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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 18:57





 
NDLR : Après son retour à Bangui après une tournée politique de plusieurs jours dans des villes du Nord Ouest du pays, Martin Ziguélé a tenu une conférence de presse en fin de matinée ce jour à Bangui afin de faire un bref compte-rendu de son séjour en province et situer l'opinion sur certains obstacles que le pouvoir a tenté de dresser sur son trajet, démontrant ainsi que dans les faits, notre pays n'est pas encore un Etat de droit.  
Le candidat Ziguélé a ainsi relevé pour les dénoncer, les menaces et les inadmissibles manoeuvres dilatoires du KNK sur l'administration et les populations de provinces en prélude aux prochaines élections. 
 

DECLARATION DU PRESIDENT ET CANDIDAT DU MOUVEMENT DE LIBERATION DU PEUPLE CENTRAFRICAIN

  En me faisant l’honneur de me désigner comme le Président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) lors de son 3ème Congrès ordinaire de juin 2007, les militantes et militants de ce même Parti m’instruisaient également de restructurer tous les organes de base avant les consultations générales de 2010.

Conformément à cette directive, le Bureau Politique a planifié une vaste campagne de restructuration des fédérations, des sous-fédérations, des sections et des cellules dans les seize (16) Préfectures et les soixante quinze (75) Sous-préfectures de la République Centrafricaine.

Commencée il y a  près d’un an, à ce jour seules les organes des Préfectures de l’Ouham, de Ombella- Mpoko, de la Haute- Kotto et de la Vakaga restent à restructurer.

Afin de m’assurer de l’effectivité de ces restructurations mais aussi de booster les nouveaux organes mis en place, j’ai entrepris de leur rendre personnellement visite et de reprendre contact avec le pays profond.

C’est ainsi que j’ai quitté Bangui le 7 juillet courant, à la tête d’une délégation composée de personnalités et de députés du Parti, pour une tournée dans l’Ouham- Péndé et la Nana-Mambéré. Cette tournée nous a amenés de Bangui à Bouar, en passant par Yaloké, Bossemptélé, Bozoum, Paoua, Ndim, Ngaoundaye, Bang, Koui, Bocaranga, Bohong, Bouar et Baoro.

Je vous fais ce compte-rendu en principe destiné aux seuls organes internes du parti, à cause de l’importance et de la gravité des constats effectués lors de cette tournée pour le processus électoral à venir.

Mais avant d’en arriver à ces constats, il est important de porter d’abord à votre connaissance, les graves incidents survenus à la barrière située à la sortie de Bossembélé sur l’axe Yaloké, et que je dénonce avec la dernière énergie. Je tiens à faire cette dénonciation publique sous cette forme, parce que ces incidents sont intervenus après ceux de Mbaiki en février, ainsi que ceux de Ndélé en mai 2009. Ces deux incidents avaient  été régulièrement rapportés au Ministre en charge de l’Intérieur en leur temps, et celui-ci nous avait pourtant promis par écrit que ces incidents ne se répèteraient plus.

Malheureusement, le 7 juillet 2009, peu après mon arrivée à Bozoum, il m’a été signalé que le Capitaine Vianney SEMNDIRO, Commandant de la garnison de Bossembélé a mis aux arrêts trois éléments opérant à la barrière de la sortie de cette ville, au motif qu’ils ont laissé passer ZIGUELE et MAZETTE, ce qui serait strictement interdit selon ses dires. A notre retour de cette tournée, le mardi14 juillet courant, lorsque nous sommes arrivés à cette même barrière, le soldat de faction a téléphoné à sa hiérarchie, puis après cet appel téléphonique, il a intimé l’ordre à tous les membres de ma délégation ainsi qu’à moi-même de lui remettre nos pièces d’identité. Nous nous sommes exécutés et un élément de gendarmerie a enregistré notre filiation. Quelques instants après, le Commissaire de Police et le Commandant de Brigade de la Gendarmerie de Bossembélé sont arrivés sur les lieux. Ils ont récupéré des mains du gendarme nos pièces d’identité qu’ils nous ont remises, et ils nous ont invités à rentrer dans nos véhicules. Ensuite, ils nous ont escortés au-delà des autres barrières à l’autre sortie de la ville sur l’axe Bangui. Le Commissaire de Police et le Commandant de Brigade de la Gendarmerie avaient  annoncé aux éléments présents à cette barrière avoir reçu des instructions de Bangui pour nous laisser passer et nous conduire hors de ces trois barrières. L’ensemble de l’incident a duré une bonne demi-heure.

Ces faits, somme toutes courants pour le commun des centrafricains qui emprunte l’axe Bossembélé, prennent aujourd’hui une signification particulière parce qu’ils interviennent après le Dialogue Politique Inclusif et à la veille des consultations générales de 2010. Ils démentent toute la propagande officielle sur la prétendue libre circulation des citoyens à l’intérieur de leur propre pays.

Au demeurant, j’ai le droit, comme cela est inscrit dans notre Constitution, d’aller et de venir librement sur tout le territoire national, aux heures et aux destinations de ma convenance, en tant que simple citoyen centrafricain. Cela est mon droit constitutionnel inaliénable. En plus, en tant que Président d’un parti politique légalement constitué et représenté à l’Assemblée Nationale, j’ai également le droit de circuler avec les cadres du Parti pour animer la vie politique sur toute l’étendue de notre pays comme le prévoit l’ordonnance de juin 2005 sur les partis politiques.

Ces incidents de Bossembélé prouvent s’il en était besoin que notre pays n’est pas un Etat de droit. Ils démontrent également que les autorités politiques utilisent une partie des forces de défense et de sécurité pour empêcher, par des intimidations et par la terreur, la libre circulation des responsables politiques de l’opposition, afin que la Convergence KNK occupe seule le terrain politique, avec l’appui manifeste de toute l’administration territoriale et avec les moyens de l’Etat,  à quelques mois des élections.

Personne ne doit et ne saurait accepter un tel état de fait, qui viole les dispositions constitutionnelles et qui annihilent les efforts multiformes que consentent les centrafricains et la communauté internationale pour stabiliser notre pays.

Comme je le disais plus haut, cette tournée nous a permis de constater les faits suivants :

1- L’existence d’une collusion entre le KNK et l’Administration locale : le Ministre en charge de l’Administration du territoire profite de l’installation des nouveaux préfets et sous-préfets pour  mettre en place des structures du KNK, et impose aux Maires et Chefs de village et de Groupe, de démissionner de leurs partis respectifs pour diriger les structures locales de KNK.

2- La pression exercée par l’Administration sur les Maires, les Chefs de village et de Groupe : le même Ministre en charge de l’Administration du territoire menace de relever  de leurs fonctions avant les élections les Maires, les chefs de village et de groupe qui ne s’exécuteraient pas en faveur de KNK.

3- Les menaces de mort après les élections sur les populations qui ne voteraient pas BOZIZE : une mission de KNK conduite par le député de Mbaiki 1 Mamadou Gari, appuyée par une escorte militaire lourdement armée a sillonné l’Ouham-Pendé et la Nana-Mambéré. Au cours de leurs meetings dans les lieux publics tels que les mairies dans les différentes localités, ils ont ouvertement menacé de représailles militaires les populations des régions qui ne voteraient pas pour BOZIZE en 2010, comme elles l’ont fait en 2005. A Koui, cette délégation a déclaré qu’ils ont encore la balle de leur fusil dans la jambe du Député Boua, élu de cette localité.

 4- Le recensement clandestin dans un cercle très restreint et sélectif : le même Ministre en charge de l’Administration du territoire a fait remettre aux Maires, Chefs de village et chefs de groupe des localités de ces régions, des cahiers avec la consigne de procéder au recensement électoral dans la discrétion la plus totale, donc sans publication de ces listes pour les corrections prévues par la loi. Ces cahiers de recensement sont acheminés dans les chefs lieux de préfecture puis à Bangui dans la plus grande discrétion.  - etc.

Tous ces constats illustrent à la perfection  la détermination des pouvoirs publics de verrouiller puis de manipuler le processus électoral à souhait, dans tout l’arrière-pays, loin des regards indiscrets des partis politiques installés à Bangui et de la communauté internationale.

Cette situation est porteuse de germes pouvant vicier le processus électoral volontairement  manipulé pour assurer d’avance la victoire du Président BOZIZE en 2010. Le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain attire l’attention des centrafricaines et des centrafricains, des partis politiques, de toutes le forces vives de la nation, de toutes les forces de progrès et de la communauté internationale qu’il y a véritablement péril en la demeure.

Les actes que posent le Ministre de l’Administration du territoire et ses hommes en province constituent de véritables voies de fait dénaturant les conditions d’élections équitables, justes et transparentes. Ces actes procèdent d’une stratégie du fait accompli, savamment conçue par le pouvoir,  pour vider la Commission Electorale Indépendante à venir de ses prérogatives et lui imposer des fausses données électorales pour légitimer des faux résultats.

  Nous refusons d’ores déjà de nous comporter comme des victimes résignées, juste bonnes à accompagner donc à cautionner et à servir de faire-valoir à un simulacre d’élections.

Nous rappelons avec force que l’équité dans le traitement des candidats, la transparence et le sérieux dans le déroulement de tout le processus électoral, le recensement de tous les centrafricains en âge de voter, le retour des déplacés et des exilés et leur recensement, la libre expression des électeurs constituent les conditions minimales pouvant conférer aux consultations générales de 2010 leur crédibilité.

 Seule la Commission Election Internationale est habilitée à conduire le processus électoral de bout en bout tout le processus électoral et nous récusons d’avance tout autre schéma concocté clandestinement dans le dessein de nous être subrepticement imposé par une administration ouvertement partisane et aux ordres.

  Je vous remercie.

 

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