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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 17:24




LE MONDE | 06.07.09 | 15h06

 

Paris a haussé le ton, dimanche 5 juillet, vis-à-vis du Niger où l'obstination du président Mamadou Tandja, 71 ans, à demeurer au pouvoir en dépit de la Constitution, menace de faire basculer dans la crise ce pays très pauvre, mais stable. La situation est "à la fois inquiétante et décevante", a estimé Nicolas Sarkozy dans un message lu à Paris, lors de l'Assemblée parlementaire de la francophonie.

La démocratie et les institutions nigériennes sont "directement menacées par un dévoiement de certaines dispositions constitutionnelles", a ajouté le président français. Au même moment, des dizaines de milliers de Nigériens ont à nouveau manifesté à Niamey contre le projet de référendum qui, le 4 août, doit entériner une réforme de la Constitution permettant à M. Tandja de briguer un troisième mandat.

Le président nigérien aurait pu terminer son dernier quinquennat sur un bilan plutôt flatteur : le Niger a connu en 2008 une croissance record de 9,5 % ; un dialogue avec la minorité touarègue a été ouvert ; un contrat prometteur avec Areva pour l'extraction d'uranium a été signé. En mars, M. Sarkozy avait fait escale à Niamey à l'occasion de ce paraphe. Devant lui, M. Tandja avait déclaré qu'il s'apprêtait à quitter le pouvoir.

Au lieu de cela, il a lancé une réforme de la loi fondamentale et tenté d'abattre un à un les obstacles qui entravent son projet de référendum. Ce faisant, il se heurte à une triple résistance, juridique, politique et sociale.

A la fin juin, M. Tandja a dissous la Cour constitutionnelle, dont la présidente, fait rare en Afrique, s'était opposée, le 25 mai, à la tenue du référendum. Dès le lendemain, le président a dissous le Parlement et convoqué par décret les électeurs. Le 12 juin, ce décret a été annulé par la même Cour constitutionnelle. Passant outre, M. Tandja l'a signé. Ne parvenant pas à faire taire la contestation, il s'est arrogé, le 26 juin, des "pouvoirs exceptionnels", en se prévalant d'une disposition constitutionnelle applicable lorsque "l'indépendance de la République est menacée".

"COUP D'ETAT"

A cette fronde juridique s'ajoute le lâchage politique du principal parti soutenant le régime, la Convention démocratique et sociale (CDS), dont les sept ministres démissionnaires ont été remplacés par des fidèles. Un collectif réunissant des partis, des syndicats et la société civile, le Front de défense de la démocratie (FDD), a qualifié les décisions présidentielles de "coup d'Etat".

Le sommet de l'Union africaine, réuni à Syrte (Libye), s'est achevé, vendredi, sans déclaration sur le Niger. L'institution panafricaine est tiraillée entre son président, le "guide" libyen Mouammar Kadhafi, peu regardant sur les institutions, et le président de sa Commission, le Gabonais Jean Ping, qui, avant le sommet, s'était dit "extrêmement préoccupé" par la situation nigérienne.

 

Philippe Bernard

Article paru dans l'édition du 07.07.09

 

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