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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 18:45




LE MONDE | 09.06.09 | 14h54  •  Mis à jour le 09.06.09 | 14h54


Véhicules tout-terrain flambant neufs, hôtels de luxe, casinos, panneaux publicitaires à foison... Le long de la corniche qui longe Libreville, c'est le spectacle d'une ville opulente qui s'offre au visiteur. Mais la vitrine est trompeuse. Elle est le reflet d'une richesse cantonnée aux seuls beaux quartiers de la capitale. Qu'on les quitte et c'est un Gabon misérable qui s'impose.

Deux chiffres donnent la mesure du fossé : avec un revenu par habitant de l'ordre de 12 000 dollars par an (environ 8 500 euros), le pays sur lequel a régné sans partage le président Omar Bongo pendant plus de quarante ans figure parmi les mieux lotis du continent africain. Mais en matière de développement humain, il traîne en queue de peloton. L'espérance de vie n'y dépasse pas 53 ans. Près d'une femme sur deux n'a pas accès à l'éducation. Un adulte sur cinq en âge de travailler est au chômage.


Le pays, de taille moyenne - un peu moins de la moitié de la superficie de la France - a pourtant été bien servi par la nature. Exploitées depuis près d'un demi-siècle, ses ressources pétrolières (avec une production moyenne de 12 millions de tonnes de brut par an) sont faibles, mais plus que suffisantes pour assurer à la population, très clairsemée (1,5 million de personnes), un niveau de vie décent. D'autant que s'y ajoutent des ressources minières (manganèse, fer) et forestières importantes. Mais comme le note avec une grande prudence le dernier rapport d'Economic Intelligence Unit, un consultant britannique, "l'absence de transparence a alimenté des rumeurs selon lesquelles les revenus pétroliers avaient été détournés du gouvernement au profit d'officiels bien placés".


Convenablement gérées, ces richesses auraient dû faire du Gabon "le Koweït de l'Afrique", et permettre la création d'un tissu industriel. On en est loin. En 2004, Libreville, membre de la zone franc, a été contraint de rééchelonner sa dette bilatérale dans le cadre du Club de Paris avant de négocier, trois ans plus tard, avec le Fonds monétaire international (FMI) un plan de réformes structurelles.

Pour quels résultats ? Selon l'étude "Doing business 2008", publiée par la Banque mondiale, ils ne sont guère probants. Le Gabon est placé à la 144e place sur 178 pays étudiés pour leur capacité à favoriser l'initiative privée. Les pesanteurs de la bureaucratie, le peu de valeur des contrats signés, l'absence de protection juridique sont au centre des critiques. Résultat, en dehors du secteur pétrolier, les usines sont rares.

OUVERTURE À LA CHINE


Pour peser sur les Occidentaux (en particulier la France, le premier fournisseur du pays) et diversifier ses partenaires, le Gabon se tourne depuis quelques années vers la Chine. Pékin s'est vu confier, en 2006, l'ouverture et l'exploitation du gisement de fer de Belinga (nord-est), l'un des plus importants au monde. En contrepartie, la Chine s'est engagée à construire une ligne de chemin de fer, un port en eau profonde et une centrale hydraulique pour un coût global d'investissement de 3 milliards de dollars.

La mine de Belinga est devenue une affaire d'Etat. Située au coeur d'un parc national protégé, son ouverture se heurte à l'opposition des protecteurs de l'environnement. Le plus connu d'entre eux, Marc Ona Essangui, célèbre pour son combat en faveur de la transparence des revenus pétroliers, a pris la tête de la contestation. Ce qui lui a valu d'être arrêté fin 2008 et traduit en justice. Le sort de M. Ona sera un premier test pour le successeur d'Omar Bongo.

 

Jean-Pierre Tuquoi

Article paru dans l'édition du 10.06.09

 

 

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