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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 23:41



 

10.06.09 à 15h09 | Mis à jour le 10.06.09 à 15h34 20 MN

INTERVIEW - Antoine Glaser, rédacteur en chef de la «Lettre du continent», revient sur la succession d'Omar Bongo...

Deux jours après la mort du chef d’Etat gabonais, le pays se retrouve sans dirigeant, ni dauphin désigné. Antoine Glaser, rédacteur en chef de la «lettre du continent» et co-auteur, avec Stephen Smith, de «Sarko en Afrique» analyse la situation dans le pays.

 Pourquoi Omar Bongo, se sachant malade, n’a-t-il pas organisé sa succession?
 
Comme tout chef africain, il n’a pas désigné de successeur, car il comptait mourir au pouvoir. En revanche, le fait de placer son fils, Ali Bongo, à la tête du ministère de la Défense, en 1999, était une façon de l’adouber. Ali Bongo est également venu à l’Elysée le 21 octobre dernier, où il a rencontré Claude Guéant et Bruno Joubert. C’était une façon pour son père de le pousser. Sinon, jamais le ministre de la Défense ne serait venu sans la bénédiction de son papa.
 
Pourtant, la fille d’Omar Bongo, Pascaline, est aussi influente, et figure parmi les noms cités?
 
Le fils contrôle l’appareil sécuritaire, mais la fille contrôle les finances. Elle a été présente dans les entretiens les plus secrets du président Bongo, lors de toutes les négociations financières. Elle était donc une sorte de super ministre des Finances, le vrai argentier, qui transmettait les ordres de son père. C’est elle l’héritière des secrets du président Bongo. Mais Pascaline n’était pas impliquée dans la vie politique du parti au pouvoir, contrairement au fils, qui est vice-président du PDG (Parti démocratique gabonais) et qui y a placé ses hommes.
 
Risque-t-il d’y avoir un conflit entre les enfants, ou avec l’opposition?

  Je pense que Pascaline Bongo pourrait favoriser l’accession d’un proche au premier tour (comme Paul Toungui), mais au second, elle défendra son frère, même s’ils ne sont pas proches et pas en osmose. En revanche, je la vois plutôt s’éloigner du pays, car elle est moins intégrée dans la vie politique. Quant à l’opposition, je ne pense pas qu’il y aura de conflit. Déjà, il n’y a pas vraiment d’opposition politique. On rencontrera peut-être un peu de protestations de la part de la société civile. Mais le président a intégré petit à petit ses opposants dans le cercle du pouvoir. Donc je pense qu’il n’y aura pas de tensions, car à mon avis, ils ne voudront pas laisser le pays à la dérive.



Propos recueillis par Oriane Raffin

 

 

Une délicate succession

 

L’Humanité le 11 juin 2009

Libreville s’apprête à accueillir la dépouille du président défunt. L’héritage du « doyen de l’Afrique » attise les rivalités familiales et politiques. Deux de ses enfants figurent parmi les prétendants.

Correspondance particulière.

De son vivant, le président Omar Bongo avait coutume de répéter, évoquant sa succession que le « Gabon n’est pas une monarchie ». Seulement, en Afrique, les cas de fils succédant à leur père sont des scénarios dynastiques en passe d’entrer dans les moeurs. Chose observée au Togo, Congo Kinshasa sans compter la tentation maladroite du président Wade soucieux de mettre Karim, son fils, en orbite présidentiel au Sénégal. Et c’est visiblement ce qui semble se dessiner au Gabon, après la disparition du deuxième président de l’histoire du pays, puisque cette succession va se jouer à l’intérieur même du clan Bongo. Reste seulement à savoir comment le PDG (parti démocratique gabonais), parti majoritaire à l’assemblée, au sénat et au sein de l’administration du pays, va se positionner dans ce bras de fer clanique, pour l’instant feutré, opposant deux des enfants Bongo, Ali Ben, quarante-neuf ans, ministre de la Défense, et Pascaline, cinquante-deux ans, directrice de cabinet du président défunt, avec derrière elle son compagnon, le chef de la diplomatie gabonaise, Paul Toungui. Carte maîtresse pour Pascaline, elle a la clé de l’immense fortune du père.

La logique constitutionnelle sera respectée, a expliqué aux médias locaux Faustin Boukoubi, patron du PDG ; formation à laquelle le père a placé son fils aîné, au rang de numéro deux, après lui avoir confié il y a dix ans le commandement des forces armées. Ainsi, la courte apparition de ce dernier, lundi, pour demander « un appel au calme et à la sérénité des coeurs », assorti d’un communiqué de son ministère annonçant des mesures de fermeture totale des frontières,

a fait craindre un instant un coup - d’État constitutionnel à la togolaise. En simple ministre de la Défense ou membre de la famille, voire en dauphin naturel, avait-il le droit de prendre ces décisions ? Quoi qu’il en soit, c’est seulement mardi que l’article 13 de la Constitution gabonaise a été activé, en faisant de la présidente du Sénat, Rose Francine Rogombé (qui a prêté serment), la chef d’État par intérim. Il lui revient de préparer, sous quarante-cinq jours, des élections anticipées. C’est donc une juriste, membre du parti au pouvoir, qui se trouve investie de presque tous les pouvoirs du président élu, puisqu’elle ne peut ni organiser de référendum et ni dissoudre l’Assemblée.

Toutefois, cette succession est manifestement délicate. Au sein de l’opposition, la mort d’Omar Bongo devrait raviver les ambitions. C’est le cas pour deux des principaux leaders, Pierre Mamboundou (Union du peuple gabonais, UPG) et Zakarie Myboto (Union gabonaise pour la - démocratie et le développement, UGDD), ancien proche de Bongo. Si la règle du jeu du scrutin à venir ne souffre d’aucun tripatouillage, ils espèrent tirer leur épingle du jeu. Du côté de la société civile, l’hypothèse « clan Bongo » laisse perplexe. « Nous sommes contre une transition familiale en forme de succession. Toutefois, si un des membres de la famille Bongo se présente et est élu lors d’une élection libre et démocratique, il n’y a aucun problème », a notamment déclaré Marc Ona Essangui, coordinateur de la coalition Publiez ce que vous payez.

Paris surveille à la loupe l’évolution de la situation de ce pays clé, dont le défunt était un allié. Sur place, il y a 12 000 ressortissants français, une base militaire forte d’un millier d’hommes et des intérêts pétroliers… Si l’hypothèse de la « relève » du fils paraît plausible, un élément n’est pas à négliger pour les Gabonais de la rue : le fils Bongo, né à Brazzaville, parle très mal les langues du pays. Pire, des vieilles rumeurs disent de lui qu’il n’est ni plus ni moins qu’un « Biafrais », adopté par Bongo…

Serge-Henri Malet

 

 

 

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