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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 17:43




 

 (Syfia 24-07-2009 Centrafrique) En Centrafrique, la mise en place d'un guichet unique regroupant tous les services officiels compétents pour la création d'entreprises a réduit de façon spectaculaire les démarches. En quelques mois, des centaines de sociétés, pour la plupart venant de l'informel, ont ouvert leurs portes, créé des emplois et fourni de nouvelles recettes à l’Etat.

Petite révolution dans le monde des affaires centrafricain : le temps nécessaire pour accomplir toutes les formalités administratives exigées pour créer une entreprise est passé cette année à sept jours. Une semaine, comme en France ! Une performance, car il fallait entre trois mois et un an par le passé, selon les opérateurs économiques de ce pays. D'après Doing Business 2009, le rapport de la Banque mondiale qui analyse l'environnement des affaires dans 181 pays du monde, ce délai est de plus de 47 jours en moyenne en Afrique subsaharienne.

En Centrafrique, ce bon résultat est dû au fonctionnement, depuis août 2008, du Guichet unique de formalités des entreprises (Gufe), une salle où sont dorénavant regroupés tous les services impliqués dans les procédures de reconnaissance officielle des entreprises. Le traitement des dossiers se fait à présent à la chaîne : le promoteur fait enregistrer son dossier au secrétariat du Gufe, puis paye les frais officiels. Au bout de sept jours, l'autorisation lui est délivrée. "Cette méthode a mis fin aux lenteurs administratives", se réjouit François Sabégala, coordonnateur du Gufe.

Elle a aussi mis fin à la corruption, estime Gabriel Ebelinga, directeur des études et de l’information économique à la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat (Ccima). Car, poursuit-il, "travaillant dans une même salle, les cadres délocalisés se contrôlent". Avant, un opérateur économique pouvait attendre trois mois voire un an avant que son dossier ne quitte un service pour un autre. Pire, en plus de 100 000 Fcfa (152 €) de frais officiels, "il fallait environ 30 000 Fcfa (46 €) de bakchich pour créer une Pme". Conséquence, constate M. Ebelinga, "découragés, certains opérateurs abandonnaient ces difficiles formalités pour rester dans l’informel".

Les avantages de sortir de l’informel

En 2007, Denise Danga n'avait ainsi pas réussi à réunir les papiers nécessaires pour créer son entreprise. Elle s'était donc installée dans l'informel dans une rue peu fréquentée de Bangui. Depuis, la donne a changé. Elle est revenue sur son projet et, en quelques jours, tous les papiers ont été signés. Elle vient d'ouvrir un magasin de vente des boissons dans une banlieue de la capitale. Comme Denise, de nombreux Centrafricains sortent de l'informel. En moins d'un an, 800 nouvelles Pme, tous secteurs économiques confondus, ont officiellement ouvert leurs portes créant environ 2 000 emplois. Parmi ces nouvelles sociétés, 72 % viennent de l'informel, d'après la Ccima.

Grâce à cette reconnaissance officielle, elles peuvent ouvrir leurs bureaux ou magasins dans des endroits très fréquentés et répondre à des appels d'offres. Plus prospères, elles recrutent plus de personnel. Pour l'économiste centrafricain Jean Kossinga, le guichet unique a d’ores et déjà permis d'attirer des investissements et de favoriser l'implantation de nouvelles sociétés. L’État est également gagnant, puisque ces entreprises, qui ont désormais pignon sur rue, n'échappent plus au fisc, ce qui augmente ses recettes. Les nouvelles sociétés doivent également payer la sécurité sociale pour leurs employés et peuvent être poursuivies par ces derniers si elles ne respectent pas les conditions légales de travail.

Un assainissement progressif

Créé par décret gouvernemental pour "assainir le climat des affaires", le Gufe s'est inspiré de l'exemple du Sénégal, où le guichet unique, instauré en mai 2008, a réduit rapidement les délais de création d'entreprise de 58 à 8 jours. Cette structure a facilité les affaires partout où elle a été créée : Burkina Faso, Maroc, Lesotho, etc. Au cours des cinq dernières années, 39 pays l'ont instituée, dont au moins cinq fonctionnent efficacement en Afrique. Selon Moïse Kotayé, ministre centrafricain chargé notamment des Pme, le Guichet unique a aussi pour mission de promouvoir "les petites et moyennes entreprises pour qu'elles deviennent des petites industries, et les petites et moyennes industries pour qu'elles se transforment en industries". Il y a un an, le pays comptait à peine plus de 2 000 entreprises toutes tailles confondues, contre plus de 2 800 aujourd'hui, selon la Ccima.

Beaucoup reste cependant à faire. En 2008 et 2009, Doing Business a ainsi classé la Centrafrique avant-dernière au niveau mondial. Les plus mauvaises notes portaient sur les conditions de fermeture de l'entreprise, où le pays arrivait dernier. Mauvaises notes également sur "les paiements des impôts" et "le commerce transfrontalier". De nombreux facteurs découragent encore les investisseurs : procédures d'importation et d'exportation lentes (57 à 66 jours par transaction) et coûteuses, impôts élevés, nombreux et difficiles à payer, justice peu performante, etc.

Malgré les récentes avancées, le chemin qui mène vers un climat des affaires totalement assaini sera encore long.

Jules Yanganda

 

NDLR : Le vrai problème que pose ce problème de guichet unique est la question de savoir s’il fallait un département ministériel pour cela ? Faut-il ériger tout un ministère pour les attributions d’une bonne chambre de commerce ? On avait crée un ministère de toute pièce pour caser un certain Aurélien Simplice Zingas et après le DPI, on a également casé un certain Kotayé. C’est tout. Tout le reste que brassage d’air et médiocrité.

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Centrafrique-Presse.com - dans Economie