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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 17:20





Quelque 10 mois après mon arrivée à Bangui, l’honneur m’échoit de célébrer ici, le 14 juillet, pour la seconde fois en qualité de chef de poste. Enoncer cette singularité me ramène 24 ans en arrière au moment où j’achevais, en qualité de chargé d’affaires, un intérim de 5 mois à la tête de l’ambassade, intérim consécutif au décès de l’ambassadeur que j’étais venu rejoindre en Centrafrique à l’automne 1984 après avoir été, déjà, son premier collaborateur au Malawi, 4 ans plus tôt. Il s’agissait de Jean Grossin dont l’esprit de la trop brève mission en RCA demeure pour moi une source d’inspiration.

Ce jour-là, 14 juillet 1985, un journaliste m’avait demandé, à l’issue d’une interview de circonstance, si je ne m’estimais pas trop jeune pour exercer ces fonctions et j’avais alors spontanément répondu qu’il revenait aux autorités centrafricaines de l’apprécier.

 Aujourd’hui, une telle question ne me serait certes plus posée, sans doute puis-je le regretter ! Il n’en demeure pas moins que je pense avoir conservé l’enthousiasme qui était alors le mien pour contribuer à promouvoir les relations étroites qui n’ont jamais cessé d’exister entre la France et la République centrafricaine depuis un demi-siècle.

 Celles-ci ne sauraient ignorer le passé commun qui a été le nôtre avant l’indépendance et si je me dois de le rappeler, c’est pour rendre un hommage appuyé à ceux qui ont servi sous l’uniforme français et dont le courage, uni à celui de leurs frères d’armes de la métropole, a été mis à l’épreuve sur nombre de théâtres opérationnels dont ceux où a été gagné le combat pour la liberté engagé le 18 juin 1940 par le Général de Gaulle. C’est pour réaffirmer la valeur de cet engagement que j’ai souhaité voir rétablie, de concert avec les autorités centrafricaines, la commémoration de la Victoire du 8 mai 1945 et que j’ai eu la joie de recevoir ici-même, 64 ans plus tard, un groupe de ceux qui perpétuent le souvenir de ce passé. Qu’ils sachent combien je suis attentif à leur situation et disponible à leur endroit pour un dialogue que je souhaite direct.

Sur le socle de ce passé commun s’est bâtie la relation franco-centrafricaine marquée par un esprit de soutien mutuel, le soutien que la coopération française n’a jamais cessé d’apporter dans la recherche d’un développement durable, l’appui qui a été le nôtre, dans les moments difficiles, en vue du retour à la paix, de concert avec les Nations unies dont je salue la nomination de la nouvelle représentante spéciale du Secrétaire général, de concert également avec les pays de la région sous l’impulsion de feu le Président Omar Bongo Ondimba dont le rôle essentiel demeurera à jamais dans les mémoires.

Venant de mentionner des moments difficiles, j’ai aussi à l’esprit ceux que traversent actuellement quelque 10.000 Banguissois, les trois quarts sont des femmes et des enfants, à la suite des inondations qui ont détruit ou endommagé leurs habitations dans plusieurs quartiers de la capitale, dans la nuit du 2 au 3 juillet.

 Alerté avec d’autres partenaires internationaux, par le Premier Ministre et par la Ministre en charge des affaires sociales, j’ai aussitôt relayé ces informations vers le Centre de Crise du Ministère des Affaires étrangères et européennes en recommandant qu’une aide d’urgence soit allouée. Ce soir, je suis en mesure d’annoncer que 16 millions de F cfa ont été mis à la disposition de l’ambassade par le Fonds d’urgence humanitaire pour nous permettre la fourniture de biens de premiers secours à l’intention des populations éprouvées.

La situation qui prévaut dans les quartiers concernés a, depuis longtemps, appelé l’attention des partenaires de la RCA. Aussi bien la Banque mondiale que la Commission européenne et la France sont intervenues pour prendre en charge des projets visant à prévenir les dégâts causés par les eaux pluviales. Certains de ces projets sont achevés, d’autres en cours de réalisation dont le projet français THIMO IV. Autant ils supposaient des financements internationaux, autant ils exigent aussi, pour que les travaux engagés produisent leurs effets, des efforts d’appropriation par les populations concernées en matière de respect et d’entretien, au quotidien. Je sais combien la mairie de Bangui en est consciente et je suis persuadé que les appels lancés en ce sens porteront leurs fruits pour que soient largement atténuées, désormais, les conséquences des intempéries.

Evoquer, comme je l’ai dit, le soutien mutuel entre les deux pays, c’est souligner aussi celui que la République centrafricaine nous témoigne constamment dans les enceintes internationales lorsque des enjeux majeurs justifient de notre part, la volonté de nous impliquer. Il s’est agi, par exemple, dans un passé récent, d’insister pour que soit respectée la diversité linguistique, de plaider pour la défense de l’environnement ou pour que cesse d’être contesté dans le monde tel ou tel aspect des droits de la personne humaine. Puissent les acteurs et les actrices de la diplomatie centrafricaine en être sincèrement remerciés. C’est également ensemble que nous avons, à la fin de l’année dernière, joué un rôle déterminant afin que succède, à l’EUFOR Tchad-RCA, une composante militaire de la MINURCAT basée à Birao, efforts qui ont porté leurs fruits à travers la résolution 1861 du Conseil de Sécurité.

La proximité relationnelle qui est la nôtre écarte, de part et d’autre, l’indifférence. C’est pourquoi nous sommes attentifs l’un à l’autre. Ainsi la France est attentive à ce qui se passe en Centrafrique, ne pas l’être serait, précisément, un signe d’indifférence. La France s’est félicitée de l’accord de paix global de Libreville et de la tenue du Dialogue politique inclusif, deux événements qui ont nécessité des efforts importants de toutes les parties prenantes.

Elle ne cesse, avec de nombreux partenaires internationaux, de former le vœu ardent que la paix soit définitivement consolidée avec l’accomplissement d’un processus de DDR qui en est un gage majeur ; elle souhaite, dans le même temps, que des élections libres et transparentes se tiennent aux échéances prévues, témoignage majeur de l’ancrage de la démocratie et de son appropriation par le Peuple centrafricain.

Cela nécessite que le dialogue se poursuive, là où il est essentiel que la rencontre entre parties prenantes permette de surmonter, de manière pacifique, les incompréhensions. Les missions de terrain qui ont été entreprises méritent, à cet égard, d’être saluées.

Plus que jamais, le concept d’Unité, mis en avant par Barthélémy Boganda lorsqu’a été choisie la devise du pays, est d’actualité. L’Unité me paraît essentielle pour s’engager dans la recherche du développement, ce développement qu’entendent soutenir la France dans sa relation bilatérale, la France dans le cadre de l’Union européenne à travers la Commission, la France à travers ses multiples contributions multilatérales et cela, bien entendu, en concertation avec l’ensemble des partenaires de la RCA, bilatéraux ou multilatéraux, notamment ceux qui viennent de contribuer à l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative « Pays pauvres très endettés ».

Pourtant ce soutien de la France, de la communauté internationale, si important soit-il, ne peut que s’inscrire en complément à l’activité économique du pays dont le secteur privé est un acteur incontournable dans une logique de développement. Lui assurer une sécurité juridique et judiciaire est un élément déterminant pour que soit garantie un climat des affaires propice à l’investissement.

 La France, se félicite, à cet égard, de la rapidité avec laquelle a été menée à bonne fin la procédure interne qui a permis le vote, par l’Assemblée nationale, de la loi autorisant la ratification du traité de l’OHADA, signé en marge du Sommet de la Francophonie à Québec. Ainsi votre pays, Monsieur le Président, a toutes les chances de devenir le troisième Etat partie au nouveau traité sur les 16 qui l’ont signé.

 Au sein du secteur privé centrafricain, les entreprises françaises jouent un rôle significatif même si leur nombre a considérablement diminué au fil des turbulences que le pays a connues. J’ai souhaité, aujourd’hui, que leur présence soit affirmée à travers leur implication dans cette réception. Les grands groupes français représentés en RCA ont apporté un concours substantiel pour que la convivialité de ce 14 juillet soit à la hauteur des traditions françaises, ce dont je les remercie vivement. Je salue aussi les autres entreprises dirigées par mes compatriotes qui ont apporté leur savoir-faire pour parvenir à ce résultat. Puisse le travail mené en commun avec elles, à cette occasion, illustrer la qualité des relations que l’ensemble des entreprises françaises entretient avec l’ambassade et le soutien que l’ambassade a vocation à leur apporter.

 Faire mention du secteur privé m’incite, dans un esprit d’équilibre, à rendre aussi hommage à l’action déployée par plusieurs autres composantes de la présence française, que ce soit l’Institut Pasteur, élément essentiel du dispositif de santé, le Détachement Boali, en soutien à la Micopax, selon un schéma souvent cité en modèle s’agissant de notre coopération de défense en Afrique, le Lycée Charles de Gaulle dont les élèves centrafricains, boursiers d’excellence, ont rivalisé avec leurs camarades français pour décrocher des mentions flatteuses au baccalauréat et aussi l’Alliance française de Bangui qui joue, notamment, un rôle majeur afin de promouvoir les artistes centrafricains et qui entend le poursuivre à travers une relation et un dialogue confiants et directs avec eux. Sans prétendre être exhaustif, j’achèverai cette énumération avec un salut collectif en direction des ONG dont l’action sur le terrain mérite toute notre estime.

Cette présence, dans sa diversité, témoigne de la vitalité de la relation entre nos deux pays, une vitalité qui repose largement sur l’activité que déploient, au quotidien, mes compatriotes en illustrant, dans leur domaine de compétence, la relation franco-centrafricaine.

 Celles et ceux qui ont en partage la nationalité des deux pays méritent, à mon sens de jouer, à cet égard, le rôle majeur que j’attends de leur part pour renforcer les liens entre les deux Nations afin que vive l’amitié franco-centrafricaine.

 

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