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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 19:07






 

 

Pour s’imposer parmi ses pairs, le défunt président gabonais n’a pas souvent hésité à déstabiliser leur pouvoir politique pour après, jouer les médiateurs.


“ Cet homme m’a sauvé plusieurs fois des griffes d’Idris Déby. Je souhaite qu’il soit rapidement rétabli pour me permettre d’aller le remercier, cette fois-ci, de vive voix ”. Malheureusement, le vœu de l’opposant tchadien Ngarlejy Yorongar, émis dans les colonnes du Messager no 2874 du 12 juin 2009, ne se réalisera pas. Son mentor, Omar Bongo, souffrant au moment de cet entretien, ne s’est pas relevé de la maladie qui le rongeait et le tenait cloué dans une clinique barcelonaise depuis mai dernier. Mais cette anecdote trahit le jeu parfois trouble que le défunt président gabonais a souvent joué, hors des frontières du Gabon, dans d’autres pays. Au-delà de l’image policée de “ médiateur et de faiseur de paix ” (dixit Le Monde du 10 juin 2009), Omar Bongo Ondimba, s’avère être un véritable déstabilisateur de régimes africains au service d’intérêts français. En tout cas, son rôle reste ambigu dans plusieurs pays de la sous-région.

Ainsi en est-il de la Centrafrique. “ C’est grâce à cet homme si la paix revient peu à peu en République centrafricaine et en Afrique centrale. Si le Dialogue politique inclusif se tient aujourd’hui, c’est en majorité grâce au président Bongo. Le président François Bozize a beaucoup de respect pour lui. Et tous, nous sommes heureux d’avoir un homme d’une telle dimension en Afrique centrale ”, se réjouissait le 8 décembre 2008, Cyriaque Gonda, ministre centrafricain chargé de la Communication et du dialogue politique inclusif. Acteur majeur de cette large concertation nationale visant à panser les plaies de la division, Omar Bongo n’en est pas moins celui qui a manœuvré en coulisses pour la chute du régime d’Ange Félix Patassé (démocratiquement élu) et l’avènement de François Bozizé au pouvoir en Centrafrique.

Le pyromane qui joue au sapeur-pompier ?

Craint et respecté, Omar Bongo Ondimba apparaît en effet comme un faiseur de roi. Au Congo-Brazza, il n’hésite pas à voler au secours de son ami et beau-frère, Denis Sassou Nguesso, qu’il aide à retrouver le fauteuil présidentiel que lui avait démocratiquement enlevé Pascal Lissouba, sacrifié au nom des intérêts supérieurs de la Françafrique. Ici encore le “ sage ” de Libreville viendra jouer les exorcistes pour chasser les démons de la guerre civile qui déchire le pays après ce coup de force. Le pyromane qui joue au sapeur-pompier ? “ je pense que dans la gestion de ces situations, il agissait comme agent relais des intérêts politico-économiques de la France. Il s’agit en fait d’un réalisme politique cynique où il tire avantage de ses propres turpitudes en laissant croire qu’il lutte pour la bonne cause ” ; répond le professeur Eric Mathias Owona Nguini.

Une chose est sûre. Omar Bongo a su imposer sa personnalité dans la résolution des crises sur le continent noir. Avec des succès mitigés ou des intentions plus ou moins avouables, mais toujours enveloppées de voiles de suspicion, on l’a vu, en dehors du Congo-Brazza et de la Centrafrique, son bâton de pèlerin à la main, aller prêcher l’amour et la réconciliation au Tchad, au Zaïre (qui deviendra plus tard République démocratique du Congo après le départ forcé de Mobutu) ou en Côte d’Ivoire…


Déstabilisateur…

Son rôle de déstabilisateur de régimes africains, Omar Bongo l’a pris au sérieux très tôt, en fait au lendemain de son accession à la magistrature suprême. En 1967, le Gabon sert ainsi de base arrière militaire à la France (qui aide les sécessionnistes) lors de la guerre du Biafra qui fera près de deux millions de morts. “ Chaque nuit, des pilotes mercenaires transportent de Libreville au Biafra une vingtaine de tonnes d'armes et de munitions de fabrication française et allemande. De bonne source, on précise que ces envois sont effectués via Abidjan, en Côte d'Ivoire [...]. Les avions sont pilotés par des équipages français et l'entretien est aussi assuré par des Français ”, rapporte une dépêche d'Associated Press le 16 octobre 1967. “ Pour diversifier les sources d'approvisionnement et intensifier les livraisons, les deux piliers africains du soutien au Biafra, les présidents gabonais et ivoirien Bongo et Houphouët-Boigny, organisent "une coopération secrète avec la France, l'Afrique du Sud, le Portugal [encore en pleine guerre coloniale] et la Rhodésie, pour l'envoi de matériel de guerre au Biafra ”, écrit pour sa part Le Nouvel Observateur du 19 janvier 1970).

De même, le régime d’Omar Bongo participe en 1976 à une opération de déstabilisation du pouvoir béninois tenu par Mathieu Kérékou dont la France et ses alliés ne supportent pas le parti pris pour le marxisme. Plus que tout, Omar Bongo s’avèrera donc être l’un des bras séculiers de la France sur le continent noir. Il n’a en effet cessé, durant ses quarante-deux années de règne, de jouer ses chevaliers servants, avec un zèle obséquieux, prêt à déjouer toutes les “ tentatives de subversion ”. Un pan sombre de sa vie si souvent ignoré ou occulté. Sans doute par convenance. 

Par Frédéric BOUNGOU Le Messager  Le 15-06-2009

 

Un agent secret français à la tête de l’Afrique centrale et qui est son successeur ?

Un agent secret français à la tête du Gabon

Le messager Lundi 15 juin 2009 : Le défunt président gabonais a plus servi la France que son pays.

Issu d’une famille de paysans Batéké (une ethnie minoritaire du sud-est du Gabon et majoritaire au Congo-Brazzaville), Bongo effectue des études primaires et secondaires au Congo (les précisions sur le niveau de ces études ne sont pas connues) avant d’être recruté dans l’administration gabonaise comme postier. Il avait, préalablement, fait son service militaire français au Tchad, où il avait tapé à l’œil des décideurs français, par son caractère vif et ambitieux. Cependant, c’est alors qu’il exerce son modeste emploi dans les postes gabonaises, que Bongo (né en 1935) est adoubé par les Français, qui font de lui un de leurs hommes de main en Afrique. Il est employé par la France dont il sert les intérêts au Gabon et partout dans le continent, dans les écoutes téléphoniques.

Grâce à sa position d’agent secret (membre d’un service de renseignement) français, Bongo gravit très vite les échelons dans la fonction publique gabonaise. De fonctionnaire du service des Postes, il se retrouve directeur de cabinet du président de la République gabonaise, Léon Mba. Outre ses fonctions officielles de directeur de cabinet du président de la République, Bongo a des missions officieuses qui lui sont assignées par les services secrets français, auprès du chef de l’Etat Léon Mba : rester au cœur du système, surveiller son patron (Léon Mba), en faisant remonter tous ses faits et gestes auprès du gouvernement français dont l’un des soucis majeurs est d’être le véritable maître à penser des dirigeants africains. Pour la France, les résultats de Bongo, poulain de Jacques Foccart, sont éloquents.

Servir la France bec et ongles

Satisfaite des multiples rapports que lui font parvenir Bongo, la France décide de faire de lui le véritable dauphin de Léon Mba, pour le préparer à occuper les hautes fonctions présidentielles au Gabon, au cas où… Bongo part du cabinet civil de la présidence de la République, gravit rapidement d’autres échelons, au point de se retrouver au poste de vice-président de la République du Gabon. C’est donc, tout naturellement, que Bongo devient chef de l’Etat du Gabon après le décès de Léon Mba des suites de “ maladie ” en 1967. Son serment de président de la République du Gabon, Bongo le prête dans l’enceinte de l’ambassade du Gabon en France. Preuve, pour ceux qui avaient encore des doutes, que Bongo est un pion de la France au sommet de l’Etat gabonais.

Installé à la tête du Gabon, Bongo continue de servir la France bec et ongles. Les Français sont prioritaires dans tous les domaines. La quasi-totalité des richesses naturelles et minières, et presque tous les marchés juteux venant du gouvernement gabonais sont confiés aux Français. Avec Bongo, les Français passent avant les Gabonais au Gabon ! Plusieurs accords secrets octroyant une bonne partie de la souveraineté du peuple gabonais à la France sont signés entre Bongo et ses mentors français. Ceux-ci le soutiennent mordicus, et sont prêts à tout pour le maintenir au pouvoir à Libreville. Pendant ce temps, c’est le peuple gabonais qui trinque, qui est délaissé et relégué au second plan.

Avec le vent d’Est qui souffle sur le continent africain en 1990, Bongo accepte, la mort dans l’âme, l’instauration du multipartisme. L’issue des premières consultations électorales en 1993, dénoncée par nombre de ses rivaux, est à l’origine des émeutes au Gabon. Une fois de plus, Bongo se réfère à la France et, c’est d’ailleurs en France, qu’il signe un compromis avec ses rivaux, pour aboutir à la fin des émeutes.  

Par Honoré FOIMOUKOM

 

 

 

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