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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 23:02




Premier Ministre gabonais Jean Eyéghé Ndong

 

Libreville (AFP) 22/06/2009 | Mise à jour : 20:00

Le premier ministre gabonais Jean Eyeghé Ndong a reconnu que l'élection présidentielle consécutive à la mort du président Omar Bongo Ondimba ne pourrait avoir lieu fin juillet comme prévu par la Constitution, lors d'une interview diffusée aujourd'hui par la chaîne France 24.

Jean Eyeghé Ndong n'a pas non plus exclu, le moment venu, de se porter candidat à cette élection.
"Je vois mal comment en 45 jours nous pouvons régler le problème de l'élection présidentielle", a déclaré M. Eyeghé Ndong. "J'espère que je ne m'avance pas trop mais c'est sûr que nous irons au-delà de 45 jours", a-t-il dit lors de cet entretien, réalisé à Libreville.

Selon la Constitution, la présidente par intérim Rose Francine Rogombé, investie le 10 juin, dispose de 45 jours au plus après sa prise de fonction pour organiser un scrutin, qui doit donc théoriquement se tenir fin juillet.

Mais des commentateurs et certaines sources du gouvernement comme de l'opposition estiment impératif de repousser ce délai afin de procéder à une révision des listes électorales.
Interrogé sur ce point, le Premier ministre a indiqué: "nous allons avoir une concertation politique à la demande du chef de l'Etat, nous verrons s'il est nécessaire absolument de revoir cette liste électorale".

"Il ne suffit pas de décider de la revoir, il faut maintenant qu'on se mette d'accord.

 

NDLR : Le report au-delà des quarante cinq jours de la présidentielle au Gabon après la disparition du président Omar Bongo vient mettre le doigt sur le problème de ces constitutions africaines que certains potentats le plus souvent, aiment tripatouiller pour demeurer ad vitam aeternam au pouvoir et tailler uniquement à leur mesure et pour servir leurs intérêts égoïstes sans tenir compte des réalités locales. De fait, dans le cas du Gabon où les autorités de transition sont brutalement projetées devant la nécessité d’organiser des élections dans quarante cinq jours, celles-ci sont dans l’obligation d’avouer l’impossibilité  de respecter un tel délai. La raison est la nécessité de réviser les listes électorales qui, dans un pays pourtant à très faible démographie comme le Gabon ne devrait pas poser particulièrement problème si les registres étaient tenus à jour, n'a jamais été le soucis des dirigeants.  

En effet aux termes de cette constitution que l’illustre disparu a fait rédiger pour gagner tous les scrutins présidentiels à la proportionnelle à un seul tour, on a par simple mimétisme, copié les dispositions de la constitution de la cinquième république française de 1958 dont un des alinéas de l’article 7 dispose qu’« En cas de vacance ou lorsque l'empêchement est déclaré définitif par le Conseil Constitutionnel, le scrutin pour l'élection du nouveau président a lieu, sauf cas de force majeure constaté par le Conseil Constitutionnel, vingt jours au moins et trente-cinq jours au plus après l'ouverture de la vacance ou la déclaration du caractère définitif de l'empêchement. ».

En France, l’actualisation des listes électorales est un travail de routine qui s’accomplit le plus naturellement du monde dans toutes les mairies, chose qui est loin d’être le cas au Gabon. C’est bien connu que dans toutes les républiques bananières, les listes électorales n’ont jamais fait l’objet d’attention et elles ne sont jamais à jour. Or leur fiabilité est une des conditions pour la bonne tenue d’élections crédibles et incontestées. Bien souvent, c’est à force de dénoncer cette fâcheuse situation par l’opposition politique que les pouvoirs en place, tant bien que mal, feront semblant de les nettoyer et ce, généralement à quelques jours seulement du scrutin. C’est comme si, plus il y a de la confusion dans les listes électorales, mieux cela fait les affaires du ou des candidats du pouvoir en place. Tant et si bien que le jour du vote, on enregistrera toujours des problèmes d’électeurs dont on ne retrouve pas les noms sur les listes électorales au moment du vote, ou des noms enregistrés plusieurs fois ainsi de suite.

Ce constat est aussi valable pour la République centrafricaine où des élections générales doivent avoir lieu en 2010 et le recensement du corps électoral est loin d'avoir démarré; le code électoral n'est pas encore révisé, la commission électorale indépendante n'est pas encore mise en place; le financement de ces élections n'est pas encore réuni etc...Avec un tel tableau, depuis Libreville, Bozizé a pourtant déclaré à la presse que ces élections auront bel et bien lieu en 2010. On voudrait bien le croire mais...

Au Gabon, c’est bien connu qu’à chaque élection organisée durant le règne de Bongo, il y avait toujours eu plus de votants que d’inscrits sans que cela n’ait remis en cause la régularité du scrutin. Cette anomalie a ainsi toujours profité au PDG parti au pouvoir, en dépit de quelques timides protestations sans lendemain des opposants. Cette fâcheuse situation ne doit plus durer. Il faut que l’opposition gabonaise véritable relève enfin la tête pour mettre un terme à cet insupportable déni de démocratie.

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