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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 23:28




Après cinq années passées aux commandes de la République centrafricaine, hormis les deux années de transition dite consensuelle, l’heure de vérité approche pour le général François Bozizé. Le 11 juin 2010, il aura mis en effet cinq ans du pays après sa prestation de serment du 11 juin 2005. Il doit maintenant rendre compte au peuple centrafricain. En clair, c’est l’heure de dresser le bilan de sa gestion. Tous les Centrafricains doivent s’y employer. Or, craignant déjà d’être assommés par un bilan si accablant que cela devrait ôter à leur chef de clan toute prétention à vouloir briguer un second mandat, les bozizistes de tout poil s’empressent de proclamer urbi et orbi que leur régime paie régulièrement les salaires des fonctionnaires donc cela devrait suffire à leur délivrer un quitus de bonne gouvernance du pays, ce qui à l’évidence, relève d’une analyse trop facile.

S’il est vrai que l’accumulation de nombreux arriérés de salaires des agents de l’Etat a été à directement ou indirectement à l’origine de la déchéance politique et de la perte du pouvoir des régimes du général André Kolingba et celui de son successeur Ange Félix Patassé, il n’est pas encore prouvé que le paiement plus ou moins régulier des salaires des fonctionnaires ces derniers temps par le régime Bozizé permettra à n’en pas douter, la réélection les doigts dans le nez de ce dernier aux prochaines présidentielles. Plusieurs critères d’appréciation doivent être pris en compte pour un jugement correct des cinq années de pouvoir Bozizé.

Le paiement des salaires des employés de l’Etat est un devoir régalien d’un Etat. Dans un pays normal, on s’en aperçoit à peine. En Centrafrique, à force d’habituer les fonctionnaires à des années d’arriérés de salaires et de non paiement à terme échu, quand un gouvernement comme celui de Bozizé fait l’effort de renouer avec ce qui devrait être la norme, il présente cette situation comme si c’était un cadeau qu’il a consenti aux bénéficiaires. C’est à peine si on ne leur demandait pas d’adresser des remerciements au président Bozizé et son gouvernement. Il ne saurait donc constituer un argument électoral tout en masquant la gabegie et les dépenses fantaisistes dites « exceptionnelles » dont Bozizé et sa clique sont champions.

Cela dit, il faut voir à quel prix le régime Bozizé parvient à assurer le paiement, plus ou moins régulier des salaires des fonctionnaires. C’est au prix d’un colossal endettement de l’Etat, notamment auprès des banques de la place qui serait de l’ordre de vingt milliards de F CFA. L’Etat centrafricain ploie actuellement sous un endettement global de l’ordre de cinq cents milliards de F CFA environ selon les chiffres des services compétents. Si le gouvernement centrafricain sollicite son admission à l’initiative dite pour les pays pauvres très endettés (PPTE) auprès des institutions de Bretton Woods, ce n’est justement pas pour rien.

Malheureusement, les amitiés coupables de Bozizé et Ndoutingai avec des personnages sulfureux, mafieux et prédateurs comme Saifee Durbar et autre Armand Ianarelli, sont de nature à compromettre l’établissement de bonnes relations de l’Etat centrafricain avec le FMI et la Banque mondiale. Il en est de même des tracasseries faites récemment à des diplomates comme M. Jean Claude Esmieu, représentant des partenaires au développement aussi précieux que l’Union européenne. Le régime de Bozizé semble marcher sur la tête. Il dresse le tapis rouge sous les pieds de truands mafieux et crée inutilement des ennuis aux diplomates réguliers installés dans le pays.

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Centrafrique-Presse.com - dans Politique