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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 04:21




 

Selon des informations dignes de foi glanées auprès de son entourage, on prête l’intention à Bozizé de créer un nouveau parti politique qui réunirait les éléments de sa Convergence KNK ainsi que certains « partis mangeoiristes » actuellement membres de la majorité présidentielle. Toujours d’après nos informations, il en ferait l’annonce le 13 août prochain dans la ville martyre de  Paoua où il compte se rendre à l’occasion des festivités de la commémoration de l’indépendance de la RCA.

On doit s’interroger sur la portée réelle de ces initiatives politiques quelque peu tardives de Bozizé. Elles semblent traduire un certain doute ou un doute certain dans son esprit quant à ses réelles chances de se succéder à lui-même par la voie des urnes lors des prochains scrutins. Le fait que son cortège soit systématiquement houspillé et chahuté par le public lorsqu’il emprunte les principaux axes routiers de Bangui aux cris de « voleurs ! voleur ! », en dit long sur son impopularité actuelle auprès de ses compatriotes, futurs électeurs qui ont vraiment hâte de le sanctionner.

Cela peut expliquer, sans le justifier cependant, son agacement voire son irritation, à voir le candidat du MLPC Martin Ziguélé se tailler un franc succès lors des meetings qu’il a commencé à tenir dans l’arrière-pays, en particulier dans certaines villes du Sud-Ouest, et dernièrement dans le Nord-Ouest. En choisissant de nommer son sbire le capitaine Vianney Semndiro commandant de la garnison de Bossembélé, on devine aisément son intention de multiplier les entraves et barrer la route à celui qui apparaît dores et déjà comme son vrai challenger car susceptible de l’empêcher réellement de conserver le fauteuil présidentiel en 2010, à savoir Martin Ziguélé, dont il a quelques raisons de penser à tort ou à raison, qu’il prendrait une certaine longueur d’avance sur lui dans la mobilisation des électeurs en province s’il lui laisse le loisir de multiplier ses tournées en dehors de la capitale. Ce faisant, il s’exposera à la condamnation et aux critiques tant de l’opposition politique nationale que de la communauté internationale qui y verront l’occasion de dénoncer une entrave à la liberté de circulation, d’expression et de tenir des activités politiques, caractéristiques par excellence de toute démocratie dans un Etat de droit.

Les agissements arbitraires du capitaine Semndiro à Bossembélé prouvent clairement qu’il a reçu ses ordres directement de Bozizé lui-même. Le ministre de l’administration du territoire Elie Ouéfio derrière lequel se cache Semndiro pour agir, a été mis en difficulté ce week-end à Lyon par un compatriote lors d’une réunion publique qu’il a tenue dans cette ville. Interrogé sur le comportement du capitaine Semndiro, le ministre Ouéfio a nié en être informé. Le compatriote a poursuivi son harcèlement du ministre jusqu’à lui apprendre que depuis samedi matin dernier, une délégation de membres du MLPC qui voulait se rendre à Yaloké dans la préfecture de l’Ombella-Mpoko, est arbitrairement bloquée à la tristement célèbre barrière de Bossembélé, toujours par le désormais illustre capitaine Semndiro.

Lorsque Ouéfio a encore nié être au courant de cet incident, son interlocuteur a carrément pu joindre le chef de la délégation du MLPC Luc Guéla qui a explique avec force détails les circonstances de leurs tracasseries à Bossembélé où il se trouvait toujours, confondant ainsi le ministre Elie Ouéfio qui ne savait plus où mettre la tête. Il a déclaré ne pas pouvoir maîtriser les soldats et leurs agissements. Il y a quinze jours, le même Elie Ouéfio, ministre de l’intérieur de son Etat,  a dû honteusement rebrousser chemin à Bozoum devant l’ultimatum de l’APRD qui l’a carrément dissuadé de se rendre à Paoua. Il a dû se contenter de faire venir à Bozoum le sous-préfet de Paoua pour s’entretenir avec lui et repartir à Bangui. Si le ministre de l’intérieur ne pas circuler librement sur l’étendue du territoire, on est en droit de se poser beaucoup de questions sur les conditions de sécurité et de tranquillité dans lesquelles le processus électoral pourrait se dérouler le moment venu.  

Dimanche matin, à l’édition de 7h 30 de Radio France Internationale, une brève interview de Luc Guéla lui-même a été diffusée faisant état de l’arbitraire dont lui et ses camarades étaient victimes à Bossembélé. L’affaire a pris une telle proportion que le BINUCA s’en est saisi et a décidé d’envoyer une mission à Bossembélé dès lundi pour voir ce qui s’y passe. Toutes les autorités de Bangui que le BINUCA a tenté de joindre au téléphone, sont aux abonnés absents. Bozizé est injoignable ; son directeur de cabinet Michel Gbézéra-Bria est absent du pays ; Francis Bozizé est en mission en Arabie Saoudite ; Elie Ouéfio se trouve en France comme on l’a évoqué plus haut ; son collègue du gouvernement assurant son intérim ainsi que celui de Francis Bozizé de la défense, le général Jules Bernard Ouandé ministre de la sécurité publique, refuse de gérer l’affaire de Bossembélé arguant que ce n’est pas son rayon. On tourne en rond. Il souffle donc comme un air de vacance de pouvoir à Bangui.    

 

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