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14 juillet 2009 2 14 /07 /juillet /2009 23:08






 

C’est un secret de polichinelle que depuis qu’il se trouve à la tête de la République centrafricaine, Bozizé entend conserver le plus longtemps possible le pouvoir dont il s’est emparé par coup d’Etat puis légitimé ensuite par une mascarade électorale. Il n’a jamais fait mystère non plus de sa volonté de s’accrocher par la force et d’y mourir ou de le transmettre à son fils Francis, actuel ministre délégué chargé de la défense. Pour cela, il a très vite compris qu’il lui faut se constituer un important arsenal de guerre. C’est ainsi qu’il a pris langue avec la République populaire de Chine qui lui en a fourni une certaine quantité qu’il a disséminée ça et là dans des cachettes dit-on à Benzambé, Bossembélé, Sibut et autres. Puis il a chargé le député Ibrahim Aoudou Pacco de Carnot qui a séjourné longuement en Chine pour écouler ses diamants contre des livraisons d’armes de guerre. C’est ainsi que par le canal ce député, deux imposants avions cargo chinois avaient débarqué plusieurs dizaines de tonnes d’armes sur l’aéroport Bangui Mpoko au nom et à l’adresse d’Ibrahim Aoudou Pacco.  

Ensuite il s’est retourné vers l’Afrique du Sud où après avoir concédé à la filiale sud africaine d’URAMIN, il a eu à toucher un dessous de table de 20 millions de dollars (environs plus de 8 milliards F CFA) virés en tranches sur un compte bancaire ouvert dans un paradis fiscal aux îles vierges britanniques. Selon nos informations, une bonne partie de ce magot a servi à l’achat d’armes sud africaines. Chaque fois que Bozizé se rendait en Afrique du Sud, les soutes de son avion  étaient bourrées d’armes au retour sans compter les avions cargo qui en transportaient aussi jusqu’à Bangui. Pourquoi cette boulimie d’armes de guerre ? L’attaque de la garnison de Bossembélé le 13 février dernier a permis aux assaillants de vider une bonne quantité des armes de guerre qui y étaient entreposées. Des témoins qui ont assisté à la scène de la visite que Bozizé avait effectuée ce jour à ce dépôt d’armes de Bossembélé racontent qu’il en avait presque les larmes aux yeux.

Dans une récente parution, Centrafrique-Presse informait ses lecteurs de que la villa qui sépare l’Assemblée nationale de la paillote de l’OFCA à Bangui que Bozizé vient d’acquérir est littéralement transformée en un important dépôt d’armes. Il y a quinze jours à peine, d’importants déchargements ont eu lieu suite à une livraison en provenance d’Afrique du Sud. Des soldats montent d’ailleurs la garde devant cette maison dont l’accès donne sur l’avenue de l’Indépendance. Via le port de Douala également, des camions porte conteneurs embarquent des cargaisons d’armes de guerre et les acheminent par la route jusqu’à Bangui ou d’autres cachettes à travers le territoire.

La question se pose donc légitimement de savoir d’où provient l’argent avec lequel Bozizé se procure toutes ces armes de guerre qui coûtent chères car cela ne sort apparemment pas du trésor public national. Les milliards de bonus et autres dessous de table que Bozizé et Ndoutingai  ont perçus peuvent certainement expliquer de tels achats mais d’autres sources d’enrichissement illicites peuvent également être prises en considération. Par exemple, selon des informations d’une source digne de foi désirant garder l’anonymat, outre ce qui revient à l’Etat sous forme d’impôt ou taxes sur les produits pétroliers et qui entre normalement dans la structure des prix des hydrocarbures, Bozizé percevrait aussi automatiquement et personnellement à son seul profit 24 F CFA sur chaque litre, tous produits pétroliers confondus (essence super, gas-oil, pétrole lampant), vendu sur tout le territoire centrafricain. C’est tout simplement hallucinant ! Sachant que dans la structure des prix actuellement en vigueur en RCA, le pétrole lampant coûte 500 F CFA/litre, le Super 780 F CFA/ litre et le Gasoil 680 francs CFA/litre et qu’environs 6 m3 ou 6 millions de litres en moyenne tous produits pétroliers confondus, sont écoulés mensuellement dans le pays,  Bozizé percevrait donc en moyenne 144 millions de F CFA par mois, soit environs 2 milliards de F CFA par an, rien que sur les ventes d’hydrocarbures.

Ce pactole ne prend pas la route des caisses du trésor public mais va droit quelque part dans un compte bancaire appartenant à Bozizé ou le lui remet-t-on en espèces sonnantes et trébuchantes. Si un tel enrichissement qui est non seulement totalement illicite n’est pas un crime économique contre le pays, il faudrait trouver une autre définition du concept de crime économique. Il faut rappeler qu’en outre, Bozizé et sa famille proche (ses rejetons, ses sœurs et autres frères) exploitent sur le territoire national, tant à Bangui que dans certaines villes de province comme Bossangoa, Damara et autres, plusieurs stations d’essence qui leur rapportent également de substantiels profits. Il a goûté depuis longtemps aux délices du commerce des produits pétroliers lorsqu'il fut chef d'état major des Faca. C'est à ce moment qu'il avait réussi à détourner les dotations de l'armée pour en faire la fortune qui lui a permis d'envisager de faire un coup d'Etat. Il exploitait notoirement une station au pk 4 sur l'avenue Boganda. On a vu la suite. Et dire qu’il veut rempiler à la tête du pays pour encore cinq ans ! Les Centrafricains le laisseront-t-il le faire ?

 

 

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