBA ont justement peur de l’effet d’émulation du phénomène BEMBA sur leur sol, car les rares démocraties du continent qui se ferment à BEMBA ne sont pas en réalité de vraies démocraties. Et malheureusement, les autres pays - plus nombreux - à la solde d’autocrates tropicaux ont peur à juste titre pour la pérennité de leur régime dictatorial.


Une Autre aventure


Le combat de BEMBA c’était d’allerhttp://lepaysemergent.com/2009/08/06/chronique-de-guillaume-adouvi-jean-pierre-gombo-bemba-pourquoi-fait-il-autant-peur-2/ soutenir un régime démocratiquement élu - celui de PATASSE - en difficulté, qui le lui a demandé. C’est aussi de porter les aspirations politiques, économiques et idéologiques de tout un peuple - congolais, le sien - en donnant l’exemple qu’il pouvait négocier et conduire aussi la paix. Une paix qui n’a été possible en RDC que grâce à la volonté et à l’implication personnelle de Jean-Pierre BEMBA qui reste très populaire et très influent à Kinshasa, dans l’Equateur, dans le Bas-congo, le Bandundu et dans le Kasaï. Et certaines de ces populations qui ont déjà eu à prendre leur responsabilité en se lançant dans de sombres aventures avec des Chefs de guerre , désarmées de patience, elles se détourneront vite de la voie de la légalité et du dialogue tracée par BEMBA et autres pacifistes et démocrates du pays : la recherche de solutions politiques par le dialogue politique aux problèmes de société ; au profit sûrement de la lutte armée avec ses corollaires comme on en a connu dans la région. Aucune puissance coloniale, aucune institution internationale ne peut délibérément décider de barrer la route à la volonté d’un peuple de réaliser l’alternance et de choisir librement son leader ou son mode de gouvernance.
Jean-Pierre Gombo BEMBA a vite compris l’importance de la pacification et de l’ancrage national de son mouvement - qui de toute façon a vu son influence et sa vague de sympathisants dépassées le seul mur du Congo RD - avec un discours plus policé axé sur les perspectives analytiques réelles, politiques, économiques et sociologiques du pays et du continent. C’est pour ça qu’il fait autant peur aux colons belges et au roitelet de Kinshasa et leurs affidés. Aujourd’hui encore J-P BEMBA est bien le seul à même de battre à la prochaine échéance présidentielle le candidat du conglomérat américano-belgo-européen - Kabila qui aurait déclaré récemment être à la recherche de 8 ou 15 personnes compétentes pour redresser le pays. C’est sûrement des compétences qui font défaut dans son entourage immédiat à Kabila, c’est vraiment triste pour le Congo RD qui regorge pourtant de compétences comme de minerais -. 8 ou 15 congolais compétents ? Sans être congolais, je lui en référerai, les yeux fermés entre 80 et 150 congolais de l’intérieur comme de l’extérieur hyper compétents, qualifiés et de bonne moralité sans être forcement du MLC, ” Bembistes ” ou de l’opposition. A quand cessera alors l’auto-dévaluation sous nos tropiques ?

Il serait de bon aloi que J-P Gombo BEMBA, quant à lui, garde à cœur de faire dans le futur une action humanitaire d’envergure de réparation à l’endroit des populations des villages ayant souffert des méfaits et des exactions de ses miliciens. Le Congo, l’Afrique entière, le lui rappellera au moment opportun. Comme quoi la repentance aussi est une affaire personnelle et permanente et en bon chrétien il devrait le savoir.


30 juillet 2009 Par Guillaume ADOUVI

 

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