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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 21:41

 

           cathédrale de Bossangoa


La Croix 28/05/2009 21:03
 

Des prêtres diocésains, mis en cause par une récente enquête du Vatican et déstabilisés par deux démissions épiscopales, ont décidé de se mettre en grève, avant d’y renoncer.


Depuis des années, entre les rives de l’Oubangui et du Chari, le feu couvait sous la cendre. Notamment depuis la nomination de deux évêques européens, le spiritain allemand Peter Marzinkowski à Alindao en 2004 et le salésien belge Albert Vanbuel à Kaga-Bandoro en 2005. À chaque fois, le clergé diocésain de la République centrafricaine (RCA), en pleine expansion, avait manifesté un ressentiment certain.


Car cette Église, au rôle essentiel face au délabrement de ce pays d’Afrique centrale, vit un tournant de son histoire : en 1990, elle comptait 175 prêtres européens pour 83 prêtres centrafricains. En 2003, les premiers étaient 139, les seconds 138 et aujourd’hui, le rapport est de deux à trois.


Rome s’était alarmée de rumeurs circulant sur la rectitude de certains membres du clergé local. Une visite apostolique a été effectuée à Bangui en 2008 par Mgr Robert Sarah, secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, ancien archevêque de Conakry. Suite à cette visite, le cardinal Ivan Dias, préfet de la Congrégation, a adressé le 18 mai une lettre aux prêtres, les mettant en cause : « Votre conduite morale n’est pas toujours conforme à vos engagements à la suite du Christ chaste, pauvre et obéissant. (…) On ne peut plus nier ce que tout le monde connaît en profondeur. »


Climat local délétère

 

Et il menace les coupables de sanctions. Peu avant, le 7 mai, la Conférence épiscopale centrafricaine, dans un appel aux prêtres diocésains, s’était fait l’écho du climat local délétère : « Nous sommes tristes, consternés et nous ne savons pas comment retrouver le chemin de vérité, de justice et de pardon. »


Les conditions étaient réunies pour qu’éclate l’orage. Lundi, Benoît XVI a accepté la démission de Mgr Paulin Pomodimo, archevêque de Bangui, âgé de 54 ans. Une démission survenue après celle de Mgr François-Xavier Yombadje, évêque de Bossangoa, âgé de 52 ans, acceptée le 16 mai. La crise est alors à son comble. Dans un « message au peuple chrétien » publié dans la presse locale le 26 mai, un groupe se nommant « les prêtres diocésains » réuni en assemblée extraordinaire, tonne : « Religieux, religieuses, évêques européens se sont lancés dans la médisance, la calomnie et les délations en tous genres contre le clergé autochtone. (…) Nous déplorons la main basse de certains missionnaires pour récupérer toutes les instances de responsabilité. N’est-ce pas du néocolonialisme ecclésiastique ?» Ils concluent :
« Nous ne sommes pas ce qu’on dit de nous. »


Mots d'ordre de grève avec "arrêt des messes"


Finalement, mercredi 27 mai, ces prêtres lancent un mot d’ordre de grève avec « arrêt des messes en public et arrêt des sacrements dans les paroisses ». Une consigne annulée jeudi 28 mai. La pomme de discorde porte sur la nomination d’un administrateur apostolique à Bangui, le P. Dieudonné Nzapalainga, en attendant le remplacement de Mgr Pomodimo. Centrafricain mais religieux spiritain, le P. Nzapalainga, originaire de Kaga-Bandoro et formé chez les jésuites à Paris, a vécu dans les quartiers nord de Marseille. Rentré au pays en 2007, il y préside la Conférence des religieux et religieuses centrafricains.


Plus que sa personne, c’est l’origine romaine de sa nomination, et son appartenance à une congrégation missionnaire, qui semblent contestées. Dans ce contexte tendu, un espoir de sortie de crise pourrait être la nomination d’un médiateur. L’axe de la crise se déplacerait, ne donnant plus prise à l’accusation de « néo-colonialisme », pour rejoindre le terrain, plus adapté, de la palabre.


Frédéric MOUNIER

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