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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 20:12



 

              Jean Claude Esmieu


BANGUI – (AFP) 29 mai 2009 19h44 - Le chef de la délégation de la Commission européenne en Centrafrique, Jean-Claude Esmieu, a été prié par le gouvernement de quitter Bangui pour avoir tenu des propos "peu conformes" à la diplomatie, a appris l'AFP vendredi de sources diplomatiques européennes.


Annoncée par une source au sein de la délégation de l'UE dans la capitale centrafricaine, l'information n'a pas été démentie par M. Esmieu, joint par l'AFP, qui s'est contenté de dire: "pour moi, c'est un non-évènement. J'espère qu'il n'y aura pas de conséquences".


"C'est le ministre centrafricain des Affaires étrangères, le général Antoine Gambi, qui a adressé une correspondance au représentant de l'UE (à Bangui) dans laquelle le gouvernement souhaite qu'il quitte le pays très rapidement",
a expliqué la source à la délégation de l'UE sous couvert d'anonymat, sans préciser de dates.


Le diplomate européen, 62 ans, en poste à Bangui depuis janvier 2005, a été déclaré persona non grata "pour des discours qu'il tient depuis quatre ans et qui sont jugés (par Bangui) peu conformes à la déontologie d'ambassadeur", a-t-elle ajouté.


De même source, le mandat de M. Esmieu devait de toute façon expirer dans quinze jours.

En Centrafrique, Jean-Claude Esmieu est réputé pour son franc-parler et ses discours dans lesquels il n'hésite pas par exemple à dénoncer les problèmes de gouvernance de la Centrafrique.


Le 9 mai, l'allocution de M. Esmieu lors de la célébration de la journée de l'Europe avait été désapprouvée en public par certains officiels qui, courroucés, avaient quitté la cérémonie organisée au siège de l'UE.


Parmi eux figurait le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Cyriaque Gonda.

 

 

Le représentant de la Commission européenne déclaré persona non grata


RFI
29/05/2009 à 21:56 TU


Le représentant de la Commission européenne à Bangui, Jean-Claude Esmieu, qui s'apprêtait à finir son mandat le 18 juin, est prié de quitter la Centrafrique prématurément, avant la fin du mois, c'est-à-dire dimanche prochain. Le gouvernement centrafricain a demandé à Bruxelles son rappel mais, pour le moment, des discussions sont encore en cours entre le gouvernement centrafricain et les autorités politiques de Bruxelles. Bangui lui reproche d'avoir prononcé des discours « peu conformes »à l'exercice de la diplomatie.


A l'origine de ce coup de sang : le dernier discours de l'ambassadeur européen lors de la fête de l'Europe le 9 mai dernier. Jean-Claude Esmieu avait notamment déclaré : « J'ai vu des décisions courageuses mais j'ai aussi vu des positions et actions peu conformes avec la morale internationale ou aux aspirations et principes de l’Union européenne ».
 

Il avait évoqué les tentacules de la corruption, les barrages illégaux sur les routes ou encore le phénomène de la sorcellerie. Dans une lettre adressée à la Commission européenne de Bruxelles, le ministre des Affaires étrangères centrafricain a donc demandé le départ du diplomate. « Il a dérapéil doit partir », affirme un ministre.

Pour Bangui, il s'agit de préserver l'excellence de ses relations avec Bruxelles, mais une source diplomatique occidentale assure que c'est plutôt le meilleur moyen d'ouvrir une crise avec l'Union européenne.


Pourtant, depuis l'arrivée au pouvoir du général Bozizé, l'Europe finance une bonne partie des projets de développement, apporte plus d'un tiers de l'aide des bailleurs de fonds. Et le pays, qui a tant de mal à faire rentrer des recettes dans ses caisses, est sous perfusion internationale, notamment pour payer ses fonctionnaires. 

Bangui a déjà expulsé en décembre dernier le représentant des Nations unies. Ibrahima Djibo, un diplomate burkinabé, avait eu le malheur d'évoquer la rupture entre l'Etat centrafricain et ses populations.




NDLR : Il  n'y a aucun doute que cette maladroite décision dont les autorités de Bangui auraient dû faire l'économie vient directement de Bozizé lui-même et traduit son état d'âme qu'il ne dissimulait même plus ces derniers temps, à l'égard du délégué de l'Union européenne à Bangui. Bozizé avait pris l'habitude de dire à qui voulait l'entendre que M. Esmieu ne "l'aimait pas". Or un diplomate en poste doit juste accomplir la mission pour laquelle il a reçu son accréditation et n'a pas à l'aimer ou pas, fût-il président de la République.

Cette mesure est d'autant plus insensée que l'intéressé était déjà en train de faire ses valises pour quitter le pays après quatre années de mission bien remplie au service de son institution l'Union européenne et la République centrafricaine qu'il a appris à aimer et dont il disait le 8 mai dernier, journée de l'Europe, son émotion de devoir la quitter.

En prenant cette stupide décision, Bozizé donne ainsi la preuve qu'il approuve totalement - on se demande d'ailleurs si ce n'était pas lui-même qui l'avait inspiré -  l'incident diplomatique publiquement déclenché par ses ministres Cyriaque Gonda, Aurélien Simplice Zingas et Gaston Mackouzangba lors des festivités de la journée de l'Europe à la délégation européenne le 8 mai dernier. On se souvient qu'ils avaient bruyamment quitté les lieux pour soi-disant désapprouver les propos de M. Esmieu, abandonnant le premier ministre Touadéra et le président de l'Assemblée nationale venus aussi représenter le président Bozizé qui lui, se trouvait en Afrique du Sud pour l'investiture de Jacob Zuma. 

Il y a lieu de rappeler que, bien que représentant l'Union européenne, M. Esmieu est de nationalité française et le gouvernement français saura apprécier à son juste niveau la décision prise à son encontre par Bozizé et son gouvernement. Par ailleurs, sans présumer du contenu des entretiens qu'il a eus dernièrement à l'aéroport du Bourget à Paris avec deux conseillers de la cellule africaine de l'Elysée en revenant du Viet Nam et  juste avant d'embarquer pour Bangui, on ne peut s'empêcher de faire un lien entre l'état d'esprit et l'humeur de Bozizé après un si long entretien avec les proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy et cette mesure à l'encontre de M. Esmieu.  

Il faut croire que le président centrafricain n'apprécie pas beaucoup qu'on parle, surtout venant d'un diplomate,  de sa calamiteuse gouvernance. En osant dénoncer en des termes à peine voilés, les nombreuses barrières illégales, la prédation et la corruption de certains dignitaires du pouvoir, les rackets,  les exactions et nombreuses violations des droits de l'homme par les éléments de la garde présidentielle, les flics et les gendarmes, sur la population, M. Esmieu ne pouvait que s'attirer les foudres du patron des prétendus "libérateurs" du 15 mars 2003. En se comportant ainsi, on espère que les autorités de Bangui ont bien pesé la portée de leur décision par rapport à Bruxelles et Paris.    

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