Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 01:11






LIBREVILLE (AFP) - mardi 16 juin 2009 - 21h45 - Des milliers de Gabonais et 14 chefs d'Etat, dont le français Nicolas Sarkozy, ont assisté mardi à Libreville aux obsèques solennelles du président Omar Bongo, symbole de la "Françafrique" après 41 ans au pouvoir et dont la succession attise les luttes en coulisses.

Le cercueil du président gabonais Omar Bongo Ondimba est arrivé mardi vers 19H00 (18H00 GMT) à Franceville, sa terre natale dans le Haut-Ogooué (sud-est du Gabon), où il sera inhumé jeudi, a constaté une journaliste de l'AFP.

Quelque 1.500 personnes ont accueilli la dépouille mortelle du président à l'aéroport de Franceville, après les obsèques officielles déroulées plus tôt dans la journée à Libreville en présence de milliers de Gabonais et d'une quinzaine de chefs d'Etat.

Après une minute de silence, les invités étrangers, parmi lesquels figuraient la plupart des présidents de l'Afrique francophone, s’étaient inclinés à tour de rôle devant le cercueil recouvert par le drapeau du Gabon.

La cérémonie a été précédée d'un bref incident lorsque la France a été prise à partie à l'arrivée au palais de Nicolas Sarkozy, auquel plusieurs dizaines de Gabonais ont lancé: "On ne veut plus de vous, partez!"

A l'intérieur du palais, le président français et son prédécesseur Jacques Chirac ont ensuite été applaudis lorsqu'ils ont déposé, ensemble, une gerbe de fleurs devant le cercueil.

Toute la classe politique gabonaise et la famille Bongo, des représentants d'institutions internationales et des figures de la "Françafrique" ont rendu hommage à Omar Bongo Ondimba, dont le décès à 73 ans, en Espagne où il était hospitalisé, a été annoncé le 8 juin.

Après un culte, des personnalités gabonaises ont prononcé des oraisons funèbres très attendues dans le climat tendu de la succession.

Jusqu'ici, la voie constitutionnelle a été respectée: l'intérim à la tête de l'Etat a été confié à la présidente du Sénat Rose Francine Rogombé, chargée d'organiser un scrutin présidentiel 45 jours au plus tard après sa prise de fonctions intervenue le 10 juin.

Mais en coulisses, les tractations vont bon train. Selon des sources proches du pouvoir, Ali Ben Bongo, ministre de la Défense et fils du défunt, souhaite s'imposer comme successeur, une solution qui provoque des résistances au sein même du régime.

Au nom de la famille, Ali Bongo s'est engagé dans son oraison funèbre à perpétuer l'héritage paternel.

"Nous, tes enfants, ta famille, prenons l'engagement solennel de garder allumée avec l'aide de nos concitoyens la flamme sacrée de l'harmonie familiale, de la concorde républicaine et de l'unité nationale", a-t-il lancé, essuyant une larme.

"La Constitution, rien que la Constitution", a affirmé de son côté le Premier ministre Jean Eyeghé Ndong, qui accuse, selon des sources concordantes, Ali Bongo de vouloir passer en force sans respecter la Loi fondamentale.

Un défilé militaire a clos la cérémonie sur le bord de mer devant des milliers de Gabonais, avant que le cercueil ne s'envole pour la région natale d'Omar Bongo dans le sud-est du Gabon, où il doit être inhumé jeudi au terme d'une semaine d'obsèques que les autorités ont voulu grandioses.

Dans la foule, les badauds vêtus de T-shirts à l'effigie d'Omar Bongo se montraient dans l'ensemble rassurés. "Ils ont respecté jusqu'ici la Constitution, alors on n'est pas inquiet", lâchait un jeune homme de 18 ans.

Avant la cérémonie, une chanson diffusée dans la cour de l'imposant palais présidentiel couleur or scandait en boucle "Papa Bongo Ondimba, les Gabonais te pleurent". Après 41 ans, le nom du président finissait par se confondre avec celui de ce pays pétrolier d'Afrique équatoriale - parfois surnommé "Bongoland".

Le doyen des chefs d'Etat africains, médiateur dans de nombreuses crises continentales, était aussi décrié pour la mauvaise gestion de la manne pétrolière. La pauvreté demeure criante au Gabon, malgré ses richesses.

Omar Bongo était également un symbole de la "Françafrique", cette relation ambiguë entre Paris et ses ex-colonies.

Pour faire taire les rumeurs qui lui prêtent, une fois de plus, des velléités interventionnistes, le président Sarkozy a martelé, en marge des obsèques, que la France n'avait "aucun candidat" pour la succession d'Omar Bongo.



Gabon: Ali Bongo promet de perpétuer l'héritage de son père






 LIBREVILLE (AFP) - mardi 16 juin 2009 - 16h07 - Ali Ben Bongo, fils du défunt président gabonais et candidat potentiel à sa succession, s'est engagé mardi à perpétuer l'héritage d'Omar Bongo Ondimba pour "aborder sereinement" l'avenir du Gabon, lors de ses obsèques officielles à Libreville.

Rendant hommage à la "philosophie du pardon" et au "dialogue" qui guidaient selon lui l'action du président Bongo, Ali, ministre de la Défense s'exprimant au nom de la famille, a déclaré: "Cet édifice (...) va nous permettre d'aborder sereinement l'avenir des enfants de notre pays".

"Nous, tes enfants, ta famille, prenons l'engagement solennel de garder allumée avec l'aide de nos concitoyens la flamme sacrée de l'harmonie familiale, de la concorde républicaine et de l'unité nationale", a-t-il lancé, essuyant une larme.

Ali Ben Bongo n'a pas évoqué plus directement la question de la succession, publiquement taboue en cette période de deuil mais qui attise déjà les luttes de pouvoir en coulisses.

Plusieurs observateurs attendaient ainsi, avant les obsèques, de voir s'il serait désigné par la famille pour prononcer l'oraison funèbre.

Selon plusieurs sources proches du pouvoir, Ali Ben Bongo souhaite s'imposer comme successeur, suscitant des résistances au sein même du régime.

Le ministre de la Défense, ex-chef de la diplomatie, s'est montré en première ligne depuis le décès de son père, annoncé officiellement le 8 juin. Il est apparu fréquemment à la télévision et s'est montré très présent aux côtés de la présidente intérimaire Rose Francine Rogombé, chargée par la Constitution d'organiser un scrutin présidentiel.

De source proche du parti présidentiel, on a fait état d'un intense bras de fer ces derniers jours entre Ali Ben Bongo et le Premier ministre Jean Eyeghé Ndong pour la gestion de la transition. Ce dernier accuse, selon ces sources, le fils du président de vouloir passer en force sans respecter la Constitution.

Dans ce qui est apparu comme un mise en garde, le chef du gouvernement s'est adressé dans son oraison funèbre au président défunt: "Vous qui avez toujours dit avec force, notamment ces derniers temps: +La Constitution, rien que la Constitution+", a-t-il dit.

Selon Jean Eyeghé Ndong, les Gabonais et notamment les jeunes doivent "rejeter les dissensions, les guéguerres, les luttes effrénées, personnelles ou autres". "L'avenir du Gabon est entre leurs mains (...) Il nous faut l'unité nationale, il nous faut la paix", a-t-il estimé.

Les oraisons funèbres ont conclu la cérémonie officielle, qui devait être suivie par un défilé militaire sur le bord de mer de Libreville, où étaient déjà massées des milliers de personnes.

 

 

 



Au Gabon, la «Françafrique» salue Omar Bongo






 leparisien.fr 16.06.2009, 22h18  

Des couronnes mortuaires au nom d'Axa, Total, Bolloré, des figures des réseaux franco-africains présentes en nombre: le petit monde de la «Françafrique» s'est donné rendez-vous mardi à Libreville pour les obsèques de son dernier «dinosaure», le président gabonais Omar Bongo.

Les représentants officiels des relations entre Paris et ses ex-colonies africaines sont tous là: le président français Nicolas Sarkozy et son prédécesseur Jacques Chirac, un ami proche du défunt, quelques membres du gouvernement, mais aussi tout un panel d'anciens ministres de la Coopération, de droite comme de gauche.

A leurs côtés, les hommes de l'ombre, parmi tous ceux que l'on accuse de perpétuer la «Françafrique», nom donné aux relations ambiguës, voire incestueuses, avec les pays africains.

A cette aune, l'installation des invités par le protocole gabonais, dans l'immense palais présidentiel, n'est pas anodine. Ainsi, le «Monsieur Afrique» officiel du président Sarkozy, Bruno Joubert, est-il assis juste derrière Robert Bourgi, son homologue occulte.

Vieilles gloires déchues

Selon plusieurs observateurs, Me Bourgi, qui avait l'oreille du président Bongo, n'est pas étranger au revirement de Nicolas Sarkozy, qui avait promis de rompre avec la «Françafrique» avant de se montrer, une fois élu, conciliant avec ses symboles.

L'élu Patrick Balkany, omniprésent lors des voyages du président français en Afrique, et l'ancien grand maître du Grand Orient de France Alain Bauer - Omar Bongo était un franc-maçon déclaré - faisaient également partie de la délégation.

Les vieilles gloires déchues ont aussi fait le déplacement. L'ancien patron de la compagnie pétrolière publique française Elf Loïk Le Floch-Prigent, qui a fait de la prison pour des affaires sur lesquelles planait l'ombre du Gabon, est ainsi venu depuis Paris pour déposer une gerbe de fleurs devant le cercueil présidentiel.

Mais les temps ont changé: à son arrivée à l'aéroport de Libreville, il a dû se prêter au jeu du relevé d'empreintes digitales pour une demande de visa en bonne et due forme.

Au-delà de l'anecdote, ce sont toutes les relations entre Libreville et Paris qui s'étaient tendues ces dernières années, notamment en raison des enquêtes en France sur les biens immobiliers «mal acquis» de la famille Bongo accusée de détournement de fonds par des associations. Le président gabonais s'estimait lâché par la France, selon des membres du régime.

Chirac mieux placé que Sarkozy

Les responsables gabonais semblaient d'ailleurs avoir fait «payer» à Nicolas Sarkozy ces tensions en plaçant l'actuel président plus loin du cercueil de Bongo que Jacques Chirac tout en respectant le strict ordre protocolaire.

Le chef de l'Etat français a souligné s'être interrogé sur la pertinence de sa présence à Libreville. «On ne vient pas, on est indifférent. On vient c'est l'ingérence», a-t-il noté, avant de marteler: «La France n'a aucun candidat» pour la succession d'Omar Bongo.

L'accueil réservé à Nicolas Sarkozy à son arrivée au palais présidentiel en dit long sur cette dégradation des relations. Quelques dizaines de Gabonais ont hué le président français avant de scander: «On ne veut plus des Français ! On veut les Chinois !»

 leparisien.fr

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com - dans AFRIQUE